‹ 1848-1852Chapitre 3 sur 7 · ID · texte numérisé non relu

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expansion m dehors^ au lii^a <le vîser an tr^e des Césars. Ëut-il y^en f N«n.

Il n'y a que deu& >canip« en Enrope : la révolution éi la contre^révolution. Cette vérité, devenue «vulgaire, à for4se d'évidente, je n'ai pas la prétention de la découvrir. Consultez ItB hommes d^État. Eeonte^ M. Tltiers : <x Ce « que noiis voyons ^en Suisse), c'est la révolu- «tion et la contre-révolution en présence. >» Et il ajoutait e « Je suis du parti de la révoluce tion en Europe.... <}ttand même elle passea rait dans des mains qui ne sont pas mode- « rées, je ne quitterais pas pour cela la cause a de la révolution, y^ {Diseour^ mr les affaires de Suisse y janvier 1S48.) Il est vrai que, l'année suivante, étourdi encore de sa chute de Février, M. Thiers s'écriait, Â propos des affaires de Rome : « Il n^y a quo deux causes en Europe : « Vordre et la démagogie. Je suis pour l'ordre.» (12 jm'n 1849.) Lisez : J'ai changé de camp depuis l'année dernière, et je couvre cette apostasie de quelques injures. Il est vrai encore que le susdit M. Thiers, qui défiait, en (S48, le gouvernement de Louis-Philippe de demander un seul homme et un seul écu pour marcher sur Berne au secours des Jésuites, ne s'est pas fait faute, et 1849, de voter beaucoup

d'bommes et beaucoup d'écus pour marcher sur Rome et pour j extermina la liberté au profit du parti clérical. C'est là une de.. ces mille palinodies que aous ne comptons plus ni avec M. Tbiers, ni avec biea d'autres^ Mais ce qui reste vrai, c'est l'apprécia tion de la Situation générale : Deu^ principes ^ deux camps» la guerre inévitable» la guerre en Russie^ à Rome^ en France* partout!

Vous faut-il d'autres autorités ? Je choisirai parmi les moins suspectes. Voici M* de Falloux saluant la Révolution de février et se répandant en éloges sur le peuple de Paris, «rd* mirant sa braoauret son Jkérmrne^ sa générih' siié, sa ééUeêriesse^ etc.» etc. (Sk^ Lettre du i^ m>ars.) En homme clairvoyant» Mé de Fallottx lyoute que les puissances étrangëree ver* ront sans doute de mauvais œil la révolution française ; mais il s'en inquiète peu. Et savea-' vous comment il les qualifie dans un joli Jeu de mots? A'mj^mstmces^ étrangères . U est Vf ai que» trois bus après» le même M« de FaK l#ux mmiee la République du ctmon russe. {p%s€0im é^ 14 jmilei 1851.) Le lecteur hoUf nite et aftïf rematquera peut-être encore ici qweéquè chose d?.*. eottlrediotoire. U aura tort* M^ ëe FâllMx esi r^té daM se» r41e i à

plat yentre devant la République triomphante, à plat ventre devant ses ennemis dès qu'elle est menacée; il a conservé sa position. Allez donc demander^ à certains êtres de la création de redresser leur marche et leurs allures ! Quoi qu'il en soity tirez ces conséquences : Pour la révolution, Tennémi n'est concentré» ni ici, ni là, ni au nord, ni au midi, ni en Russie, ni en France, il est partout, et ce n'est pas à Tétranger que je le redonte le plus.

J'épargnerai au lecteur le dénombrement des forces qui se préparent à entrer en ligne pour In campagne prochaine. Je ne lui montrerai point l'Allemagne reconstituée féodalement sous la domination de l'Autriche et de la Prusse, après une comédie qui n'a trompé personne, pas même le gouvernement français lorsqu'il nous a demandé quarante mille hommes dans le but de parer à des éventualités impossibles. Je ne lui parlerai ni du pape romain ni du pape russe s'excommu niant dévotement l'un l'autre, mais s'entendant parfaitement dès qu'il s'agit d^excommunier et d'égorger l'ennemi commun, la Révolution. A la nonvelle croisade contre les nouveaux Albi«* geois , rien ne manquera , pas plus les saint Dominique que les Simon de Monfort. Vous

trouverez autant de Falloux et de Montalembert pour damner les infidèles, que de Radetzki et de Haynau pour les pendre. C'est convenu. Ce que je tiens à signaler et à marquer du doigt, afin que le peuple ne s'y trompe plus, ce n'est pas l'ennemi du dehors, c'est Y ennemi du dedans. L'expression est dure. Quelque Suin y verra peut-être une excitation à la haine , etc. ; mais j'avertis d'avance tous les Suin du monde que je ne fais que copier mot pour mot certain message d'un très-haut personnage, contre lequel ils n'ont pas à requérir pour le moment. Et, après tout, je n'en suis pas encore à glorifier la sainte guerre civile et l'héroïsme de Tassassinat, à Finstar.dc certain journal dévot que tout le monde a pu lire et que personne n'a poursuivi.

Vite donc un coup d'œil sur la situation. Mais le sujet nous parait vraiment trop riche pour ne pas'mériter un nouveau chapitre.

Ë/0wàrm Unairclilqne.

Quand la confusion sera dan^ \t royaume et la division dans les familles, lorsque voU« verrez apparaître les charlatans et les faut prophètes, vous reconnaîtrez à ces Signes que les temps sont proches. C'est en ces termes, ou à peu près, que s'ei^prime l'Écritate Sbilute* Oh! s'il en est ainsi, il ne faut plus dire que les temps sont proches, il faut dire que les temps sont venus.

Si j'avais à peindre l'idéal du désordre dans les esprits, dans les idées, dans les lois, dans Tadministration, dans le gouvernement, dans les hommes et dans les choses, je ne saurais

ehoisir de meilleur type que la France telle que nous Toat faite les partis politiques en i^an de fusion et de confusion 1851.

Je cherche un mot qui caractérise un tel désordre, mais mon imagination se trouve en défaut. Je Pappellerais bien atiardUe; mais M. Prondhon prétendrait que je calomnie sa doctrine par assimilation. J'évoquerais bien l'histoire si connue de Babel, mais la mémoire des architectes de. Babel eu serait justement offensée. L'empire romain au cinquième siècle of* frebien quelque chose d'approchant. Oui, si les monuments d'alors eussent porté pour inscription : République remaine ; si sur les murs de toutes les prisons, regorgeant de républicains, on eût lu ces mots : Liberté I égalité l fraternité! si la justice se fût rendue au nom du peuple contre les seuls amis du peuple; si les traîtres qui ouvraient les portes aux barbares eussent eu pour devise : Honneur et patrie ! si le principal mérite des fonctionnaires eût été d'exécrer les institutions existantes, et leur principale besogne de les bafouer; si enfin, du sommet au ba$ de l'échelle, l'administration tout entière n'eût été que le mensonge organisé, vivant eten action ; otri; l'empire romain ferait à peu près mon affaire. Il y aurait mémo

cela d'heureux daas ma comparaison qu'alors comme aujonrd*hui , ce qui se tenait encore deboul, comme par miracle^ c'était les ruines d'une vieille société qui disparaissait avant que la nouvelle se fût installée.

Mais qu'ai-je besoin de couleurs pour peindre un tableau parlant ! Voyez et jugez :

Quelle est la forme du gouvernement? Une République, si j'en crois le Moniteur , qui, par un reste de pudeur, conserve encore ce titre en tète de ses colonnes. (Il est vrai qu'à dix lieues de Paris oa se gêne moins. Les actes officiels se sont affranchis de la for<mule; et c'est bien fait : c'est un mensonge de moins.)

Ah! nous sommes en République! Voilà sans doute pourquoi l'administration a été si bien épurée qu'il n'y reste pas un seul républicain.

Nous sommes en République ! Eh I c'est pour cela que tout fonctionnaire électif qui se permet de prononcer le mot de République est immédiatement révoqué ou suspendu.

Nous sommes en République! c'est évident. Aussi y le seul cri séditieux que l'on poursuive en France est-il celui de vive la République !

Nous sommes en Républi(}ue ! Alors il est tout naturel que le gouyernement concède des privilèges de vente aux journaux qui insultent la République, et refuse le même droit à tous les autres.

Nous sommes en République ! Dès lors ce ne peut être que par TefTet du hasard que les prisons soient peuplées exclusivement de ré«* publicains.

Quelle est la base du droit public? Le suffrage unwer9eL Fort bien : en conséquence trois millions et demi de citoyens sont rayés des listes électorales.

Qui gouverne? Un Bonaparte. Dieu soit loué ! on s'en aperçoit dans mon département, où d'anciens bonapartistes, qui, dans le temps, ont souffert pour Toncle, sont maltraités impunémenty assommés quelquefois, par les verdets, sous le gouvernement du neveu.

Quels sont les ministres de l'homme qui doit sa position à la Révolution de février? Des gens qui traitent la Révolution de catastrophe après l'avoir trouvée sublime.

Et, par contre, où sont les combattants qu'il remercia de leur héroïsme dans sa lettre du 26 février, insérée au Moniteur et dans tous les journaux? En exil et sur les pontons.

-lé-

Ësiâto-t-âl» oui ou aon^ une Coa^tilutioii qui 6«fisacr€ ]b irQii de réiuûon et d'afifiociation? J'ai <f uelque «ouv^nir d'ay^oir voté moi-méine quelque chose daa» ce genre, D'<)ù il résulte naturellement que trois républicains ne peu* vent se i*éunir sans avoir la police à lears trousses» toute liberté étant iaÂssée, comme de xaison y aux ensexois de La ilépublique et de la Constitution.

Nous irivons aetts un régime de liberté, a'«Kt41 pas vraî ? Demeiidez^e plutàt auxeiaq dép«rteMAnt6 condamnés i Fétat de ^li^e di^ puis deux ans passés !

