Bulletin des Lois, 2G mars. (Le décret est daté du
2. C'est ainsi que les Bertin partirent le 20 mars pour la Belgique.
3. Cf. les notes au livre de Miss Williams, Relation des événements, 38-39. Hobhouse, Lettres, I, 188. Les crimes de Buonaparle et de ses adhérents, 100- 103. Esquisse sur les Cent Jours, introduction, 0. Napoléon, Corresp., 21925.
de le conserver. Tout en déclarant la presse libre, le gouvernement n'abandonnait pas ses droits de poursuites devant les tribunaux et, en outre, les gazettes restaient soumises au bon plaisir de la poste qui pouvait refuser de les transporter en province \ La tutelle acceptée par les journaux les garantissait contre les actions en justice et contre l'arbitraire de la poste. Au reste, le censeur se montrait bon diable. Il savait ne pas insister pour faire passer un article communiqué 2 et se bornait à mettre son veto sur les entrefilets trop franchement hostiles. Encore, s'il empêchait les insultes à l'empereur, les fausses nouvelles, la discussion de la forme même du gouvernement, il autorisait le blâme des actes du souverain et de ses ministres et la libre critique de la nouvelle constitution impériale. Souvent même, soit insouciance, soit légèreté, il laissait publier des articles ou des nouvelles tout à fait nuisibles à la cause de l'empereur. Les journaux les plus dévoués, le Nain Jaune luimême, provoquaient parfois l'indignation des bonapartistes et des patriotes. « Je viens de lire le Nain Jaime, écrivait le 20 mai le général Hugo à Davout. Est-il possible d'outrager aussi horriblement le grand homme8! »
L'empereur, dit-on, aurait voulu s'assurer l'appui ou du moins la neutralité du Censeur. Des ouvertures furent faites par Fouché à Comte et à Dunoyer. Il leur proposa la rédaction du Moniteur ou telles places qui leur conviendraient. Ils refusèrent tout.
1. Le 7 juin, la poste refusa de transporter le Journal Général, la Feuille iu Jour (ex-Quotidienne) et VAristarque. (Le Censeur des Censeurs, i 7 juin.)