Parliamentary debates, XXX
longés, Castlereagh fit rejeter cette pétition. La discussion reprit le 23 mai, quand les ministres communiquèrent au Parlement le texte du traité. A la Chambre haute, lord Guy se prononçant avec énergie contre « une guerre entreprise pour proscrire l'homme que le peuple, autant que l'armée, avait choisi comme le maître de ses destinées, et pour le remplacer par Louis XVIII » émit la proposition d'une Adresse pacifique. Sa motion réunit quarantetrois voix sur cent cinquante-six votants. Parmi ces quarante-trois voix était celle de lord Byron1.
L'opposition des whigs eut cependant pour résultat d'éclairer le ministère. Il sentit que si les Chambres étaient déterminées à voter une guerre ayant pour objet la sécurité européenne, elles seraient hostiles à une guerre dynastique menée pour les Bourbons . Par une distinction singulièrement subtile, le Parlement admettait avec lord Liverpool que Ton porterait atteinte aux droits d'une nation libre en imposant Louis XVIII à la France, mais qu'en lui interdisant de conserver Bonaparte, on laissait ces dçoits saufs et entiers. Castlereagh envoya à Vienne
1. Parliamentary débutes, XXX, 954-995, 1003-1014; XXXI, 316-371, 400-447.
C'est au cours de ces débats que Castlereagh, pour entraîner un vote favorable en prouvant la duplicité de Napoléon, produisit une prétendue dépêche de Bassanoà Caulaincourt,datée du 19 mars 1814 et portant: • Quand même l'empereur signerait la cession des places de guerre (Anvers, Mayence et Alexandrie) son intention n'est cependant pas de les livrer. » {Parliamentary debates, XXXI, 405). Bassano protesta dans le Moniteur du 13 mai contre la publication de ce document qu'il argua de faux. Le faux, en effet, sautait aux yeux, car cette prétendue dépêche, dont il existe une copie aux Arch. Aff. étr. (France, 668), contient des expressions étrangères, le protocole final y manque ; enfin elle est datée de Paris, 19 mars, alors que le 19 mars, Bassano était avec l'empereur à Fère-Champenoise.
Lord Castlereagh, qui usait sans scrupule de toutes les armes, produisit aussi des lettres adressées par Napoléon à Murât en 1813, mais dont un faussaire, l'abbé Fleuriel, employé au cabinet de Blacas, avait change la date et quelques phrases. Ces falsifications leur donnaient une toute autre signification que celle qu'elles avaient réellement. - Voir à ce sujet Parliamentary Debates, XXXI, 147-150, le Moniteur, des 9 et 14 mai; Ernouf, Bassano, 653-656 ; et la Note à Caulaincourt, 20 mai. (Arch. Aff. etr., 1*02.)