Ona censervét îe<croiei dtns nû& eedea, un gittikd prificipe de droit. C'est celui-ci : Nul M peut être dktraitéejiesfiigesnatwrelê. Dàs lors il.n'est ipM ééonnani que ks Tépubiicams eeieni traînés de cenl< Ueu^s de disi^ace devant les conseils de guerre de l'état de siège.

Que iMtts di^n Zqfue mus répète<-t^on avec emphase obaque }<Nir à la tribiine? Qaele res** peel des lois «si la pnemière oeaditien de ïqpdre. En ce cas> il oit bon qiM les jenrjia!iiti de prédilecftiofa pousaHit ottvertemeut à la guerre civile, let qtia le minisÉèni IttHmènesaneite fâev afcate JM inéprâ^lela'ioi ides lois, la Cidttli^. tutioo;.

Oammmkt «'appeUent nm légîsltftears*? Refré&raUftatâ tla p<s«ple. En ^s-tous bien sârf iiftis; h i6 juillet dernier, j'ai etn en eslen* dre un qui se >disait représentant é*Mn reii, ^ cela aux applaudissements frénétigues d'une immense majorité !

Mais, au moins, £eux qui ont la singulière fantaisie de prendre au sérieux leur mandat, ceux qui persistent h représenter le peuple, peuvent-ils se mettre en communication avec leurs commettants? Non : mais la route de Froshdorff est libre, et il est de bon ton d'iil- 1er s'agenouiller aux pieds d'un roi, qui règne, en plâtre, au passage Ghoiseul, et qui vaga-* bonde de sa personne à l'étranger*

Je ne dirai rien de renseignement. Les Jésuites étant y comme chacun sait^ les pjus chauds amis de la Révolution^ il était logique de leur confier l'éducation des fils de la Révolution.

Grâce aux vacances, nous (jômmes privés du plaisir d'entendre MM. \e» ministres, chassés honteusement de leurs banc3/paur défaut de confiance , et rentrés , quelques mois après, Bdw Tmlêr le 4oaeiMi«t ëctoiRl q«i règne «lAre lefl|;raitdspo»wi»'Ae rSkatJMavs «■lr49tM.ps,* et pour cfasmier. um loisirs, amis imoM ie

— ÎO -r-

gcand parti de l'ordre, qui siège eii perma" nence rue de Rivoli» rue des Pyramides, au conseil d'Etat, partout un peu. II s'y trouve des gens qui rêvent tout à la fois :

1^ La prorogation des pouvoirs du président;

2* La réélection inconstitutionnelle ;

3* La présidence pour di« ans ;

4* La présidence à vie ;

5* La présidence héréditaire, si faire se peut;

6^ La royauté du comte de Paris ;

7* Avec la régence de son oncle ;

8* Avec la régence de sa mère ;

9® La candidature de M. de Joinville, qui est un prétendu, mais non pas un prétendant;

10* La royauté absolue du comte de Chambord ;

11* La royauté constitutionnelle du même, avec ou sans Chambres, de droit divin,... non de droit du peuple,... je me trompe, de droit national , au moyen de Tappel au peuple , qui n'est pas l'appel du peuple, lequel restera souverain, tout en se donnant un roi, ce qui est on ne peut plus clair.

Ajoutez-y la fusion des branches, la scissi^m des légitimistes, la défection des chefs, leur union secrète avec TËlysée, la colère des fidè-

— ailés, les Toyages secrets, les manifestes publiés, démentis, modifiés, et démentis encore, les intrigues en partie double, les mille petites ruses, les mille petits complots ourdis, tramés, abandonnés et repris d'un jour à Tautre, et TOUS aurez une légère idée deTentente cordiale qui règne dans le grand parti de Tordre. Est-ce que vous trouyez que ce n'est pas assez comme cela?

Voilà les partis. Je leur laisse les dénominations qui leur plaisent tant : amis de Vardre^ honnêtes genSj honnêtes et modérés, sauveurs de la sociétés etc., etc.; qu'importent les mots? Je jette tout cela dans le même plateau de la balance.

Puis je cherche ce qui pourra me rester pour mon second plateau.

Ce qui me restera I Les ennemis de V ordre évidemment, les malhonnêtes gens j les malhonnêtes et les furieux^ les perturbateurs de la société? C'est peu de chose ; mais dans la langue de la vérité, qui n'est pas la langue des partis, ce peu de chose, les gueux, cette vile multitude, porte un autre nom que je vais prendre enfin la liberté de lui restituer : le Peuple !

Ainsi :

D'une part, les partis contrc-révolutionnai-

ca n'est ms ma. iaufeq s'ils se ssoi affiiUé«i da tous Ua dvape^|||^x eik^sialtoda. toutes. Uft^eou^ leurs»

De l'autre, ta Béietmtieii» U R^puUifue» hk Peuple! ; c'eetftout unv

Kaua les pèsareas..

Ëjt» sfU y a un Dian ;,n ce- Die» esl îuste; ri son règne doit nous advenir ; si h tettu. «t'eai pSiS u» uoia ; si téulea lea yertua seul smurs, de Kk&me que les ti^bs aeAt frèse»^ $iik dîteer tieu des sociéiés^hiiBiaînea eal^dtéyeiue Ae pMa droit à l'inteUigeacû, au traTeiU à la meratité»* au dé^ouemenA» au couva^ et à la laagMAi* mité; si, par contre, l'inintelligence, l'imaio^ ralité, l'iatrig.ue,: la fainéauiise,, U mensonge, la lâcheté, si, en deux mata, fégoïsœe saua camt et «ans^tâtedea hommes eamme des cartes doit disparaître un jaur; le point d'iAtarro-" gation que j'ai posé en tête de cet écrit recevra* bient&t sa réponse.

Pour découvrir la marche 4'un astre, leê géomètres commencent par détermiaer dana. l'espace quelques points de son orbite* Poiw savoir où nous mènent le^^ partis, eherchima d'où ils viennent. C'est de l'histoire, je l'écris pièces en main, je serai bref : suivez* moi {

VMI yniÊmi A JMpMMttVMt

WaiSy d^abord, po»qnoi sommeÊhom» en

République ? Je Tais vous le dire :

Il y «it m îoor en France (et nous tt'ien senunes séptitésr que par trois années , lesquelles semblent trois siècles ) » il y eut un jour , une heure où s'évanouirent à la fois tous les pouvoirs publics, roi^ dynastie, ministres, députés et pairs, tous heureux de sauver leurs personnes, et laissant à Faventure la fortune du pays.

Ce jour-là, le 24 février 1848, à deux heu*

res après-inidiy yeuillez me dire où était la souveraineté» le droit I

L'instinct du salut, je devrais dire du sauvetage à tout prix; ce besoin d'ordre, qui, à de certains moments, devient la loi suprême, pouvait conférer à quelques hommes dévoués et courageux une mission ^temporaire. Mais, en principe, où chercher la base de l'autorité nouvelle? Dans la nation. Et par quelle voix pouvait s'exprimer la nation? Par la voix du suffrage universel. Qu'est-ce, enfin, que le suffrage universel» si ce n'est la Bépublique, la chose publique, la chose de tous, la participation de tous au gouvernement du pays? Donc» par voie de conséquence rigoureuse, la République existait déjà de plein droit, je dis plus, elle existait déjà de fait avant d'être proclamée à l'Hôtel de Ville.

Je l'ai déjà écrit» je le répéterai jusqu'à ce que cette pensée se soit ancrée dans tous les esprits : On ne crée pas le droit, on le constate ; on ne crée pas unel^épublique, on la proclame. Et ce n'est pas là une œuvre humaine. Dites-moi, est-ce que ma liberté est l'œuvre des hommes? Est-ce qu'elle n'existe pas avant là loi qui en règle rexercice?Et, de même, eslce que la souveraineté du peuple n'est pas an-

térieure aux Constitutions, qui n'en sont que la formule et non la source ? Insister me paraîtrait puéril. Je n'ai jamais su prouver l'évidenGe.

En dépit deç basses rancunes qui crient en* core à l'escamotage, ne vous étonnez donc plus que la Bépublique ait été si facilement et si universellement acceptée, sans obstacle, nemine obstante^ comme l'a dit M. Dupin, qui ne ^ s'en souvient plus. Et la meilleure raison à en donner, c'est que la France croyait encore être monarchique^ tandis quelle était répuMicaine. La réflexion n'est pas de moi. Je me tiens en garde contre le désir des citations historiques. A la honte de l'humanité, et pour le châtiment éternel de certains personnages, il me faudrait citer tous lea journaux, tous les livres, toutes les brochures, toutes les lettres du temps, qui contiennent une adhésion à la République, surchargés de plates adulations et de manifestations d^enthousiasme vraiment enrayantes. Mais ici je ne puis m'empêcher de restituer la réflexion à qui de droit. Les écrivains qui trouvaient la France républicaine avant le 24 février, et qui ajoutaient, en parlant de la monarchie : Immorale avec Louis UF, scandaleuse avec Louis XV, despôtiqm avec Napoléon^ inintelligente jusqu'à i^ZO, astucieuse, pour ne

rien Uté de plus, jusqu'en 184S, ee d<^t âtijoriif^ i'hni Ué îD^ulfeni^ lesr p}fiÈ éhoiités dé la hê* fuhMqtté^ tes pwtïè^isieê les p\m efithotisift^ tes dé h monarrckië, amisr de Tarife jusqu'à t^ifi^ukilkm, Tôpihiéê jusqu'à la lettre dé eë* ehét, théoerates jusqu'au bftcher , bo^nêtet

géns^ cela ^a sans dif e, ce èùrd les ré^

diilctéllrc^ de YUnkefS religieux.

Ceci n'est au surplus qu'une pièce efftré mille i joindre au dossier des koiinétes genë. Pltfd tard flous balancerons leur eotnpte et «ousr en payerons le soId« k tttupM dé fouet. Chaque chose tiendra i son totir. Mais la pen-- Sée m'ft pam sfi traie, que je tiens à la dété* Idppef , saufs toe rappropricr.

