Von Ollech, Geschichle des Feldzuges von 1815, lûû
3. Rapport de Zieten, sur la hauteur près de Gilly, lo juin, une heure et demie (cité par von Ollech, 101). Cf. von Ollech, 100 et Hooper (Watei'loo, 68) qui rapporte, au témoignage de sir Francis Head, présent le 15 juin à l'état-major de
LA DÉSERTION DU GÉNÉRAL DE BOURMONT. Hb
rencontra Bliicher près de SombrefFe, il se serait sans doute empressé de répondre à toutes les questions que celui-ci lui eût posées^ Mais le vieux soldat, révolté de voir un homme portant l'uniforme de général de division déserter le matin d'une bataille, daigna à peine lui parler. Un officier de l'état-major prussien ayant fait remarquer au feldmaréchal qu'il devrait se montrer moins brusque envers Bourmont puisque celui-ci avait une cocarde blanche, Bliicher, sans se soucier d'être compris par le transfuge qui pouvait savoir l'allemand, dit tout haut : « — Qu'importe la cocarde ! J. F. sera toujours J. F. ■ ! »
L'ennemi n'avait pas besoin des renseignements du comte de Bourmont, Dès le 9 juin, Zieten et le général Dornberg, qui commandait la brigade de cavalerie légère détachée en avant de Mons, étaient informés de grands mouvements de troupes vers la frontière. Le 42, le général Dornberg avait envoyé
Zieten, que Bourmont livra l'ordre pour le mouvement de la journée en disant qu'il avait exécuté sa chère intention de traliir Napoléon, a cherished intention of betrayiny Napoléon ».
Non content d'avoir parlé, Bourmont écrivait le soir, de Namur, au duc de Feltre, comme s'il voulait laisser une pièce à conviction de sa trahison : « ... Parti ce matin de Florenne, j'ai laissé le 4» corps sous les ordres du général Gérard à Philippeville. Il aura probablement marché aujourd'hui sur Charleroi. Le reste de l'armée, c'est-à-dire trois corps et la garde, était massé vers Beaumont. 11 est vrai' semblable que les Anglais ou les Prussiens seront attaqués demain, » (Catalogue des autographes de Benjamin Fillon, n" 2840.)
1. Les documents et témoignages cités dans la note précédente ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.
2. « Einerlei was das Volk fur ein Zeichen ansteckt .'Hundsfott hleibt Hundsfott ! • Siborne, I, .ï6. Cf. von Ollech, 101, qui dit que Bliicher laissa passer Bourmont sans rien lui demander. — Un critique m'a reproché d'avoir traduit inexactement l'expression /7M?irfs/'o<^ Je le savais bien ! mais elle est si intraduisible eu français que mon savant contradicteur a dû la donner ou grec: -«jnjo; xuvô<.
à Wellington, qui l'avait fait transmettre à Bliicher, l'avis que 100 000 Français se concentraient entre Avesnes et Philippeville. Le 13, le même Dôrnberg, qui avait de nombreux espions sur la frontière, ■ écrivit directement à Bliicher qu'une attaque lui» paraissait imminente. Le 14, Pirch II annonça de Marchienne que les Français attaqueraient le lendemain. Dans la soirée, les avant-postes prussiens se rendaient parfaitement compte de la proximité de l'armée impériale. En vain on avait eu la précaution d'établir les feux de bivouac dans des plis de terrain, la lueur de ces innombrables brasiers réverbérait sur le ciel qui s'illuminait d'une grande clarté blanche*.
Tout en croyant que Napoléon ne prendrait pas l'offensive ", Wellington et Bliicher s'étaient cependant concertés, dès le 3 mai, dans une entrevue à Tirlemont^, en prévision de cette éventualité. Avaient-ils expressément arrêté ce jour-là, comme l'exposent nombre d'historiens, une concentration sur la ligne Sombrëffe-les-Quatre-Bras '? C'est douteux, car ils ignoraient si l'armée française déboucherait par Philippeville, par Maubeuge, par Gondé ou par Lille. Bien plutôt, les deux commandants en chef s'étaient entendus seulement pour une jonction en avant de Bruxelles, sans fixer le point précis ; les circonstances en décideraient ^. Le surlendemain
1. Ordre de Zieten, Charleroi, S juin, et lettres de Dôrnberg, Zielen, Hardinge, Pircii II et Steinmetz. 9, 12, 13 et 14 juin (von OUech, 87-88, elSuppl. Dispatchet of Wellington, X, 436, 437, 454, 455, 476).