Damitz, I, 106-107. Wagner, IV
était chassée par l'effort mortel de l'intrépide Girard. Sans même laisser aux hommes le temps de reprendre haleine, Blûcher ordonne à Pirch II de les ramener au feu et de réoccuper La Haye coûte que coûte. Ranimés par la présence du vieux Vonvàrtz, les soldats poussent des hourrahs ! franchissent le ruisseau, pénètrent dans La Haye, baïonnettes croisées ^ La division Girard, réduite de 5 000 à 2 500 hommes^ son chef blessé à mort, ses deux brigadiers hors de combat (c'est le colonel Matis, du 82^ de ligne, qui a pris le commandement), résiste désespérément. Forcée de céder au nombre, elle se retire de maison en maison, de verger en verger, de haie en haie jusqu'au Hameau où elle se masse et attend l'assaut. L'ennemi va lui laisser quelque répit, car les Français ont rejeté Tippelskirch dans Wagnelée, ils tiennent ferme à Saint- Amand, et ils occupent la moitié de Ligny. Blûcher doit relever devant Saint-Amand la division Steinmetz qui a perdu la moitié de son effectif, envoyer des renforts à Henckel dans Ligny, donner le temps à Tippelskirch de se rallier à Wagnelée, et, en vue de la nouvelle manœuvre qu'il médite, porter au sud de Bryele corps de Pirch P""".
L'empereur lui aussi prend ses dispositions pour le grand mouvement qui est son objectif depuis le début de la bataille. Il est cinq heures et demie ; il a fait écrire à Ney à deux heures^ : à six, il entendra le canon du maréchal tonner sur les derrières de
1. Rapport de Gneisenau, précité. Damitz, I, 106-107. Wagner, IV, 31, 33.