Républicaine sans s^en rendre compté, telle était la France au 24 fétrier, telle depuis soixante ans. La République date du 90 juin

La République a eu pour berceau le jeu de Paumé, pour baptême la prise de la Bastille, pour prénom le titre d'Assemblée nationale que se donnèrent les premiers élus du peuple, pour confesseurs la plupart des membres de cette Assemblée, républicains comme la France, à leur insu. Elle était née rf tigoureuse, cette République, qu'en trois ans, Hercule an ber-

ceau, elle jnr«it étouffé la noblesse, le clergé, la royauté et le roi.

i^ TOiifl entends c vous me répondez que la première Àasembiée nationale é(|iit si peu ré» publicaine, qu'elle conserva, ilans eaConstUu* tion de 1791, Finsiitutioii d^ la m<Hiarchie. — Ah ! vous appelez monarchie tin Etat où le peuple, par l'organe de êei^ représentants, fait ses propres lois, ^pte ses propres contribu* tiens, en supveiile renipleî, impose sa volonté, déclare la guerre, fait la paix, et se gouverne à «a façon. Et en face d'un tel peuple cet homme doté et logé megnifiquement, j'en conviens, mais dont le pelais > gardé par des consignes sévères, devient une prison ; eet impuissant qui ne prend personnellement aucune part à la confection des lois; cet interdit pourvu, sous le nom de eonseit des ministres, d^nn véritable conseil judiciaire; cet incapable dont la signature sera déeterée nulle si elle n'est accompagnée de telle d'un ministre-eurateur en guSse de caution ; cette espèce de sabot de voiture, inutile à ta montée, insuffisant à la descente, earii eera usé broyé et sous les roues, a^antle premier relai; cet étrange fonctionnaire humilié d'une irresponsabilité qui le place tout Juste eu niveau de l'enfant dont la

loi décline la raisan et le discernement ; c'est là le souverain, le roi ! £h ! n*entendez-vous pas le nom que lui donne dè& le premier jour le bon sens populaire ? C'est monsieur Veto : M. Veto, qui essaye vainement d'user de la der-* nière prérogative qu'un reste de respect lui a laissée dans la Constitution. Et c'est là ce que vous nommez de la monarchie constitutionnelle ! Eh bien ! moi qui ne me paye pas de mots, je n'y vois que dé la République, non pas de la belle et de la bonne, mais de la pire espèce. Atteler ses chevaux, moitié par devant, ^noitié par derrière, et les faire tirer en sens inverse, c'est vouloir que la voiture se brise ou que les uns saient traînés par les autres. Yoilà, en quatre mots, toute votre machine constitutionnelle.

Aussi voyez le beau résultat qu'ont produit, dès leur essai, ces profondes combinaisons^ Une année ne s'était pas écoulée, qu'en deux soubresauts l'un des pouvoirs s'était brisé, le sabot s'était rompu, et l'infortuné Louis XYI payait de sa tête le triste honneur d'inaugurer en France un régime impossible. Je n'accuse pas les intentions de la première Assemblée constituante : elles étaient aussi pures que ses vues étaient courtes. D'ailleurs, soyons indulr

gents, Qous verrons plus tard une autre Constituante commettre les mêmes fautes» poser des prémisses sans avoir la force de conclure, transiger avec les traditions du passé, bifurquer la souveraineté, créer au sein même de la Constitution un germe de conflits permanents, et préparer peut-être de nouveaux malheurs.

Ma critique, bien qu'un peu vive, n'altère en rien la vénération que j'ai conservée pour la mémoire de nos pères. Us partageaient pour la plupart les idées d'un écrivain célèbre, ingénieux sans profondeur, analyste sans synthèse, et métaphysicien sans logique, dont la gloire aujourd'hui ne peut faire envie qu'à M. Odilon Barrot. C'est Montesquieu qui, avec son équilibre et sa pondération des pouvoirs, leur avait tourné la tète. Et puis ils avaieat le^ yeux fixés sur TAngleterre, sans remarquer que chez nos voisins la royauté n'est qu'un nom, une abstraction, un fantôme, l'ombre d'une aristocratie qui se transmet les fonctions gouvernementales par ordre de primogéniture. Mais puisque nos pères tenaient à essayer de ce système bâtard, ne pouvaient-ils mieux choisir leur roi constitutionnel ? Tout autre que Louis XYI eût été plus ou moins

propre à ce rôle. Louis XYI seul n'y conTenait point. Faire d'an monarque absolu un fonctionnaire à la suite^ d^un roi un roitelet, remplacer dans sa main le sceptre de fer de Louis XIV par un sceptre de roseau, conser- Ter sur sa tête une couronne dégradée qui alternera quelque jour avec le bonnet rouge, placer cet homme entre son serment et ses regrets les plqs tifls, subissant M. Roland pour ministre, lui qui avait renvoyé Turgot, tourmenté par une cour qui le pousse à la trahison, bourrelé par des prêtres qui l'excitent au parjure, désarmé au milieu d'un peuple en proie aux premières ivresses de la liberté ; vraiment , il y avait là une telle imprévoyance qu'elle touche à l'inhumanité !

Si le premier essai de la monarchie bâtarde ne fut pas heureux , que dirons-nous des autres? Quatre fois depuis, dans les chartes octroyées ou imposées, on a tenté d*amalgamer la souveraineté du peuple avec la monarchie héréditaire. On a raccommodé- quatre fois la patacbe constitutionnelle; Et maintenant cherchez-en les débris ! Yous les trouverez sur la route de Gand, sous les sables de Rochefort, dans la rade de Cherbourg et par les grèves de Honfleur.

Cette discussion est peut-être un peu prématurée pour le cadre que je me suis tracé ; mais j'avais à cœur de prouver, conformément à l'opinion de V Univers religieux^ que la République en France ne date pas du 24 février. Vous venez de la voir dans nos chartes, à peine voHée par une Action qui né supporte pas Texamen. Tournez ailleurs :

S'agit-il de finances? Un mot dit tout : qui vote le budget? qui tient les cordons de la bourse? une Âssetnblée! le peuple! mais vous êtes en pleine République! Ohl les plaisants^ royalistes, qui votent la pitance d'un roi comme celle du dernier gabelou ! Plus plaisants encore ceux qui la marchandent! Quatre cents bourgeois refusent au roi qui tend la sébile un gros sou pour la dot de ses fils; et ces gens-là ne sont pas républicains 1 * Rendre la justice est le plus haut attribut de la souveraineté, et la plus haute de toutes les justices est la justice criminelle. Or, qui juge depuis soixante ans en pareille matière? Le roi? Non. Ses agents? Non. Ce sont des jurés. C'est le peuple. Reste, il est vrai, le droit de grâce, mais après MM. les jurés, s*il vous plaît. Et vous n'êtes pas en République !

La loi civile consacre Tégalité des partages

sans exception, notez le mot. Et le trône^ s'il y a quatre héritiers, se partagera-t-il ? le mettrez-vous en licitation, à l'encan? Non, mais vous le brûlerez bientôt sur la place de la Bastille; car l'égalité des partages sans exceptiout c'est la République.

La commune est le prototype, lajnonade de la nation. Or, qui administrée commune? Un maire élu à titre de- conseiller municipal, et pour un temps donné, par ses concitoyens. — Ah I c'est le peuple qui nomme les administrateurs de la petite commune ! Oh ! alors je vois venir de près le moment où le peuple élira, et pour un temps limité, le maire de la grande commune, de la nation.

Je serre la question, je la précise. Mous sommes au 23 février 1848, Louis-Philippe règne encore, si tant est que Ton règne avec des sujets aussi aimables, aussi dociles, aussi peu taquins que MM. Duvergier de Hauranne, Léon de Maleville, Odilon Barrot, Thiers et consorts. Je m'adresse au paysan le plus simple. « Gros- Jean, tu connais M. Richard? — Oui. — Est-ce un brave homme? — Certainement. — Le veux-tu pour maire? — Volontiers, — Et après lui', son fils qui est en Afrique? Nenni, dà I — Et après le fils, le petit-fils qui esta la mamelle? —

Oh! que non* de par le diable ! je ne les connais pas, je ne sais pas ce qu'ils seront, c'est bien assez du grand-père, et encore pour quelques années tout au plus, sauf à voir... » — J'en ai assez vu, Gros-Jean est tout aussi républicain que vous et moi. Donnez-lui senlement le temps de comprendre que son intérêt dans la patrie est supérieur à son intérêt dans la commune» puis faites-lui tâter du suffrage universel, et vous verrez si jamais Gros-Jean se donne un roi!

Quand la dénu)cratie coule ainsi à pleins bords, quand elle envahit les chartes, les lois et les mœurs, qu'attendez*vous donc pour lui donner son véritable nom : République? Un événement, un accident, un coup de vent qui abatte un trône sans racines, et tout sera dit. Ce jour«*là vous n'aurez qu'un décret capital à rendre, un décret qtii organise le suffrage universeL.Que m'importe ensuite que vous badigeonniez les monuments et les colonnes du Moniteur? Ce que vous y changez, ce n'est qu'un mot : vous aviez déjà la chose. Était-ce donc le mot qui vous faisait peur ? Grands en« fants !

