Davout, Corresp
5. A Aubenas une troupe de royalistes .oaimit tous les excès ; ils blessèrent ou tuèrent plusieurs personnes, assommèrent Mounier et Filiot aine. (Lettre de Tournon, 31 mars. Arch. nat. F. 7, 3147.) — A Montelimar, on croyait que les volontaires allaie it piller la ville et massacrer tous les républicains et bonapartistes. (Lettre interceptée du duc à la duchesse
de.c royaux pour les attaquer. À Nîmes, le 24 mars, un fanatique poignarda en plein jour, place de ta Comédie, un volontaire du bataillon de Montpellier. Dans plusieurs villages des Gévennes et des Alpes, les habitants arrêtèrent et désarmèrent des détachements de miquelets ou fusillèrent avec eux1. Après la capitulation de La Pallud, quand on vit revenir les volontaires, sans armes, marchant isolément ou par petits groupes, les rancunes et les haines se réveillèrent. Avec leur mine patibulaire et leurs propos menaçants, ils avaient sans doute causé plus de peur qu'ils n'avaient fait de mal, mais les lâches sont accoutumés à se venger de leur peur. Un grand nombre de ces malheureux furent insultés, battus, repoussés des villages comme des chiens enragés, pourchassés dans les champs comme des bêtes fauves. Dans la Lozère, des montagnards cévenols se postèrent sur une hauteur, à l'entrée du défilé de Pompidou, pour faire rouler des rochers sur les volontaires à cheval
d'Angoulême, Pont-Saint-Esprit, 30 mars. Journal de l'Empire, 9 avril. Déposition de Kresly, Procès de Debelle, 18-19.) — Sur la rive droite du Rhône, le'détachement du colonel Magnier « s'attacha particulièrement à enlever les caisses publiques et a piller les particuliers » (Mémoire manuscrit Ad Merle cité par Braquehay, Le général Merle, 205-?06) — Après le combat de Loriol les volontaires massacrèrent des prisonniers bonapartistes, maigre les e (Torts des soldats du 10e et du duc d'Angoulême lui-même. (Journal du colonel Noël. Rapport du colonel d'Ambrugeac, 4 avril, Arch. Guerre.) — A Nîmes, les catholiques chantaient dans les rues :
Lavaren nostri mans
Din lou sang di proutestans !
Si l'on remarque aussi que la commune d'Arpaillargues, où les miquelets furent lâchement attaqués, à leur retour, par la population, se trouve précisément sur le chemin qu'ils avaient suivi quinze jours auparavant pour se rendre de Nîmes à Pont-Saint-Esprit, on est porté à croire que ces hommes y avaient laissé de douloureux souvenirs.
i. Lettres interceptées du comte de Saint-Priest et du préfet Harmand, Sisteron, 4 avril (Journal de l'Empire, 14 avril.) Mémoire concernant les troubles du Midi, 8, 20. Marseille et Nîmes justifiées, 65. Préfet de Mende. Carnot, 4 avril. (Arch. nat. AF. IV, 1935.) Sous-Préfet d'Issoire à Davout, ê avril. (Arch. Guerre.)
de Toulouse ; par bonheur, ces jeunes gens prirent un autre chemin. A Yeuset, à Saint-Chaptes, on tua des royalistes. A Arpaillargues, quatre volontaires nîmois furent abattus à coups de fusil, puis achevés par des femmes ; elles s'amusèrent, après les avoir mis nus, à les retourner avec leurs fourches, à les mutiler, à leur enfoncer des ciseaux et des broches dans les yeux ' . Ces abominations allaient amener trois mois plus tard d'épouvantables représailles.
i. Rapport du Général Berton à Davout, Nîmes, 16 avril. (Dossier de Berton,Arch. Guerre.) Réquisitoire du procureur du roi dans le procès des assassins d'Arpaillargues, {Exposé des crimes et attentats commis dans la commune d' Arpaillargues le, 11 avril i8lo, a ec l'arrêt rendu contre eux par la Cour d'assises du Gard, Avignon, 1810, in-8.) Précis de ce qui s'est passé dans le département du Gard, 21. Les Gémissements du Midi, 37-38. Marseille et Nimes justifiées 7?<~7Ï.
i. Le traité du 25 mars.
II. La France en interdit. — Marie-Louise et le cabinet de Vienne,