LES DÉBATS DU PARLEMENT ANGLAIS
poser un souverain dont elle ne veut pas. Laissons les Français arranger leurs affaires eux-mêmes. » Derechef, Whit'bread s'éleva avec véhémence contre la Déclaration du 43 mars, « provocation à l'assassinat qui déshonorait le caractère anglais », et proposa d'ajouter à l'Adresse de confiance, que la Chambre allait voter en réponse au Message, un amendement engageant le prince régent à faire tous ses efforts pour conserver la paix. L'amendement fut repoussé par deux cent vingt voix contre trente-sept * . La Chambre ignorait encore l'existence du traité signé à Vienne le 25 mars, mais en votant cette Adresse, elle le ratifiait d'avance.
Avec la ténacité anglaise, les whigs luttèrent pour la non-intervention presque jusqu'au premier grondement du canon. Le 28 avril, à l'occasion des impôts demandés au Parlement par le cabinet, Whitbread, Ponsonby, Tierney combattirent de nouveau la politique ministérielle. Ponsonby rétorqua le sophisme de Castlereagh et de Liverpool, que l'on faisait la guerre à Bonaparte et non à la France : « Quelle subtilité ! Comment supposer que la France n'interviendra pas dans la guerre, quand cette guerre est déclarée à l'homme que le peuple français a voulu avoir pour chef. » — « Il n'est pas vrai, ajouta Tierney, que Bonaparte ait été ramené seulement par les soldats. Le peuple ne lui est pas moins attaché que l'armée. » Le 1er mai, les habitants de la Cité adressèrent aux Communes une pétition où il était dit que le rejet prémédité iie la paix, le refus de négocier, l'insulte au souverain actuellement sur le trône de France, la guerre et l'accroissement continu des taxes « étaient d'une politique semblable à la folie même ». Après des débats ardents et pro-