Mon Dieu 1 je le conçois. Vous aviez été bercés, allaités^ nourris dans une sainte horreur

de cette République traînée dnquante années durant par toutes les flinges de Tiosulte, et devenue, dans la langue des eal(Hnniateurs, synonyme de la guillotine et du papier-roon-r naie. Echafauda et noyades, sang et meurtres^ spoliations et misère, Yoilà 4out le fond de la polémique soutenue sous les troi^ derniers ré* gnes par les royalistes contre les républicains. J'en appelle aux soutenirs de mes concitoyens. En 1847, dans un méchant petit journal de préfecture de province, mes amis ont compté jusqu-à cinq ou six cents fois le mot de gtMUotine en quelques mois. C'est ainsi qu'on peuplait de fantômes l'âme de ce pauyre peuple, tenu k dessein dans une complète ignorance de sa propre hiatoire. Je ne serais pas surpris que bon nombre de braves gens aient cherché

des yeux, au ^ février, si la machine rouge nei faisait point partie du cortège qui proclamait la République. Cependant, lorsqu'on vît que la République débutait par l'abolition de la peine de mort, que les propriétés étaient respectées, qu'on n'arrêtait personne, que Tordre enfin, A peine troublé, se rétablissait comme par enchantement, la stupeur fit place à Tépanouis* sèment, les craintes à Tespérance ; et tous de se dire, en riant de leurô sottes frayeurs : Ré-

publicains ! mais nous l'étions déjà, comnio M. Jourdain faisait de la prose, sans le sa«> voir 1

Ami lecteur, pardonnez-moi cette petite excursion dans le passé. II m'a paru bon de restituer à la République ion véritable extrait de naissance, et de prouver qu'elle devait s'établir de plain-pied sur le sol de France. On vous a dit souvent qu'elle était arrivée trop tôt. J'ai même entendu ce propos dans la bouche de républicains sincères, mais un peu légers. Eh bien ! laissez-moi vous dire encore ceci : La République est arrivée trop tard, et ce qui ce passe de nos jours ne le prouve que trop^ Encore quelques années de corruption, dêtfafios, de vé&aUtéSf de tarpitodes^ de scan* dales, de démomlisation^ et nous courrions grand risque de tomber à ce degré d'avilisse» ment d'où les nations ne se relèvent plus.

Mais B0o$ voilà au 24 février. Le peuple entre en scène, les partis rentrent dans la cou- Bsse ; ib vont se grimer, se farder, faire leur visage, comme disent les comédiens; puis ils reparaiU*ont bientôt avec masques et cosiumes# qui ne seront pas les derniers*

lie peuple an 114 féwrler«

a Et maintenant que Tours est par terre, je a vais descendre de mon arbre, et je lui don- <i nerai cent coups. »

(Molière, la Princesse d'Élide. Intermèdes.)

Brave Moron ! les chasseurs ont abattu Tours; et il va lui donner cent coups !

Un instant avant, Moron caressait Tours. Il lui disait : Monseigneur, que vous êtes beau ! Ah! beaux grands yeux ! Ah! jolie petite bouche ! Jolies petites mains! Ah! belles petites quenottes!... Les chasseurs n'étaiont pas là, Moron avait peur.

Mais les ehasseurs ont abattu Tonr^, et Moron ya loi donner cent coups!

A cette différence près que le peuple n'est pas un ours, et qu'il n'est pas encore abattu, voilà l'histoire du peuple et de ses ennemis.

Grand peuple, superbe dans le^ combat, généreux dans la victoire, sois béni à jamais pour ta clémence et ta magnanimité I II me semble entendre encore ce refrain, partant de cent mille bouchos qui vomissent aujourd'hui Tinjure contre cette vile multitude de héros.

Les éloges étaient-ils exagéré»? Etait-ce la peur qui les grossissait comme elle grossit tous les objets ? Pour ma part, mes amis le savent, je n'ai jamais su flatter ni roi ni peuple. Par nature, je me prêle peu à l'enthousiasme.. La réflexion, un peu trop hâtive peut-être, dissipe bien vite en moi l'ivresse des illusions ; mais, après trois années de méditations solitaires et d'observations au grand jour, je ne puis m'empécher de dire, en comparant la conduite du peuple à tout ce que j'ai vu ailleurs : Non, les éloges n'étaient pas exagérés.

M'avait-il donc riea à oublier, rien à pardonner, ce peuple qui oublia si vite et qui. pardonna tout? N'était-ce pas la même génération qui avait fait la Révolution de 1830? Et com-

de la Révolutioa ?. Q^'^Ukii^nJb 4f^¥^ii^ Us. &• meMSâif pr Qmss^fi^ <]^ Vltftïel <j^ Vm^2 Pour

six i»iUUaii^ d'hopine»» 9aos wm^ lifiup ii^U^ $^ns Ut?^a„ cjkDiUi lj99 <ie^if)Q«s dut paye ? £t tors-

pear^Yéranoe qui aeta'eatjwuiis déo^atie» q«e j[?^ueillaiQQt-Us? Tii^iir^i et l«^déd^i^« %\om ^ ^uixkz car appciicar mui foAoiiaDâ «lacM^k» c< toutes les C9^ttter«a «iwink^» » répondait M. Guuût. « Fpiâl^ bwifJMms>! «^ ajoutait le /iwmai ées O^^. Amii^ bête d« a^MHiae pwr lea uos> bêta fauv^ poiur toa anAres, le peuple éèait relégué pavmi les eati^ries ioiéifieureA du règne aiaû>inal. Aussi ne se fnUaÂ^OQ, faute ni Gans6ience>eja toute ocoaaioii, de lui courir sua. Les dépoMes toujeturs croissantes d^in ge»iFernement ruineux^ un système d'impôt (^ -rejetait sur le travail la majeure partie du poids des charges publiques^ le conlre^eoup des crises commerciales, qiie n'avait jamais m ni voulu prévoir une politique cruelle dans son indifférence; les ehômagea forcés, rinégalitc de rapports entre les patrons et les. ouvrière, la coalition des uns tolérée au mépris du Gode pénal, la coalition des autres sévèrement pu-

niei }e9. arrestations en niasse à chaque grèye; les disettes récentes, dues à l'aecaparement dçs gwns pl\itôt qu'à rins^fisauce des récoltes; U QÛsi^f e^dédar^ factieuse etsuppliciée comn>9 letUe à Bvwuçfiis ; le peuple avaii. tout supr portè^ le peuple était vainqueur, et le penplcf Qubliçiit tQu^ l

Il eç^t yrai çpie» poga: exhprtar k la patience lea daa9â3 d^^Mçitjéea» xnessiieurs des hautav classes, les honnêtes gens d'alors, qui sant encor^ le» hwttêtç* g^s d'awjQurd'liui, leur donoaieAt d'^trangea exemples. Ici un prince vêlait m 'ii^}Â,i^^ upduc aâsa^ipait sa femme; deux. mJUù^trea étaient; cQj|d?jmnés pour forfs^tiure ; 1^ a«i,tres se.coiflientoJleBt de trafiqua 4^^ foniqliafs. pubUqpiea; Iça intendanta militw^s ta^4i^(^V9H¥ le dri^ du aoldat» leti ad* mini^tfatçirg des hôpitaux écumaient la soupe dungtalade i le» élections, devenaient un champ d(^{qi]f« oà MMv les privilégiés j^ vendaient, Um<A<«s^ diten plei» GhamhreK cammjQ des cocl^is.^. IfV» chemiu^ de fer ^ livrés en pâture aux ioflviçace;» électorales et parlementaires» dé.velopf>âÀQiii sur la place de Paris un agiotage e%éné| <|Mii^ r^ppelaût, ^ea «oandales de la rue Quineampoix^ Oto faisait litière de la fortune publique» on trafiquait de tout» sur tout et

partout. Le niveau de la conscience publique était descendu si bas qu'on rougissait d'être honnête et pauvre, en face du luxe qu'étalait Tagiotâge heureux. Â deux pas de faubourgs laborieux et pauvres, au sein d'un hiver rigoureux, un prince de la famille royale prenait part aux souffrances du peuple en donnant aux honnêtes gens de ses amis des fêtes splendides. Et vous croyez que le peuple n'avait rien à pardonner!...

Si je dis un mot de la politique extérieure» si bien qualifiée d'abaissement continu, je vais faire sourire nos hommes d^Etat. Ils n'admet* tront jamais que le peuple ait conscience de l'honneur national, et que ce sentiment ait pu être froissé par les reculades de 1840, par le traité du droit de visite, par l'indemnité Pritchard, par l'abandon de l'Orient à TAngleterre, de la Pologne au czar, de l'Italie à l'Autriche et de la Suisse aux Jésuites ; le tout pour acheter une riche dot en Espagne à un prince de la famille d'Orléans. Que la politique d'une grande nation dégénère en politique de famille, qu'importe au peuple? Allons donc! Est-ce qu'il y a autre chose en France que le pays légal? Est-ce que le peuple fait partie de la nation?

Rien à oublier! Mais, le 24 février au soir» les pavés de Paris ne prêchaient pas précisément Toubli. Trois jours durant» Paris avait vécu dans des angoisses inexprimables » sous le sabre et sous le canon braqué à toutes les places. De terribles luttes avaient eu lieu. Le sang avait coulé. Une seule fusillade avait jonché de cinquante-deux cadavres le boulevard des Capucines. Le peuple était vainqueur, c'était bien; mais que la garde nationale n'eût pas interposé sa médiation entre les combattants, que l'armée, placée dans la position la plus affreuse, entre sa consigne et sos propres sen*timents, n'eut consulté que sa consigne; que la conscience du droit n'eût pas arraché les armes des mains des soldats; qu'une dernière chance de victoire fût restée à la royauté, même au prix de boucheries épouvantables; que toute liberté d'action eût été laissée au maréchal Bugeaud , investi pendant quelques heures du commandement suprême; quel eût été, je vous le demande, quel eût été, le 24 février au soir, le sort de Paris vaincu? Je ne parle pas des listes de proscription qui se dressèrent pendant toute la nuit du 23 au 24 février, c'est-à-dire au moment même où l'on semblait entrer dans la voie des concessions hypocrites et menteu*

ses. Lés proscriptions prissent p^^()e^tl^ la lête dé Id multituâe ^t n'âtteigment qm les chefs. Mais rappelez-vous seulement leè regrets tardifs du héros de la rue lYansnoùaiti t «fauc( rais dû, sourd aux iànientations de vos bourbe geoîs de Paris et de Votre garde nationale, c( vous faire mitrailler lous sans merci! » Puis, fîgurez-vous Paris mitraillé, le peuple hutâilië, la démocratie décimée et livrée à la justice d« M. Hébert, tempérée par la clémence de M. Guizot!!!

