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III. L'opinion en Europe. — Les débats du Parlement anglais

La guerre civile, si fort qu'il la détestât, n'inquiétait pas Napoléon, car il était certain de maîtriser rapidement les insurrections. Mais en 1815, il redoutait la guerre étrangère. C'était vers les frontières menacées par une septième coalition qu'il portait des regards anxieux1. Dès sa rentrée à Paris, il ordonna de fabriquer 300,000 fusils, étudia les moyens de tripler son armée, pourvut à l'approvisionnement et à l'armement des places, donna des instructions pour élever des redoutes sur le Rhin et à Lyon, pour fortifier Château-Thierry, pour augmenter les ouvrages de Soissons, de LaFère, de Grenoble, et prescrivit la formation de cinq corps d'observa-

1. Napoléon aclmoltail la possibilité d'une attaque immédiate : « Je suppose, écrivait-il à Davout. le 27 mars, que vous avez donné des ordres pour que, en cas d'événements imprévus, les généraux Reille et d'Erlon se retirent derrière la Sambre... Comme il serait possible que nos communications avec Strasbourg fussent interceptées, il ne faut laisser dans celte ville que le nécessaire. » {Corresp., 21733.)

tion sur les frontières du Nord-Est, d'un sur celle des Alpes, d'un sur celle des Pyrénées et d'un corps de réserve ' .

En même temps qu'il se préparait à la guerre, qui lui paraissait imminente mais non point inévitable2, l'empereur mettait tout en œuvre pour l'empêcher. Avant de quitter l'île d'Elbe, il avait chargé Murât de faire connaître à Vienne ses dispositions pacifiques. Dès son entrée à Lyon, il avait mandé à Joseph de déclarer aux ministres d'Autriche et de Russie près la Diète helvétique que le traité de Paris serait respecté 3. Le 21 mars, Fouché, d'après ses ordres, écrivit à Marschall « que le cabinet des Tuileries était disposé à recevoir du gouvernement anglais toute proposition qui assurerait une paix solide et durable *. » Le 29 mars, Napoléon fit des avances plus sérieuses à l'Angleterre en décrétant l'abolition de la traite des noirs. Cette mesure que Louis XVII l avait admise en principe, mais dont il s'était obstiné à ajourner l'exécution à cinq années malgré les sollicitations du gouvernement britannique, auquel il devait tant 5, Napoléon la prit sponta-

1. Napol,, Corresp,, 21692, 21702, 21707, 21723, 21791, 21733, 21.737, etc. Davout, Corresp., 1481, 1484. Napoléon à Davout, 26 mars. (Arch. Guerre, carton de la Corresp. de Napoléon.)

2. F. de Chaboulon, Mém., I, 330. — Napoléon, Corr. 21736, 21856, 21862. Caulaincourt lui-même, sipessimiste qu'il fût d'ordinaire, gardait quelque

espoir de conserver la paix. Il montre bien ses illusions dans sa lettre à l'empereur, du 25 mars : « Beaucoup d'éléments s'opposent aujourd'hui à la reconstitution de l'ancienne croisade de Vienne... Il y a des dissensions intestines entre tous les membres de l'ancienne coalition. . L'Autrioho hésitera à s'engager dans une guerre qui, si elle était heureuse, affermirait la Ru-sie et la Prusse dans leurs usurpations; »et dans sa lettre au cardinal Fesch, du 8 avril : « Jusqu'à présent la question de la guerre est encore indécise. » (Arch. Aff. étr., 672 et 1801.)

3. Napoléon, Vile d'Elbe et les Cent Jours (Corresp., XXXI, 24). Montholon Récits, II, 37. F. de Chaboulon, Mém., I, 2:0. Cf. Jo eph à Murât, Pran»ins 16 mars. (Arch. Ah*, étr., 1801.) — A Lyon, Napoléon avait aussi écrit à Marie-Louise une lettre dans le même sens. (Rappor: de Méneval, 18 n<ai> Arch. Aff. étr., 1802.)

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