Décret impérial, Moniteur, 20 mars
2. Circulaire de Jaucourt aux ministres accrédités. Paris, 19 mars. (Arch. des Aff. étr., 646.)
3 . Lettres de s ambassadeurs et ministres à Rovigo. à Fouché et à Caulaincourt, Paris, 22 et 23 mars. Cf. Lettres des ministres à Jaucourt, Paris, 21 mars. (Arch. des Aff. ctr., 1801 et 64G.)
Le ministre de Danemarck ne réclama ses passeports que le 4 avril. Les ministres de Bade et de Nassau demeurèrent assez longtemps en France, sur leur demande, « sous la protection du droit des gens ». Les ministres des Etats-Unis et de Turquie crurent devoir rester à leur poste. Le personnel des autres légations quitta Paris, du 23 au 28 mars. Caulaincourt à Napoléon, et ministre de Danemarck à Caulaincourt, 1er et 4 avril. (Arch. des Aff. étr , 1801.) D'Erlon à Davout, Lille, 29 mars (Arch. Guerre).
4. Reinhart à Talleyrand, Bruxelles, 28 mars (Corretp. de Talleyrand et de Louis XV III, 370). — C'était le traite d'alliance secrète conclu contre la
De tous les diplomates présents à Paris, Vincent était le plus engagé avec les Bourbons1. IJ déclina d'abord toute entrevue, puis cédant à de nouvelles sollicitations, il consentit à voir le duc de Viçence non point à l'ambassade ou au ministère, ce qui eût donné à la conférence un caractère officiel, mais chez une personne tierce, madame de Souza, veuve en premières noces du comte de Flahaut. Tout en ne dissimulant pas la ferme résolution des Alliés de détrôner Napoléon, il s'engagea à faire connaître à l'empereur d'Autriche les sentiments exprimés par Caulaincourt au nom de son souverain et accepta de prendre une lettre pour l'archiduchesse Marie- Louise. L'entrevue avec Boudiakine, auquel celui-ci avait commencé par se refuser, eut lieu chez une dame du palais de la reine Hortense, M110 Cauchelet. Le ministre russe se montra fort surpris et très irrité de la pièce que Gaulaincourt mit sous ses yeux, mais son langage n'en fut pas plus rassurant. « — Si grand que puisse être, dit-il, le juste mécontentement de mon maître contre le roi de France, en apprenant l'existence de ce traité secret, je n'ose me flatter qu'il en résulte le moindre changement dans ses dispositions2. »
Napoléon connaissait l'affection du czar pour les deux enfants de Joséphine et pour la princesse Sté-
Russie et la Prusse par l'Angleterre, l'Autriche et la France. Voir 1815, 1, 134-137. A vrai dire, c'est Reinhart, directeur des chancelleries qui avait oublié d'emporter cette pièce, mais Jaucourt n'était pas moins coupable puisqu'il avait omis de donner des ordres à cet égard.
1. Tandis qu'à la lettre circulaire de Jaucourt les invitant à rejoindre le roi à Lille, les ministres avaient répondu en ces termes : « J'irai demander à ma cour de nouveaux ordres relatifs au poste honorable que j'occupe auprès de S. M. T. G.». Vincent avait écrit, lui : « Je me rends directement à Vienne sans cesser pour cela de me considérer comme accrédité en ma qualité auprès de la personne du roi. » Lettre des ministres à Jaucourt, Paris, 21 mars. (Arch. Aff. étr., 646.)