Et pourtant tous les ressentiments, toutes les colères s'évanouirent avec la fiitnéé du dernier coup de fusil. De cris de vengeance, pas un seul. D'exécutions après le combat, nulle part. Seule, la garde municipale^ victime de consignes exécutées a outrance et d'une impopularité déjà vieille, souffre des représailles du peuple. Et encore, aux Tuileries, k THôtèl de Ville, à la Préfecture de police, partout, verrez-vous les républicains protéger aU péril de leur vie Tuniforme détesté et menacé. Quand viendra l'heure du dénigrement sans danger, les lâches du jour, calomniateurs du lendemain, ne tariront pas en pleurs tardifs sur le chiffre énorme de ces martyrs du devoir militaire. Ëh bien ! consiiltez le relevé officiel au

l^" mars. Sur 3,600 hoâiiltes que i»«tiptftit k garde muaietpale, combîéti eti a-t-elle j^rdtt, eu trois jours de coinbftt ènr eent points à la fois? Vittgl^âeux. AsAttrément ce sont vingt* deux etistônces à regretter. Mais le peuple a lai;sé, hommes et femmes» non pas Tingt*deux, mais deux cent six des siens sur le carreau. D'ailleurs , attendes : à Quatre mois d'id des luttes plus Tires s'engageront ; tous compterez le nombre des exécutions après le combat^ et vouis comparerets !

Le voilà donc déehafué, ce tigre populaire qui devait tout déchirer, même ses gardiens f Lés voilà enfin, ces hordes de bandits, de brigands ti de pillat'ds qui ne se battent que pour la «urée ! Certes, la curée est belle. H y a toute une grande ville à mettre à sac. Qui s'y oppose? Rien, personne. L'autorité a disparu, la garde nationale etï sans force, l'armée débandée^ lé désordre à son comble. Or, regardez-y dé près; et, si le délire de la peur ne vous trouble pas la vtrt, tous trouverez votre tigre doux comme un agneatk. Yous Verrez des pieds nus et deis estOtoaeè à jeun garder les trésors dé PËbl éi lés fertunel^ privées. Le roi déchu s'évade eu fiacre comme un failli vulgaire, sous le feu croisé des lazzi?;, noble vengeance, digne à la

fois du caractère et de Fesprit français. Les membres delà famille royale s'échappent par toutes les routes^ et nul ne songe à les poursuivre. Les ministres exécrés! Les Polignae de 1848! On Qe se demande même pas ce qi^'ils sont devenus. Il faut qu'une cour royale (royale!) fasse du zèle et les déqrète d'arrestation pour que le peuple daigne se rappeler leurs noms. On dit qu'ils se cachent; on dit qu'ils tremblent : ils ont grand tort; ils feraient mieux de se présenter bravement à M. Gaussidière^ qui s'empresserait de leur délivrer des passe-ports.

; A Texception de [quelques dégâts, commis par des bandes isolées qui n'étaient -pas du peuple, car elles se composaient de ces hommes impurs et flétris que la société a rejetés de son sein, . l'histoire écrira pour la glorification du peuple et pour Thonneur de notre pays qu'une grande révolution s'est opérée en France sans guerre civile, sans vengeance et presque sans effusion de sang. Elle syoutera que les propriétés ont été respectées, que la liberté des personnes n'a subi aucune atteinte, et que, loin de s'accroître comme on aurait pu le craindre dans cet interrègne des lois, jes crimes et les. délits ordinaires ont même diminué d'une ma-

nière notable pendant toute la période révolutionnaire. Trouvez-moi donc un corps de magistrature en toques qui vaille la magistrature du peuple en personne !

Le peuple a-t-il encore des ennemis à combattre? Oh, oui ! voici venir le plus cruel de tous, le plus implacable, rcnnemi invisible, insaisissable, qui vous attend, non pas en face dans la rue, mais sur le seuil de votre foyer nu et glacé, la MISÈRE ! Si le peuple n'était mû par la foi qui engendre le dévouement; s'il calculait froidement les conséquences matérielles et immédiates d'une révolution, comme un homme d'affaires chiffre à l'avance les résultats d'une spéculation, oh! certainement le peuple n'interviendrait jamais sur la scène politique. Pour lui, la victoire se ttaduit tout d'abord en souffrances. Son pain quotidien, fort peu garanti la veille, devient encore plus incertain le lendemain. Quedis-je?il s'évanouit tout à fait avec le travail, qui en était la source. Les classes aisées souffrent aussi, je le reconnais, les revenus décroissent, les rentrées se font mal; toutefois on peut attendre. Mais ce qui n'est que gêne pour le riche, s'appelle détresse pour le pauvre. Le crédit s'en va, les payements se suspendent, les comman-

des s*arrêtent; lès f îchés déménagent, tés portefeuilles des banquiers restent engorgés de valeurs douteuses, fruits des folies de 1846 et 1847, et qui rendent toute liquidation impossible. Pas un négociant qui puisse se fendre un compte exact de la situation de ses propres affaires, encore moins de celles d^autrui. Panique universelle ! Adieu le travail et le pain ! Et pour combien de temps ? Quand les affaires reprendront-elles ? Autre anxiété plus terrible encore ; ni jour ni lendemain ! Aussi, malgré le dénoûment à jamais déplorable de ce grand drame de la misère , elle restera sublime , cette offrande des affamés à la patrie : Nous avons trois mois de misère au service de la République!

Et la parole fut religieusement tenue» je le soutiens et je le prouverai. Si la promesse n^eût pas été sincère, eût-on attendu pour la violer la présence d^une assemblée régulièrement élue, forte comme la nation elle-même, et plus puissante contre une insurrection que toutes les monarchies du monde réunies ? Non. Ce qui eût été facilement assailli et culbuté, c'eût été le gouvernement provisoire, qui ne tenait ses pouvoirs que des circonstances et ne reposait que sur le dévouement du peuple.

Paris était sam trouipes; Tancienne gardé nationale sans foîtîc morale, parce que ses tiadrcs resttiéints n'ettibl'aîssaîeiit pas l'uni ver^alltè des citoyens ; la uouVelle n'existait encore que sur le papier^ Or, il arriva qu'un jour, 17 mars, deux cent mille hommes, provoqués par une manifestation malencontreuse de la veille, où la main des royalistes se déguisait à peine, s'acheminèrent vers THôtcl de Ville en traversant Paris dans toutes les directions; une foule immense, massée comme les épis dans un champ, afflue sur la place de Grève. Jusqu*aux confins de l'horizon, l'œil ne découvre qu*un océan de têtes mouvantes. La marée monté, les vagues viennent battre le seuil de l'étroite enceinte où siège, de par le salut public, un pouvoir éphémère, né d'hier pour mourir demain. Qui les arrête? Comment se fait-il que ce pouvoir d'un jour, sans gardes el sans titres réguliers, soit plus en sûreté qu'une monarchie de quinze siècles entourée dé cent mille soldats t C'est que le peuple se contient lui-même parce qu'il se sent souverain et qu'il a pris charge de gouvernement. t)es paroles s'échangent, des mains se serrent. D'une part, on demande respect pour un Pouvoir qui n'est que l'image réfléchie du peuple

lui-même ; de l'autre, on répond par des acclamations de confiance. De la misère, qui a déjà Irouéplus d'une blouse et creusé plus d'un estomac, pas un mot. Les provocations de la veille, on les dédaigne ; les suggestions des meneurs, on les repousse. Les rangs se rompent, on défile. La pfeur et la stupeur, aux fenêtres, regardent passer ce lion démuselé, en se demandant ce qu'il va faire. Or je voudrais savoir combien il y eut de vengeances exercées et de boutiques pillées ce jour-là, 17 mars

Tel a été le peuple, intrépide au combat, généreux dans la victoire, protecteur de Tordre au milieu d'une crise effroyable, loi vivante en l'absence des lois, résigné devant la misère, confiant et naïf enfin jusqu'à la niaiserie, jusqu'à l'imprudence. Voyez plutôt !

Des clubs s'ouvrent. Paris et la France bouillonnent. Jette qui veut ses idées dans, cette fournaise. Point de consigne à la porte. Point de brevet de patriotisme. Il suffît de se dire républicain, on est écouté avec faveur. M. Baroche à Paris, M. Rouher dans le Puy-de- Dôme, M. Denjoy à Bordeaux, obtiennent des succès formidables. Sont-ce d'anciens'ennemis connus et avérés qui paraissent ? tant mieux

qncore ! dans la République comme au ciel les meilleures places sont réservées aux pécheurs convertis. M. de la Rochejaquelein ne se dérobe que difficilement aux honneurs de Tovation. Républicains! mais qui Test plus qu'eux? Socialistes ! mais il va sans dire que la Révolution ne saurait se borner à des changements de formes. En ayant les réformes sociales, la gratuité de la justice et de l'instruction, le droit au travail, Tabolition des impôts onéreux au pauvre, et quB sais-je ! Et n'allez pas douter de la sincérité de ces messieurs : leur vertu s'indignerait; le peuple prendrait leur parti. Dirai-je pour ma part que j'ai failli être maltraité comme modéré^ dans un club ardent présidé par un légitimiste ! 0 Jacques Ronhomme ! toujours le même ! tes ennemis peuvent viser au prix de l'habileté. Pour toi, je te décerne, sans concours, faute de concurrents, le prix de la droiture. Pourquoi faut-il que tu y ajoutes une confiance aveugle et une incorrigible naïveté !

Les élections de l'Assemblée constituante s'accomplirent sous l'impression de ces baisers Lamourette. Passons sur les causes accidentelles ou secondaires, retard des élections, maladresses, surprises, intrigues, influence du

clergé et aulreâ. C^ci féntfe datts Thistoire des partis. Quant au pieuplô, llné petisèô capitale inspiira ses choit ; la réConciliatîoB.

