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Dupuy, Souvenirs militaires

3. Rapport précité du général Lion. — Pour un fidèle soldat du roi, le général Lion avait singulièrement tardé à s'enquérir auprès de Lefebvre- Desnoëttes du but de ce mouvement et il a\ait toléré chez les chasseurs des cris, des violences et autres manifestations qui cadraient peu avec ses prétendus sentiments royalistes.

ment de Lefebvre-Desnoëttes, et sur la proposition du ministre de l'intérieur, la Chambre vota que les garnisons de Lille, de La Fère et de Cambrai avaient bien mérité du roi et de la patrie, et qu'il leur serait décerné une récompense nationale *.

Les frères Lallemand, arrêtés dans leur fuite par la gendarmerie, furent conduits à la citadelle de Laon*. Le comte d'Erlon avait déjà été écroué à Lille en attendant l'instruction de son procès3. Lefebvre-Desnoëttes trouva asile chez le général Rigau, commandant la subdivision de Châlons *. Pour Fouché, qui avait prudemment attendu des nouvelles du mouvement avant de le seconder à Paris, il apprit dès le 10 mars qu'une seule fraction des garnisons du Nord s'était mise en marche. Il se désintéressa d'une tentative désormais condamnée, et afin de détourner les soupçons, il afficha un royalisme ardent qui lui valut bientôt d'être reçu par le comte d'Artois5.

1. Séance du 14 mars. — Le gouvernement n'ignorait pas que la garnison de Cambrai, ces chasseurs qui avaient crié : Vive l'empereur ! arraché les fleurs de lys de leurs sabretaches et brisé les écussons royaux aux devantures des boutiques étaient loin « d'avoir bien mérité du roi », mais iF tenait à le faire croire.

2. Procès-verbal d'arrestation, Marolle 12 mars (Arch. Guerre). Ordre de Davout au préfet de Laon de mettre en liberté les généraux Lallemand, Paris, 21 mars (Dossiers des généraux Lallemand).

3. Clarke à Louis XVIII, Paris, 13 mars. Ordre de Davout d'élargir Drouet et de lui rendre son commandement. Paris, 20 mars (Arch. Guerre).

4. Rapport du commandant Viotti au Conseil de guerre (Procès de Lefebvre-Desnoëtles, 15). Dépositions diverses (Procès de Rigau, 6).

5. Rovigo, Mém., VII, 373. — Comme on verra plus loin, Fouché eut cette audience le 15 mars, mais de graves soupçons pesaient sur lui ; un mandat d'arrêt fut lancé ce même jour et il n'y échappa qu'en se cachant.

De deux lettres adressées le 9 et le 10 mars à Mme de Custine, où Fouché manifeste des sentiments royalistes et exprime des doutes sur la réalité du débarquement, M. Bardoux (MmB de Custine, 215-217) croit pouvoir inférer que le duc d'Olrante n'était pour rien dans le mouvement militaire, t Fouché, dit-il, ne ment pas à Mme de Custino. »

Or, i* Fouché n'était pas assez imprudent pour confier par écrit, même à Mme «le Custine, le secret d'une conspiration où il risquait sa tête ; 2° il est certain qu'en écrivant le 10 mars — le 10 mars, trois jours après la publication de l'ordonnance du roi convoquant les Chambres, trois jours après la prise de Grenoble, et quand tous les journaux étaient pleins de

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