Napoléon, Mém
ses forces, selon les nouvelles instructions envoyées à deux heures et renouvelées à trois? ou est-ce d'Erlon qui arrive avec le 1®"" corps, conformément à la dépêche expédiée à trois heures et demie ? Mais, comme Ney, d'Erlon a l'ordre de se rabattre en arrière de la droite ennemie et non de venir à Fleurus. Marcher sur Fleurus, c'est faire échouer le plan de l'empereur. Ni le maréchal Ney ni le comte d'Erlon n'ont pu tomber dans une pareille méprise ! D'ailleurs, Vandamme dit positivement que la colonne a été reconnue comme ennemie \ On est donc en présence d'un corps anglais qui aura passé à la droite de Ney, ou d'an nouveau corps prussien qui vient d'opérer par la Voie romaine et Yillers-Perwin un vaste mouvement tournant^. L'empereur s'empresse d'envoyer un de ses aides de camp pour reconnaître la force et les intentions de la colonne ennemie. En attendant, il suspend le mouvement de la garde contre Ligny et lui fait reprendre sa première position devant le moulin de Fleurus, par régiments déployés. La division de jeune garde, de Duhesme, et les 2% 3" et 4" chasseurs à pied de la garde, détachés de cette réserve, se portent au pas accéléré au soutien de Vandamme®.
11 est grand temps qu'arrivent ces renforts. A peine remis d'une panique causée par l'approche de la colonne reconnue ennemie, sauve-qui-peut que
1. Napoléon, Mém.., 96. — D'après une tradition rapportée par Piérart (^e Drame de Waterloo, 134), l'alerte de Vandamme est imputable à la pusillanimité de l'aide de camp envoyé par celui-ci pour reconnaître la colonne. Cet officier craignit de s'en approcher à portée des balles et, sans remplir sa mission, revint dire que c'était l'ennemi.