Elle ^'installe enflti, le 4 mai, cette Assemblée tâht désirée, objet de tant de Vœux, gage de tant d^espérances. Et que lui demandert-on? De formuler librement sa pensée quelle qu'elle soit, par un mot, par une inspiration du cœur. Si c'est la République, va pour la fté* publique. Et, sans être mise aux voix, la République est acclamée d'enthousiasme, spontanément, à l'unanimité, dix-sept fois de suite, sur la proposition de M» Berger, maire et représentant des barricades. Sur la foi de ces acclamations, le peuplé qui se presse autour de l'enceinte demande à féliciter ses représentants. Parmi ceux-ci bon nombre ne se prêtent que d'assez mauvaise grâce à l'accolade fraternelle, mais le peuple est trop ému pour bien lire ses destinées sur ces figures. Le peuple a trois bandeaux sur les yeux, la foi, l'espérance et l'amour. Les autres Ont trois maâques sur le visage, le calcul, la peur et la haine. On ne âé voit pas face à face, on ne se connaîtra que trop tard, on ne se Comprendra jamais!

Ici commence une ère nouvelle. La so.uve-

raineté n'est plus une abstraction philosophique. Le droit a pris corps. Il s'appeUe Assemblée constituante, La parole passe du peuple à ses représentants. Quels sont-ils? d'où viennent-ils? que vont^ils faire? On ne connaît l'arbre qu'à ses fruits^ dit rEvangilc. Si nous essayions cependant de la juger par ses racines ! Les fruits ne viendront que trop tôt I

lies partis au ie4 Marier.

La Republique a été proclamée le 24 février 1848, à quatre heures du soir. Je n'affirmerais pas que les conspirations contre la République aient commencé à quatre heures précises ; mais ce que je tiens pour certain, c'est que la nuit ne sçra pas descendue sur Paris sans couvrir de ses ténèbres plus d'une conspiration.

Les membres du gouvernement provisoire sont à peine en route pour l'Hôtel de Ville, que déjà les émissaires du parti bonapartiste y prononcent le nom du prince Louis; et le

prince n'est paa loin ; tout da moins fera-t*il grande diligence, car tous le trouverez sur la place le lendemain , parlant au peuple de soa héroïsme et se rangeant $om le drapeau de la République j sans autre ambition que de servir son pays. Quelle humilité ! L'ambition de servir ? Est-ce qu'à l'état de prétendant on peut en afficher d'autre ?

M. de Larochejaquelein se trouve là aussi l'un des premiers, le verbe haut, les cheveux en désordre, le visage épanoui. Mais, bieti qu'il déclame en termes amers contre la £amille d'Orléans, croyez- vous, là, de bonne foi, la main sur le cœur, que M. de Larochejaquelein vienne faire les affaires de la République ? Vous l'estimez trop pour cela !

Un autre personnage pénètre aussi à l'Hôtel de Ville, et plus facilement qu'il n'en sortira. Pour M. Léon de Maleville, comme pour les anciens membres de l'opposition dynastique» la partie de la régence n'est pas perdue» L'armée n'a pas dit son mot. L'armée s'est retirée du champ de bataille, il est vrai, mais sa retraite n'est pas une déroule. La bourgeoisie parisienne, victorieuse le 25 février, victorieuse . encore le 24 au matin, s'accommoderait assez d'un gouvernement faible qui lui

Ibîéflât toute Bâ prépondëraii«;e peeonquise* Qm députés et paire, re^ouvant cm "p^ 4^ «cm^ rage, «e refornient quelque piaft, prètiami des mèfiures, donnent des ordres» èl le reflait peut rappoiler à la famille d'Orléans «â eoir^ ronne emporte par lee ptemiètes ta^es. H est permis enfin de ne pas désë^rer lorsque dans la soirée même on reçoit» d'un memt)É^ d'un gduternement répuMicein; %ine leUre aittvi conçue : <k Ia^s ^fims qm ^m$ I9at^% 'dHt A prodamé In R^[mblique% Efnpê€he% lu dH^ <r cfc«we d'Oriëêms dt 9e mmiret, U ffv&mmt « n'est pûs pvpiee.'if

Ces tentatives, ces espérances, je ne les iïVcritiiine pas. Dans cette déshérence de Tàuto*rité, toutes les prèterittons poutaient hômiê-^ tentent se produire. M, Louis Bonaparte n'était pas tenu de se ranger sous les drtipetxwt ie la liépubliquè. M. de Larochejaquelein n'avait jamais prêté, <ïtiè je sache, le moindre serment à la démocratie. 'Quauf an& partisans de ht régettice, ils avaient même ea pt^ur eux» pendant

quelques heures, une apparente de possession d -Etat. La partie est^lïe d^nitivemenï alî>^ndtjnnée ?- Mais à èes hommes de cœur il rèfetè un rôle fcfrt ho#)raWe t s'abstenir et rëfûs'cr son concours, sans alïer toutefois lusqu'âux

hostilités ùtitèrlôB. Oui vt)U8 lè^rèptWîhewi? Qui vous demande Hen de plus? Mais atchflyer bru^mmêtit ia fiépubtîi|tt«^ mais oifrir ém 6ertîc6ft> maîB a(Sch«r son zMe, maïs preii^ dre dans le gouternement des positions tmportaAlès, tout tn oareasant dés éapérifi^ag eoùtraii^rea ; mais plaeer ainsi wa gros nen** songe ènUre «on cœur ^ ses lètrea; oh i je ne serai qu'un niais toute ma ^«^ j'en 4ii pMTv je ne aaurai jamais coneilier ees aHures a^ec le^>rt|;leB les plus vulgaires 4e ia

La République^ dès son premier pas* ren« contre un écueil aussi dangereux qu'imprévu : elle n'a plus d'ennemis I

Je crois voir un malade guéri subitement d'une plaie a la surface du corps. Miracle 1 une Ic^gèra friction» et tout a disparu ! Qui, mais le virus morbide est résorbé des extrémités sur un organe vital. Le malade n-en mourra pas, je l'espère biei^.; mais quek seront désormais les remèdes ass(^ énergiques pour opérer une cure radicale ?

Il ne faut émigrer ni au dehors ni au dfdanSy disait alors M. Thiers à ses amis. Ulysse et Sinon n*émigrèrent pas non plus; mais,, désespérant d'abattre Ilion par la force, ils s^y

glissèreat par ruse dans un cheyal de bois pour ouvrir les portes à rennemi.

; Le 25 février au soir, chez un ancien dfputè de Topposition que je pourrais nommer, se réunirent et se groupèrent, comme les oies dans l'orage, MM» Thiers, Léon Faucher, Duvcrgier de Hauranne, Abattueci et autres collègues d'infortune. Les débats s'ouvrirent sur la conduite à tenir.

Un trembleur de m.a connaissance débuta par dire : J'ai cinquante mille livres de rente, mais j'en donnerais bien une moitié pour sauver Fautre.'

— Dame ! poursuivit son voisin, il faut s'exécuter. Il faut des sacrifices. Le peuple a droit à de larges concessions. La conquête de ses droits politiques ne lui suffira pas. €e qui vient de s'accomplir, c'est mieux qu'une révolution politique, c'est une révolution sociale. Le

^ règne des privilèges est fini, bien fini. Gonsi-^ dérons-nous comme à une nouvelle nuit du 4 août, et voyons les sacrifices qu'exige la justice autant que la nécessité.

— Eh bien ! dit un troisième, que l'instruction soit déclarée gratuite et obligatoire. C'est par là qu'il faut commencer : l'instruction est

le premier droit des peuples» et le premier devoir des gouvernements.

— - Que la justice soit déclarée gratuiteaussi, ajouta le suivant, qu'on la débarrasse de ses formes surannées; coûteuses et compliquées, qui en interdisent racccs aux pauvres. Il va sans dire que Ta magistrature ne saurait con-^ Server le privilège de l'inamovibilité dans une République où toutes les fonctions seront essentiellement temporaires.

— Tout cela est bel et bien, répliqua un éconoimiste» mais ce qu'il faut, avant tout, aux classes pauvres, c'est la vie à bon marché. Et vous ne l'obtiendrez jamais sans l'abolition d^ impôts onéreux, des taxes indirectes et des octrois.

— D'accord ; tout notre système d'impôts est à refondre ; mais il y a des questions d'un ordre, supérieur qui se posent déjà dans les masses et qu'il nous faut aborder résolument. Que pensez-vous du droit au travail ?

— Il me paraît hors de conteste, répond le premier interlocuteur.

— Assurément, répliqua l'économiste, s'il y a au monde un droit sacré, c'est celui délivre en travaillant. Toute société qui ne garantit pas à Thonime de bonne volonté une occupa*

rorgamsation du travaUsmi^pQsjei au préaUWç l'oirg^uisali^n ducf é^iit, il mm &udr^^ par de imvi^ io^Ua^Ui^il^ d^émcH^a^^eir le ciféàii^ et le 9iett):e< k la poçt4$ de^ tout le mond^

-^lioiiijôt^nti, s'écriât le tçemtitear, yqilà tout un progr^m^mi; sociaii&^e,: (x% |e iie m'] cwm4* paa, ]?qm: m^ pari, j'y wq^firi^ t^Vantiers,, Jte Tsû dit; je «ui& prêt 4 saw% 1^ moitié de ma fortune h la ïiJép^Ulill^e^ Mais nos :j^ev gui $ioj»t les içjée^ d^i ÎQur„ eet-fie à QQUs de lôi;^ appliquertltous^ s^pimeç. sii$Vi^t^ 09 m »W& WQÎra pi^B. Ùttci ér^ WMiTeJlft Tout

à reparaîtra 4^ le reflux de. ^a Révolution xient nous remettre à flot; auquel cas, libres dfi tout wgagement^ nous rçiCi^eiUçrân^ le^.hénéfio^ de npb^^ ab4tenti(^i,

•rrr. La peiis ^çt k p^e d^s co^i^^illèriï*^ i^é^ pUqua vi:v0iiie;nt un kam^e d'ipltat ({lâ s<N^tait de sa cave. Noii^ 4»&tepir l i»«jla ee si^^n^i);^ foin^ ^ii^er à tout jafp^^i^l Jt'^ «uoi^ufi expérience des révolutions, ^ojfeJMIHM» Mm k# ré^oluti(M»^ iJl n'y a, <m*««fcl>oi^pîWt^ prendre: ae i^eir ^u travers ! on s^ fçf^A ^«a^r ; s^ traAX^r^l^i.qç^uel on gieraitremoiïf ué. HeltQiw wm barctoen^ à h tâte» et vous le» dirigerez.

feawBiQ* qui wX pr^tijiijé, lof ^ii^a,. Off*:^.»

