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LES . HÉSITATIONS DE WELLINGTON

cis OÙ Napoléon dirigerait sa principale attaque \ En vain, les 12, 13 et 14 juin, de nombreux avis de la concentration de l'armée française sur la frontière étaient arrivés au quartier-général de Bruxelles'; en vain le lo, dès huit heures du matin, Wellington avait appris par une lettre de Zieten que les avantpostes prussiens avaient été attaqués au lever du soleiP. Ce jour-là, à trois heures de l'après-midi, il n'avait encore donné aucun ordre. Mûffling, commissaire prussien près le quartier-général anglais, ayant reçu alors personnellement une lettre de Zieten confirmant les premiers renseignements, s'empressa de la communiquer au duc. « — Si tout est comme le croit Zieten, lui dit Wellington, je me concentrerai sur mon aile gauche de façon à agir de concert avec l'armée prussienne ; mais si une partie des forces ennemies marche sur Mons, je serai obligé de me concentrer sur mon centre. 11 me faut donc attendre, avant de prendre un parti, des nouvelles de mes avant-postes de Mons. Toutefois, comme la destination de mes troupes reste incertaine, et que leur départ est certain, je vais donner des ordres pour qu'elles se tiennent prêtes à marcher^. »

1. Cf. Wellington, Mémorandum. {Suppl. Dispatches, X, 513.) Milffling, 191- 192,198. Cf. Clause-witz, 31. Siborne, I, 71. Kennedy, 171, et la lettre de Paris, reçue le 6 juin par Wellington, où il est dit que Napoléon fera une fausse attaque sur la Sambre. (Citée par von OUech, 73.)

2. Lettres de Dornberg, de Roisin, d'Uxbridge, du prince d'Orange, de Hardinge. (Suppl. Dispatches, X, 451, 465, 471, 476, 478.)

3. Von OUech, 96. — Wellington a prétendu dans son Mémorandum qu'il n'avait reçu qu'à trois heures après midi la lettre de Zieten, lui annonçant l'attaque des Français ; mais cette assertion est démentie par les termes de la lettre de Welling-, ton à Clarke, 15 juin, 8 heures du soir, « ... Je n'ai rien reçu, depuis huit heures du matin, de Cljarleroi. » {Dispatches, XII, 473.)

4. Miiffling. Aus meinem Leben, 198. Cf. Note de Mûffling. [Suppl. Dispatches of Wellington, X, 509) et Wellington au duc de Berry et à Clarke. Bruxelles, 13 juin, 9 heures et demie du soir. (Dispatches, XII, 473.)

D'après ces ordres, expédiés seulement le 15 juin entre six et sept heures du soir^, les troupes devaient simplement se rassembler par division à Ninhove, à Assche, à Grammont, à Bruxelles, à Hall, à Ath, à Braine-le-Comte et à Nivelles, et se tenir prêtes à marcher le lendemain au point du jour^. Ainsi, alors que Faile gauche française avait dépassé Gosselies, et que Taile droite arrivait en vue de Fleurus, Wellington, au lieu de diriger ses troupes sur les points menacés, se contentait de les réunir par divisions isolées dans un parallélogramme de dix lieues sur neuf. 11 fallait, en vérité, qu'il fût halluciné et paralysé par la vision de Napoléon attaquant en personne sur tous les points à la fois.

Dès midi, Gneisenau avait écrit à Miiffling pour lui annoncer que la division Pirch se repliait sur la rive gauche de la Sambre, et qu'on allait concentrer l'armée à Sombreffe oii Blûcher comptait accepter la bataille, « Je désire, ajoutait-il, que vous me fassiez connaître le plus tôt possible l'endroit où le duc de Wellington concentrera ses forces. » Cette lettre, arrivée vers sept heures du soir et mise aussitôt sous les yeux de Wellington, ne le persuada pas plus que ne l'avaient fait les deux dépêches de Zieten. « — Les dispositions du feld-maréchal sont fort bonnes, dit-il, mais je ne puis me résoudre à rien avant de savoir ce qui se passe du côté de Mons ^. » Il allait enfin avoir la certitude que tout y était tranquille. Une lettre du général Dôrnberg,

1. Miiffling, note précitée el Aus meinem Leben, 198. Cf. van Loben Sels, 127.

2. Ordre de mouvement, Bruxelles, 15 juin. (Wellington, Dispatches, Xll, 472.)

3. MQffling. Note précitée [Suppl. Dispatches, X, 590) et Aus meinem Leben, 198. — La lettre de Gneisenau, ou plutôt la lettre de Goleman, signée par Gneisenau, est ciCe par von Ollech, 99-100.

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