‹ 1815Chapitre 81 sur 260 · LES HÉSITATIONS DE WELLINGTON. U · texte numérisé non relu

LES HÉSITATIONS DE WELLINGTON. U

qu'il reçut entre neuf et dix heures du soir, le renseigna à cet égards II se détermina alors, non point, comme le prétendent ses apologistes, à un mouvement de toute l'armée sur les Quatre-Bras, mais à une concentration partielle vers Nivelles'.

Après avoir donné ces ordres qui, en raison de l'heure avancée et de l'étendue des cantonnements, ne pouvaient avoir un commencement d'exécution avant le point du jour ^, Wellington dit à Mûfiling : « — Mes troupes vont se mettre en marche. Mais ici les partisans de Napoléon commencent à lever la tête. Il faut rassurer nos amis. Allons donc nous faire voir au bal de la duchesse de Richmond, et nous monterons à cheval à cinq heures du matin \ »

A Bruxelles où cependant il y avait des fêtes tous les soirs, on parlait de ce bal, annoncé depuis longtemps, presque autant que de la prochaine entrée

1. Miiffling, Aus meinem Lehen, 199. Cf. Pflugk-Harltung, Vorgeschichte der Schlacht bei Belle Alliance, 78-79. Lettres de Dôrnberg, de Berkeley, de Belir, 15 juin. Note de Muffling (Suppl. Dispatches, X, 480-481. 510).

2. D'après cet ordre (Bruxelles, 15 juin, 10 heures du soir, Dispatches, XII, 474), la division Âlten devait se porter à Nivelles, la division Cooke à Braine-le-Comte les divisions Clinton et Colville et la cavalerie d'Uxbridge à Enghien. Il n'était pas question d'une nouvelle destination pour les deux divisions hollando-belges qui, en conséquence de l'ordre précédent, devaient continuer leur mouvement sur Nivelles, ni pour la réserve qui devait rester à Bruxelles et aux environs.

3. Ce fut là le dernier ordre donné dans la nuit du 15 au 16, sauf, vers minuit et demi, l'ordre à la division Picton et au corps de Brunswick de se porter à deux heures du malin à Waterloo, point intermédiaire entre Bruxelles et Nivelles. Au bal de la duchesse de Richmond, où Wellington donna entre minuit et une heure du matin des ordres verbaux aux officiers généraux, il ne parla que d'une conceu- Iration à Nivelles. (Lettre du général Vivian. Waterloo Letters, 151.) Et bien que prévenu, comme on verra plus loin, entre minuit et une heure du matin, que les Français avaient poussé jusqu'aux Quatre-Bras, ce fut seulement en quittant Bruxelles, vers six heures du matin, qu'il donna des ordres pour une marche partielle vers les Quatre-Bras. (Dispositions de l'armée anglaise, 16 juin, 7 heures du matin. {Sxippl. Dispatches, X., 496.) Encore, en passant à Waterloo, vers huit heures du matin, Wellington toujours indécis, prescrivit à la division Picton de s'arrêter jusqu'à nouvel ordre. (Siborne, I, 182.)

4. Miiffling. Note. {Suppl. Dispatches, X, 510) et Aus meinem Leben, 199. Cf. Colonel Frazer, Letters, 535.

en campagne. On savait que la duchesse de Richmond avait fait de grands préparatifs, que l'on danserait au son de la musique militaire, qu'il y aurait l'élite des états-majors anglais et néerlandais et de la société comospolite de Bruxelles, diplomates russes et allemands, pairs d'Angleterre, émigrés français. On avait multiplié démarches, prières, intrigues pour obtenir des invitations. Mais la duchesse de Richmond s'en était tenue à une liste de trois cents invités tout au plus : le prince d'Orange, le prince Frédéric des Pays-Bas, le duc de Brunswick, le prince de Nassau, lord Wellington, le bourgmestre de Bruxelles, les princes Auguste et Pierre d'Arenberg, le duc et la duchesse de Beaufort et leur lille, le duc et la duchesse d'Ursel, le comte et la comtesse de Mercy-Argentau, le comte de La Tour-Dupin, ministre de France à la Haye, et la comtesse de La Tour-Dupin, le marquis et la marquise d'Assche, le comte de La Rochefoucauld, la comtesse douairière d'Oultremont et M"^^ d'Oultremont, lady Fitzroy Somerset, le comte du Cayla (sans sa femme), sir Charles Stuart, lord et lady George Seymour, le comte Pozzo di Borgo et le baron de Vincent, ambassadeurs de Russie et d'Autriche près Sa Majesté le roi de France à Gand, le général Alava, commissaire espagnol attaché à Tétat-major de Wellington, le général von Mûffling, lord Uxbridge, commandant la cavalerie britannique, lord Saltoun, colonel aux gardes à pied, lord Somerset, commandant les gardes à cheval, lord Hill, commandant le 2* corps anglais, les généraux Clinton, Ponsonby, Picton, Vivian, Byng, Pack, Cooke, Kempt, Maitland et un certain nombre de colonels, de majors et de jeunes capitaines, lieute-

Page 1