‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 123 sur 272 · Analyse des rapports, 26 fév. (Arch. F · texte numérisé non relu

Analyse des rapports, 26 fév. (Arch. F

4. A. de Maupeou au Préfet de la Seine-Inférieure, Paris, it mars. Rougemont à Watteville, Paris, 10 mars. Ministre des Provinces-Unies à son gouvernement, Paris, 13 mars. (Arch. Aff. étr., 675.) Rapport de Maison à Clarke, 13 mars (Arch. Guerre). Rapports et notes de police, 7, 8, 9, 10, 13 mars. (Arch. nat. F. 7, 3168, F. 7, 3200 *.) Benoist à Barante, 12 mars. (Barante, Souv., 103.)

5. Rapports de police, 9 mars. (Arch. nat. F. 7, 3168, F. 7, 3200 *.) Rouge mont à Watteville, Paris, 10 mars. (Arch. Aff. étr., 675.)

reur ! dans le jardin des Tuileries fut assommé à coups de parapluies et laissé mort sur la place1. De bons bourgeois, comparant, en des heures de colère patriotique, l'humiliation de la France à sa gloire passée, avaient été jusqu'à souhaiter le retour de l'empereur. Maintenant ils voyaient avec effroi se réaliser pour eux la fable de la Mort et du Bûcheron. Ils regrettaient leurs vœux imprudents , maudissaient leur idole et étaient les premiers à approuver ces catilinaires des journaux 2 : « L'homme dont le nom rappelle aux Français douze années de la tyrannie la plus dure et la plus humiliante a osé rompre son ban et remettre le pied sur le sol de notre patrie dans une entreprise de flibustier. Il ne peut manquer d'y trouver bientôt le supplice des traîtres et des rebelles. » « Ce Teutatès peut-il donc espérer en cette armée dont il se disait le père et qui le nommait son bourreau, et qu'il laissait périr pour se débarrasser de ses murmures ! » «... S'il a préféré, il y a un an, aux dangers d'une mort glorieuse l'ignominie de l'exil, c'était pour revenir rallumer le flambeau de la guerre civile avec mille bandits... Mais les paysans assomment de toute part les brigands qui l'accompagnent. Il ne lui reste d'autre ressource que la fuite. Puisse la Providence, lassée de ses crimes, tromper les vils calculs de sa lâcheté et l'abandonner à la vengeance des lois 3 ! »

Elus au suffrage à deux degrés, les députés représentaient l'opinion de la bourgeoisie. Gomme elles, ils s'étaient montrés hostiles pendant la précédente session aux tendances réactionnaires du ca-

t. Maison à Clarke, 13 mars (Arch. Guerre). Duc d'Orléans, Mon Journal, 34.

i. Benjamin Constant, Lettres sur les Cent Jours, 86. Bapports de police, 9 mars (Arch. nat. F. 7, 3168 ; F. 7, 3200*).

3. Journal des Débats, Journal général, 8 et 9 mars. — La Quotidienne et le Journal royal parlent sur le même ton.

binet; comme elle, ils épousèrent la cause des Bourbons à la nouvelle du débarquement de Napoléon. Les libéraux des deux Chambres, des journaux, des salons politiques de Mme de Staël et de Mme de Rumford oubliaient les fautes du passé et les craintes de l'avenir pour ne voir que le danger présent \ D'ailleurs, la convocation anticipée du parlement leur semblait le gage d'une nouvelle politique. Par cette mesure habile, que Jaucourt, Louis, Vitrolles, Montesquiou n'avaient pas sans peine obtenue du roi, le gouvernement se rallia les plus défiants2. Pendant la courte session de mars, ni Dumolard, ni Durbach, ni Bédoch ne prononcèrent une parole propre à amener la désunion. La Fayette vint de La Grange pour défendre la charte et le roi, parut aux Tuileries avec la cocarde blanche au chapeau, et se tint prêt à accepter le commandement de la garde nationale ; du reste on ne le lui offrit point, Louis XVIII y avait trop de répugnance 3. Benjamin Constant publia dans le Journal de Paris un appel à tous les Français, « prêts à courir aux armes pour défendre leur roi, leur constitution et leur patrie * ». Saint-Simon, qui s'occupait de former une ligue pour la défense des propriétaires de domaines nationaux, brocha une Profession de foi au sujet de l'invasion de Napoléon Bonaparte dont la conclusion était : « Napoléon ne sera jamais qu^un tyran, et l'on veut nous ravir un roi avec lequel notre liberté est venue et dont notre liberté a besoin. » Comte, l'adversaire dé-

1. Ministre des Provinces-Unies à son gouvernement, Paris, ISmars (Arch. Aff. étr..675).Benoistà Barante, i2 mars (Barante, Souv., II, 103). Benjamin Constant, Lettres,\, 68-72. La Fayette,. Mém., V, 356,365. Villemain, Souvenirs, II, 5-6, 10, 16. Vitrolles, Mém., II, 293, 303.

2. Jaucourt à Talleyrand, 8 mars. (Arch. Aff. étr., 680.) Vitrolles, II, 294. Villemain, II, 6.

3. La Fayette, Mém., y. 372-373. Villemain, Souv., II, 8. Benjamin Constant, Lettres, I, 70.

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