49e^$ies\ {MTQçise^, (JUi«i à if^i prix. fûte3^^<)it« îicf f ptQç, PJUjS ^rd, (p v^içî^,,

d^UiU sur la fc^ d'ui» tris»J|oii4|t^ téiBMW qiii y prît part^ !^ais ^ ? 4»cj^W iaswmÎ3« h'^ tait pas là tout entière. A deux pas se fodrji^ u» «owU4 c^M^p^^. 4^6 i^befe 4u parti Ugitim^te ^ 4li p«if^ Q^^Uqu<^ qil^^ d^i^^ m^T tiômi d'aefi«iHMrep h leur p«<^fit. 1». Bé^ntmiK lÀ siés^aieid^t » «oJUe i^tre^ ai»U dn p0upl€^9 M. de Mo9tal^«|]^jrt^ M^ de FaltouiL, M.da Ya^tÎHheâniU M. \à duc de Mwyileiit U-. U (^ooM^ Bevgiiot, etfC^^ «(«. Unt pragraq»Bi€t f^t arrêté aussi. On y lisait en gvQS caractèvaa :

Lilierii de reiisei^^eiaant i Liberté de» culAéa l Liberté dftconsoieiiee!:

Liberté de la pvetsei Liberté dfa«sociatk)»l Liberté de réanioû I

Libertél Hbertél Qui en vent? en voîlâ. Oui en veut encore? nous en avons à revendre. Le tout débité sur la place publique, sous le cachet de M. de Montalenibert qui, six semaines lauparavant, dans un discours frénétique, applaudi par la Chambre des pairs, vouait toutes les libertés à l'exécration! Ah çàl mais il a donc sur les yeux une cataracte grosse comme une montagne; mais il est donc voué aux ténèbres éternelles^ ce peuple qui persiste à confier i M. de Montaleiiibert la garde de ses libertés !

Liberté ! le mot est rude à prononcer pour des^ apologistes de Tinquisitiou ; taais , que voulez-vous? Le peuple veille encore, debout, autour du berceau de la Révolution. Il faut bien offrir quelques gâteaux à Cerbère. Plus tard, on lui jettera des boulettes. Ici comme ailleurs, les programmes secrets finissent par ce post^ scriptum tacite : On verrai

On verra ! Que de choses dans ces trois syllabes ! Remarquez bien de quel ton cela se dit, à voix basse, d'un signe, d'un geste, et vous y découvrirez tout un plan de campagne.

Accepter d'abord la République avec toutes ses conséquences ; entonner des hymnes à la névolulioii; glorifier ses marfyr.i; souscrire

ponr les bleffsës de Février ; épuiser le vocâJ butaire des éloges pour le plus sublime des peuples, dont la générosité et la délicatesse surpassent de beaucoup celles de beaucoup de corps pçUtiques qui ont dominé la France depuis soixante ans {M. deFalloux); proclamer le grand principe d?e la solidarité humaine; réclamer le droit pour tous ; déclarer qu'on ne saurait toucher au droit d'un seul individu sans que ceux de la nation tout entière soient menacée {M. de Vatïmesnil); protester contre toute pensée de réaction; s'indigner à ce mot; traiter de calomniateurs ceux qui osent le prononcer [Assemblée nationale); itniter le diable que Dieu forçait à louer les saints ; appeler les bénédictions du ciel sur les arbres de la liberté, tout en empoisonnant l'eau bénite qui doit les arroser ; c'est la première partie du prc^ammc, et, par le dieu de Thersite, par le dieu de Moron, je vous Jure bien que M. Fould et M. Véron n'y manqueront pas.

En même temps, raviver les vieilles haines; rappeler la distinction des classes ; pousser le peuple contre la bourgeoisie et la bourgeoisie contre le peuple ; exciter l'une, agacer l'autre; prêcher, la confiance à Paris et semer la défiance dans les départemcn!s*; menacer la ca-

pitale de la réaction des proviocjes, et âffrayer lea provinces du mouvement de Paria; réveiU 1er des souvenirs p^iblea/ évoquer les ombrea de la Terreur ; mener le deuil de la religion, de la famille et de la propriété, qui se porteni fort bien, et que personne no menace; distin* guer entre le gouvernement et »es agents; dé* none^r les subalternes à leurs çbe£i et ceax-o) %\kx pofKulations ; s'agenouiller devant deskom-* mes qu'à distance on fait passeir pour dea sa*» ti'apea; répandre, eolin^ mille petits bruits ea-» lov^ûeux qvi ioat tout doucettement kuf che* min Jusqu'à ee qu'il i^'ensuive un dkorédit complet : c'est la seconde partie dn pro^ graowQ, et^ par le dieu de Tartufe , par la dieiji de Bamlo , je vous jure bien que M. de Montaleakbert et M. de Failoux a'y manqua-* ront pas.

Épier les fautes inévitables d'un goufver nement de révolution; lui susciter des embarras, et lui soutirer ses ressources ; mettre m fuite les capdtaus par la panique et redonUet les craintes par la disparition dea capitaux; créer la misère pour s'en faire une arme ^ accnler )a République à la déplorable ressovrœ d<« centributions extraordinaires, et s'armer contre la République de Timpopularité^ de ces mesures^;

grandir le fantôme dû communisme afin qu'il projette son ombre sur toute la République; lancer les socialistes sur les communistes ; les républicains sur les socialistes ; cent du lendemain contre ceux de la veille; M. Ledru- RôHin contre M. Louis Blanc, M. de Lamartine contre M. Ledru-RoUin , comme plus tard on lancera M. Cavaignac contre M. de Lamartine, M. Bonaparte contre M. Cavaignac, M. de Join- Tille contre M. Bonaparte, et^le comte de Chambord contre tous; intriguer, cabaler, diviser, diviser surtout, souffler même le feu de la sédition par des émissaires secrets, afin que, de guerre lasse , la France en ruine demande un roi : c'est la troisième partie du programme, et, par le Dieu de Machiavel, par le Dieu de Talleyrand , je vous Jure bien que M. de Broglie et M. Mole n'y manqueront pas.

Cette histoire des partis, cette comédie qui eût passé, M y a trois ans, pour le cauchemar d^in fou malade , elle s'est déroulée sous nos yeux, elle continue , et nous ne savons trop Comment elle finira , net deu$ intersit, c'est-àdire à moins que le peuple ne remonte sur la scène, ne chasse les acteurs et ne fournisse le dénoûment demandé.

Le premier acte surtout a été joué avec ce

talent consommé qui laisse place à toutes les illusions. Les adhésions à la République ont eu un caractère de spontanéité, d'universalité, d'enthousiasme et d'élan, qui devait tromper tout le monde. Maréchaux, généraux, anciens aides de camp, anciens familiers du château, anciens ministres, anciens députés, anciens pairs de France, évêques, magistrats, corps administratifs, fonctionnaires de tout ordre, grands propriétaires, riches banquiers, négociants, notables, tous à Venvi, et sans se concerter, se sont empressés d'apporter leur dévouement aux pieds de la République ; comme si le salut pour eux eût été le prix de la course, et quelquefois, pourquoi ne le dirais-je pas, le prix de la bassesse. Jamais gouvernement ne fut salué d'autant d'acclamations. Jamais gouvernement n'eut plus de raisons de se croire et de se dire légitime. Et c'est là ce qu'on ose traiter aujourd'hui d'escamotage ! Mais, au nom du ciel, ayez donc quelque souci de la dignité de tout un peuple , si ce n'est de la vôtre. Ne faites pas écrire par l'histoire qu'une nation de trente-six millions d'hommes se soit laissé imposer par une poignée d^insurgés une forme de gouvernement qui lui répugnait, sans que, des Alpes aux Pyrénées, de Dunkerque à Tou-

Ion, une seule voix se^&oit élevée pour protester contre cette usurpation !

De la part dupeuple, l'adhésion fut franche et sans réserve. Parmi les hommes politiques qui appartenaient à Técole du passé, j'admets aussi que bon nombre se soient subitement convertis . à la lueur des éclairs de Février, comme Saul snP le chemin de Damas. J'en sais, et des plus importants, qui n'ont pas chancelé depuis dans leur foi nouvelle. De persécuteurs ils se sont faits les amis, les appuis, les conseils éclairés des républicains. Mais, quant à ce qu'on nonune les chefs de parti, je ne leur ferai jamais l'honneur de croire à leur sincérité, ni dans le présent, ni dans le passé. Et, chose remarquable, les protestations les plus menteuses sont précisément les plus chaleureuses. Pour vous en convaincre relisez, si vous en avez le courage, les professions dé foi, les écrits du temps, la Patrie, V Assemblée nationale, l'Fmon, le Constitutionnel tous les journaux enfin qui ont entonné depuis un si beau concert de hurlements contre la République!

Je ne me sens plus la force de remuer toutes ces archives de l'apostasie. Un écrivain courageux, M. de Girardin, y puise de temps à autre

poar lancer quelques irait» à ses adversaires. Si M. de Girardin croit les atteindre, il se trompe. Ces messieurs habitent des régions bien sufiérieures à la droiture et à la probité, >rertus vulgaires, bonnes, -comme la religion, pour le peuple, mais trop gênantes pour les évolutions des partis. Leur réponse d'ailleurs est écrite tout au long de^is deux siècles dans le cinquième acte du chef-d'œuvre de Molière. La maison est à tux, t/s vous le feront eonntidtre. Ils ne commenceront à rougir ou olutôt à pâlir qu'à l'approche de l'exempt qui es saisira en flagrant délit.

vu

lie coneonr» de» royaliefee.

