‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 73 sur 272 · Napoléon, Corresp., 21.661. Campbell · texte numérisé non relu

Napoléon, Corresp., 21.661. Campbell

Aux chagrins de l'empereur s'ajoutaient des soucis d'un autre ordre. L'article III du traité de Fontainebleau portait qu'il serait donné à Napoléon un te venu annuel de deux millions de francs en rentes sur le grand-livre de France. Or, le cabinet des Tuileries n^ paraissait nullement disposé à tenir cet engagement. Dans le courant de février, le czar et lord Gastlereagh firent même à ce sujet de sérieuses représentations au prince de Talleyrand. Celui-ci répondit avec son imperturbable sérénité, qu'absent de Paris depuis cinq mois, il ignorait ce qu'il s'y passait et que d'ailleurs, vu l'agitation de l'Italie, « il pourrait y avoir danger à fournir des moyens d'intrigue aux personnes disposées à en former1 ». Cependant, les revenus de l'île d'Elbe étant insuffisants8, Napoléon ne pouvait

1. Wellington à Castlereagh, Paris, 1S sept. (Dispatchs, XII.) Talleyrand à Louis XVIII, Vienne, 15fév. Cf. Louis XVIII à Talleyrand, 3 mars et 7 mars. (Corresp. avec Louis XVIII). — Le rappel à l'exécution d'une clause secondaire du traité étonne de la part de Castlereagh qui se préparait à en violer odieusement la clause principale en se prêtant à la déportation de Napoléon. C'est toujours la question de forme. Castlereagh s'autorisait dt la raison d'Etat pour enlever Napoléon, mais jusque-là il ne jugeait pas que la France eût aucun motif de ne point exécuter le traité.

2. Les budgets de l'Ile d'Elbe pour 1814 et 1815 existent dans la Correspondant* de Napoléon (21.581, 21.582, 21.662) et dans le Mémorial de Peyrusse (240-241, 263 et Annexes). Mais comme tous les budgets de prévision, ces budgets étaient sujets à des variations en cours d'exercice. Pour établir le bilan de Napoléon à l'île d'Elbe, nous avons donc pris, non les budgets, mais le livre de caisse de Peyrusse, reproduit dans les Annexes (122 à 155) de son Mémorial. — On «ait que Peyrusse, trésorier de l'empereur, fut chargé d'encaisser toutes les recettes et de payer toutes les dépenses depuis le 11 avril 1814 jusqu'au 20 mars 1815. — Nous avons naturellement retranché du compte de Peyrusse toutes les dépenses antérieures au 4 mai et postérieures au 26 février. Nous avons pu ainsi établir exactement l'état des receltes et des dépenses de l'empereur à l'Ile d'Elbe depuis le 4 mai 1814, jour de son arrivée, jusqu'au 26 février 1815, jour de son départ. Nous donnons ces chiffres :

Recettes ordinaires: Solde en caisse 13.596 fr.

Arriéré des contributions 2.282

Timbre, enregistrement, douanes. . . 38.164

Contributions foncières 18.984

Domaine: Mines, salines, madragues, etc 528.734

Vente de farine et divers 4.549

Vente d'approvisionnements de guerre (pour mémoire).

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