Miiffling, Aus meinem Leben
3. Constant Rebecque au prince d'Orange, Braine-!e-Comte, 15 juin, 10 heures du soir (citée par van Loben, I76|.
4. Mention écrite par le prince d'Orange au revers de la dépèche (De Bas, Prins Frederik der Niederlanden, 111,354).
Bras * . Le prince d'Orange partit si vite qu'il el oublia son épée. Wellington prit ensuite à part les officiers généraux présents au bal, et leur donna verl balement les ordres de marche qui leur avaient étt envoyés par écrit deux heures auparavant. Ils ne tardèrent pas à se retirer. C'est aussi Wellington qui apprit au duc de Brunswick que Bonaparte était entré en Belgique, et qu'il pourrait bien y avoir bataille dans la journée. Brunswick, par une sorte de pressentiment, sentit le frisson de la mort. Il pâlit et se leva d'un bond, laissant dans ce brusque mouvement tomber sur le plancher le petit prince de Ligne qu'il avait sur ses genoux. Cependant le bruit se répandait peu à peu que l'armée allait se mettre en roule. Mais les jeunes officiers ne pouvaient s'arracher à cette nuit de plaisir, « sur laquelle, dit lord Byron, allait se lever une si sanglante aurore ». C'est seulement quand ils entendirent les trompettes et les bugles sonner l'assemblée, qu'ils allèrent, tout courant, en bas de soie et en souliers à boucle, rejoindre leurs compagnies. La duchesse de Richmond, profondément émue, aurait voulu arrêter le bal, mais les jeunes filles et les quelques jeunes gens qui n'appartenaient pas à l'armée continuèrent de danser jusqu'au grand jour -.
1. Cependant, comme on l'a vu (1815, II, 149, note 3), Wellington ne se pressa pas de donner cet ordre. C'est seulement en quittant Bruxelles, \evs six heures du matin, qu'il prescrivit une marche partielle vers les Quatre-Bras. — Pendant toute cette journée du 13 juin et toute cette nuit du 16, Wellington se montra aussi indécis que calme.
2. Lettre de Hervey, aide de camp de Wellington, 3 juillet 1815. {Nineteenth Century, mars 1893.) Lettres de lady de Ros, citées par Fraser [Word on Wellington 283, 300, 301, 305). Muffling, Ans meneim Leben, 199. Lettre du général Vivian [Waterloo Leflers, 151.) Cotton, Avoiee from Waterloo, 14-15. Lettre du capitaine Bowles (citée par Malmesbury, Letters, II, 445i.De Bas, Prins FredsriJc der Niederlauden, III, 553, 553. Pflugk-Harttung, Vorgeschichte der Schlacht bei Belle-Alliance, 78, 84. — Voir aussi sur le bal de la duchesse de Richeraond : lors
WELLINGTON AUX QUATRE-BRAS. iS3
Au bal, remarque Mûffling, Wellington était très ;ai. Il n'y avait pas de quoi! Tout le jour, il s'était (bstiné à laisser ses troupes dispersées dans leurs antonnements à quatre, huit, dix, quinze lieues es unes des autres ; et les ordres de la soirée, par esquels il se tlattait de réparer triomphalement sa ourde faute, étaient pitoyables. Son dernier dispositif ne tendait à rien moins qu'à découvrir la loute de Charleroi à Bruxelles pour proléger celle le Mous, qui n'était pas menacée. Si les ordres de Wellington avaient été exécutés S une trouée large de quatre lieues eût été ouverte entre Nivelles et la haute Dyle, trouée par laquelle Ney aurait pu s avancer jusqu'à mi-chemin de Bruxelles sans tirer un coup de fusil, ou encore, comme l'a dit Gneisenau, « se rabattre sur les derrières de l'armée prussienne et causer sa destruction complète^ ».
Heureusement pour les Alliés, plusieurs des subordonnés de Wellington avaient pris sur eux d'agir sans attendre ses ordres, et d'autres avaient intelligemment désobéi à ceux qu'après tant de temps
Byron, Childe Earold; Thackeray, Vanity Fair ; William Pitt Lennox, Percy Hamilton.
Note de la 51 = édition : La prétendue conversation du duc de Richmond et de Wellington, au moment où ce dernier quitta le bal, à trois heures du matin, rapportée dans la lettre du capitaine Bowles, est tenue pour véridiquc par le colonel De Bas (111,335). J'avais déjà dit qu'elle est de pure invention, et, depuis, M. Pflugk-Harltung (83) a donné des prouves décisives qu'elle a été imaginée après les événements.
1. J'entends les ordres de dix heures du soir et l'ordre de minuit et demi à la division Picton et au corps de Brunswick, ordres qui ne furent modifiés que le 16 juin vers six heures du matin. Voir 1815, II, 149 et les notes.
2. Gneisenau au roi de Prusse, 12 juin 1817. (Cité par van Lôben, 22^.) Cf. van LiJben, 177, note t. Cliesney, 100.
perdu il s'était décidé à donner. Dans la journée de la veille, le major Normann avait défendu Frasnes, le prince de Saxe-Weimar s'était porté de Genappe aux Quatre-Bras', le général Chassé avait concentré sa division à Fay ^ Un peu plus tard, Constant Rebecque, chef d'état-major du prince d'Orange, prescrivit, en l'absence de celui-ci, au général Gollaert de rassembler la cavalerie derrière la Haine, et au général Perponcher de se préparer à marcher sur les Quatre-Bras. A onze heures du soir, enfin, le même Rebecque ne pouvant éviter de transmettre aux divisionnaires l'ordre de Wellington de concentrer tout le corps néerlandais à Nivelles, c'est-à-dire de découvrir la route de Bruxelles, leur fit tenir en même temps des instructions verbales qui les laissaient libres de ne se point conformer à cet ordre. « On ne peut connaître à Bruxelles, disait-il, l'exacte situation des choses. » Le général Perponcher n'hésita pas. Au lieu de maintenir à Nivelles la brigade Bylandt et d'y rappeler la brigade Saxe- Weimar, ainsi que le prescrivait Wellington, il marcha avec Bylandt sur les Quatre-Bras au secours du prince Bernard ^
Ah ! si Napoléon avait eu comme chef d'état-major un simple Constant Bebecque, et comme lieutenants seulement des Perponcher et des Bernard de Saxe- Weimar! Et quelle belle occasion, d'autre part, pour les professeurs de stratégie comme Gharras, de dénoncer la funeste indécision, la torpeur d'esprit,