LE BAL DE LA DUCHESSE DE RÎCHMOND
nants et enseignes ^ Lorsque Wellington entra chez lu ducliesse de Riclimond, un peu avant minuit^, le hai était au moment le plus animé. On ignorait encore le passage de la Sambre par l'armée française. Heureux de vivre, les belles jeunes filles et les beaux officiers s'enivraient de bruit et de mouviinent. Mais, comme dans les danses macabres des vieilles fresques, la Mort menait la ronde.
La duchesse de Richmond prit le bras du prince d'Orange, et l'on passa dans la salle du souper. Peu d'instants après, un valet remit discrètement un pli au prince. C'était une dépèche de Constant Rebecque, chef de l'état-major néerlandais, annonçant que les Français « avaient poussé jusqu'aux Quatre-Bras^ ». Très ému, Orange passa la lettre à Wellington. D'abord celui-ci « n'en voulut rien croire* «ou atTecta 1 incrédulité. Avec un grand calme, il dit au prince d Orange, en élevant à dessein la voix pour tranquilli-îCr les convives qui déjà se troublaient, que « l'on s'en tiendrait aux ordres donnés » . Mais le souper fini, tandis que recommençaient la musique et les danses, il engagea le prince à regagner au plus vite le quartier-général de Braine-le-Comte et l'assura qu'il allait diriger l'armée anglaise vers les Quatre-
1. Lettre de Hervey, aide de camp de Wellington, 3 juillet 1815. (Nineteenth Century, mars 1893.) Cotton, A voice from Waterloo, 14-15. Fraser, Word on Wellington, 283, 285, 301. Lettre du général Vivian. [Waterloo Letters, 151.) Liste des invitations, communiquée par lady de Ros. fille aînée du duc de Richmond, à sir William Fraser et reproduite dans son Word on Wellington. 285-294.
L'hôtel habité par le duc de Richmond était situé rue de la Blanchisserie, près de la porte d'Anvers. Le colonel De Bas on a reproduit le plan (Prins Frederik der Niederlanden, III, appendice, 1174-1175;.