2. F. de Chaboulon, Mém., I, 991-333. Meneval à Caulaincovt, Vienne, » avril. (Arch. Aff. étr., 1801.)
plianie de Bade, née Tascher de la Pagerie. Il invita Hortense à confirmer personnellement dans une lettre au czar son désir de redevenir l'allié et l'ami de la Russie et il fit écrire au prince Eugène et à la princesse de Bade de donner ou de transmettre à ce souverain les mêmes assurances d'amitié !,
En dehors de cette diplomatie occulte, Napoléon écrivit officiellement aux souverains pour leur notifier son retour en France, leur en expliquer les causes et leur faire part de ses intentions pacifiques. «... La dynastie que la force avait rendue au peuple français n'était plus faite pour lui. Les Bourbons n'ont voulu s'associer ni à ses sentiments ni à ses mœurs. La France à dû se séparer d'eux.... Il me sera doux de ne connaître désormais d'autre rivalité que celle des avantages de la paix... La France se plaît à proclamer ce noble but de tous ses vœux. Jalouse de son indépendance, le principe invariable de sa politique sera le respect le plus absolu de l'indépendance des autres nations2. » — C'est le loup devenu berger,
l.»F. de Chaboulon, Mém., I, 333. Dans une lettre de Caulainsourt à Eugène, du 26 mars (Arch. des Aff. étr., 1801) il n'est pas question d'une démarche à faire par le prince auprès du czar. Caulaincourt lui parle seulement du désir de l'empereur de maintenir la paix et l'invite à rentrer vite en France. Mais d'après une lettre de Meneval à Caulaincourt, Vienne, 8 avril (Arch. Aff. étr., 1801), une autre lettre avait été expédiée de Paris à Eugène le 22 mars. C'est de celle-ci que parle vraisemblablement Fleury de Chaboulon.
2. Lettre circulaire de Napoléon aux souverains, 4 avril {Corresp., 21769). — Le môme jour, Caulaincourt adressa aux ministres des Affaires étrangères des puissances de l'Europe une circulaire conçue dans le même sens. Le 30 mars, il avait envoyé aux représentants de la France à l'étranger une autre circulaire leur annonçant que les fonctions dont les avait chargé le gouvernement royal étaient expirées, et se terminant en ces termes : t Si au moment de quitter la cour auprès de laquelle vous résidez, vous êtes dans le cas de voir le ministre des Affaires étrangères, vous lu' ferez connaître que S. M. a renoncé aux idées de grandeur qu'elle pouvait avoir antérieurement conçues. • Le 27 mars, iJ avait écrit personnellement à Metternich*. « Nous voulons la paix. S. M. me charge d'en donner à votre cour l'assurance formelle. » (Arch. des Aff. étr., 1801.) — Il existe aussi, dans le même volume, un projet de lettre de Caulaincourt à Nesselrode « L'empereur Alexandre ne devrait-il pas dire : J'étais l'ennemi de Napo-
allait dire Talleyrand avec un cruel à-propos *.
Avant d'adresser à tous les souverains cette lettre circulaire, Napoléon avait écrit à l'empereur d'Autriche personnellement : «... Mes efforts tendent uniquement à consolider ce trône et à le léguer un jour, affermi sur d'inébranlables fondements, à l'enfant que Votre Majesté a entouré de ses bontés paternelles. La durée de la paix étant essentiellement nécessaire pour atteindre ce but sacré, je n'ai rien de plus à cœur que de la maintenir avec toutes les puissances, mais je mets un prix particulier à la conserver avec Votre Majesté... Je désire que l'impératrice vienne par Strasbourg... Je connais trop bien les principes de Votre Majesté pour n'avoir pas l'heureuse confiance qu'elle sera empressée, quelles que puissent être d'ailleurs les dispositions de sa politique, de concourir à accélérer l'instant de la réunion d'une femme avec son mari et d'un fils avec son père2, n
Paroles de paix, appels au droit de la France, serments du souverain, cri de cœur du père, les monarchies de droit divin étaient déterminées à ne rien entendre. Les cours et les cabinets avaient pris pour mot d'ordre la furieuse Déclaration du 13 mars qui mettait l'aventurier corse au ban de l'Europe, comme ennemi public et perturbateur du monde. Ce manifeste avait été lancé pour intimider les partisans que Napoléon pourrait trouver en France et pour donner ainsi un appui moral aux Bourbons. Mais quand on apprit l'entrée à Grenoble de l'homme de l'île d'Elbe, on commença à craindre que cet épouvantail ne suffit pas à arrêter sa marche. Trop vraisemblablement il faudrait passer des menaces aux
léon, je n'étais pas l'ennemi des Français. Quel exemple, quelle pacification générale !... »