‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 224 sur 272 · Ilobhousc, Lettres, I · texte numérisé non relu

Ilobhousc, Lettres, I

Dès le 24 mars, Napoléon avait inauguré l'empire libéra] en abolissant la censure1. « — Je ne crains pas de donner la liberté de la presse, dit-il: depuis un an on a tout dit sur moi. » Mais au grand étonnement des royalistes, la plupart des journaux usèrent de cette . liberté avec beaucoup de discrétion. Il y avait des raisons. Le 20 mars, les publicistes qui depuis quinze jours traitaient Napoléon de « tigre altéré de sang » et autres gentillesses étaient peu rassurés sur la façon dont le susdit tigre allait apprécier ce langage. Ils craignaient la suppression ou la confiscation de leur journal, la prison pour eux-mêmes2. Dans cet état d'esprit, ils souscrivirent sans difficulté à la proposition que leur fit faire Fouché d'accepter le contrôle officieux d'un rédacteur-censeur désigné par le gouvernement. Ils redoutaient bien davantage! Jouy fut placé à la Gazette de France, Dupaty au Journal Général, Lacoste à la Quotidienne qui, le l?r avril, devint la Feuille du Jour3. Le Journal Royal avait de lui-même cessé de paraître. Quant au Journal de Paris, rédigé par Jay, au Nain Jaune. bonapartiste de la veille, et au Journal des Débats, abandonné par les Bertin et repris par Etienne, il n'était pas nécessaire de les soumettre à un examen.

Cinq jours après que cet arrangement eut été convenu parut le décret abolissant la censure. Les journaux auraient pu s'en autoriser pour remercier leur censeur. Ils trouvèrent sans doute plus avantageux

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