11 y a quelques mois M. de Falloux publiait» dans la Revue des De^iX'MondeSj une espèce de mémoire justificatif de la conduite de son parti depuis trois ans. Avec cette ironie de bon goût qui perce à peine sous les phrases polies de rhomme bien élevé, il retraçait avec complaisance les services sans nomibre rendus à la République par lui et par ses amis. Les con* clusions du mémoire se tiraient d'elles-mêmes. Après d'aussi éminents services on avait bien le droit de se déclarer quitte envers la République et de porter son dévouement ailleurs.

Peut-être aussi M. de. Falloux éprouvait-il le besoin de justifier ces paroles qu'il prononça un jour à la tribune de l'Assemblée constituante :

« La République a été fondée ici, le 4 mai, « le jour où, en présence de la population de « Paris tout entière, à la face d'an soleil race dietix comme les cœurs et les visages, nous ^ sommes venus tous ensemble, sans exception, c( proclamer la République. »

Autres temps, autres phrases. Il est convenu aujourd'hui que personne n'a proclamé la République. La moindre allusion à ces souvenirs soulève dans les rangs de la droite des tonnerres d'imprécations. Oiî dirait un chœur de damnés, s'écriant : Non, nous n'avons jan^is péché, le Moniteur en a menti !

Mais, de son propre aveu, M. de Falloux a péché. Aux yeux des purs de son parti, il est coupable d'avoir mis son talent, son zèle, ses veilles et jusqu'à sa santé au service de la République. Ahlque n'est-il resté innocent?

Les premières traces du concours des royalistes, on les retrouve dès les premiers pas de la Révolution. Qu'il me soit permis de placer ici un souvenir tout personnel.

Au nombre des embarras légués par la mo-

];iarchie à la République, figuraient les dépôts des caisses d'épargne. Convertis en rentes sur l'Etat, ces dépôts, qui ^'élevaient à près de quatre cents millions, n'étaient plus disponi^ blés. Les déposants n'en réclamaient pas moins leurs fonds avec fureur. A la porte de la caisse d'épargne de mon département se pressait une foule tumultueuse. Faute de finances, nous ne pouvions l'apaiser, mes amis et moi, que par des promesses et des exhortations à la confiance. Et, à ce sujet, je saisis l'occasion de rendre à M. le receveur général, pour son zèle et son désintéressement, un hommage mérité.

Il fallut convoquer MM. les administrateurs de la caisse d'épargne. D'autres citoyens notables se présentèrent. Tous ensemble, on convint de réunir ses effortjs pour dissiper des alarmes sans fondement. Une proclamation fut affichée dans ce but. On en attendait les plus heureux effets.

Le dimanche suivant^ à mon grand étonne ment, TafOuence redouble. C'est presque un^. émeute. Les femmes surtout se distinguent par leurs vociférations. C'est par centaines de mille francs que se chiffrent les réclamations. Eh quoi I la ville est tranquille, la République n'y

rencontre pftsun dissident. Ceui qui, parconirieiion ou par reconnaiftsanoe, auraient bien le droit de s'abstenir, te montrent les plus empressés, et les inquiétudes redoublent en pt>oportion des marqœs de eonfianee qu'on nous prodigue! D'où cela peut-il venir?

L'idée me vient de compulser sur les registres les noms, la qualité et la situation présumée des réclamants. Et, dès la seconde page, je m'écrie : Nous sommes trahis ! Quels' étaient done ces créanciers qui ne pouvaient accorder une heure de répit à la République? Les domestiques des royalistes, les ouvriers des royalistes, tout ce qui, de près ou de loin, subissait ^influence des royalistee. Au grand jour, on nous disait : Nous vous aiderons, comptez sur nous. Dans Tombre, on disait au& êtres ftiibles, aux femmes surtout, que la peur talonne toujours : Ailes vite retirer votre argent, sinon il elt perdu 1

Je pris la plume, et, dans un journal que je rédigeais «lors, je signalai ces manœuvres en menaçant de p'ublier les noms si elles se reproduisaient. Àuraift-je exécuté cette menace ? Mes amis, mes ennemis eux-mêmes, si j'en ai, savent aujourd'hui à quoi s'en tenir. Mais alors on pouvait le craindre, et la publication de oer-

tains Aonis en de certaina jour» a Uon sa gra« Tité. Ce lut fini| tout s'apaisa.

Si les choses se passaient partout ainsi^ et tout m'autorise à le eroire^ par ma foi# la Ré* publique doit de belles aelions de grâces ans amis de M. de Falloux I

Je tne place à un autre point de Tue* En de^ hors du cercle des fonctions politiques (cee messîeura n'y prétendaient pas enoorse )f II existe d'autres fonctions» sociales en qoelqoo sorte, et qui n'ont pas une moindre importance» La grande industrie et la grande pro{Mriété ont des dcToirs : richesse oblige^ En dépit de l'é** galité que la France a prisa pour enseigne, il dépend encore de TÎngtrcinq mille familles otl France d'accélérer le mouvement de la TÎe sociale en surexcitant le travail par des comman des, ou de le suspendre par Tabstention. Et«. e'estf dans un sens^ le concours le pins sim^ pie et le plus utile, comraedans Tantre, la plus eof&mode et la plus perfide des conspirations i Demaiidez à la monai^hie de Juillet de quel poids a pesé sur Tessof de la prospérité publi» qne, pendant ses premières années, risolemetit dédaigneux des légitimistes. Or^ s'il est d<'ii cas où le travail, toujours nécessaire, devienne indispensable aux classes qui on vivent, c'ent

a&sarément dans les {HTemicr» jours d^une révolution. Et, s'il y a des familles qui" doivent y eompter, ee soînt avant tout celles qui« sur la foi des traditions, sont restées des trente années durant courbée» sur la mènie glèbe, clouées au même métier. Maintenir alors son train de maison, continua son train de cnlture, faire les mêmes dépenses , devancer au besoin et au prix de quelques sacrifices, des travaux de construction ou de réparation projetés, ce n'est point une obligation positive, je le sais, elle n'est pas écrite dans noâ Codes, mais ce n'en est pas moins un devoir de boni citoyen. Eh bien I ce devoir, comment fut-il renipli ? ' Pourquoi ces hôtels abandonnés? Où vont ces équipages qui fuient sur toutes les routes? Et dans les provinces, <)omment se fait*il que ce mur, à moitié construit, ne s'achève, pas; que ce fossé se remplisse d'eau, que ces vignes ne se taillent point, que ces champs même ho se cultivent plus? J'entends bien la réponse, c'est celle de la chanson : Dieu nous àffUgepuious sommes pauvres, mon cher fils. Que je vous plains! Mais, encore un peu de temps et vous serez riches! Et alors, reprenant l'airogance qui sied si bien n la prosvpéritc, vous donnerez du travail Ci^ntii* des bulletins do vole, ou vous

répondrez : — Allez demander du travail à la. République I

J'ai Yu souvent s'exercer sur les boulevards une industrie que la police ne devrait pas tolérer. Des misérables tiennent des oiseaux en cage et se font acheter leur liberté par les passants apitoyés.

J'ai vu dans l'histoire, et je le cite souvent comme le necplus ultra de rhypocrisic, j'ai vu un empereur tenir un pape en cage et faire dire des prières dans toute la chrétienté pour sa délivrance.

J'ai vu enfin des gens prier dans les églises pour la prospérité de la République qu'ils affamaient par leurs économies calculées.

(l'était le concours des royalistes,

C'était la parole tenue par M. de Falloux et ses amis.

Ainsi :

Les ouvriers pauvres disaient : Nous avons trois mois de misère au service de la République.

Et les fainéants^ riches répondaient : Nous aurons bien trois siècles de rancunes, mais nous n'avons pas trois jours, trois heures, trois écus de bonne volonté au service de l'humanité.

Il est vrai que ceux-ci étaient les honnêtes gens !

YIIÏ

lia JPaf f*le %t les CoBmntfwaîrmk

Jfe ne puis sortir de ce 25 février, tout m'y arrête : et la grandeur des événements, et l'étrangeté des parades qui se jouaient à tous les carrefourif. Mais il me faut laisser la parole à la Patrie. Vous connaissez la Patrie? c'est un journal en crédit, à tel point que pour les annonces officielles il a le plus souvent vingtquatre heures d'avance sur le Hfonitmir. Les amis de Pordre n'ont pas d'organe plus dévoué. La Patrie jouira donc auprès de mes lecteurs d'une autorité à laquelle je ne saurais pré-»

tendre. Et puis je ti'af jamais été dânefe iréVoItitionnaire pour écrire ceci :

(t Les départements suivront lotis le sublMe « mouvement de Paris. Mais il y â dans les dé-- « parlements, à la tête des divers services, deè « hommes habiles dans la trahison qui feindront « d^acceplerle régime ré jiublicaîn , nourrissâht et dans leur cœur de coupables espérances; hier <c courtisans du monopole , ils se feront leâ « couftisans du peuple, platement, avec des « haines sous leur platitude,

a II faut des hommes nouveaux aux choses « nouvelles.

c< Le Gouvernement provisoire enverra donc <i immédiatement dans chaque département un c( commissaire du Gouvernement, provisoire « pour révolutionner le département , c'est-à-dire « remplacer les hommes et les systèmes^ faire « rentrer dans le mépris public^ dans lequel ils a ont vécUf les hommes de la corruption et des « abm

« Nous le disons de toutes nos forces. «<t.

« L'envoi des commiësdires eèt l'œuvré la a plus urgente... Lbl France entière saluera ces a commissaires Avec acclamatidih..

c( Soyez grands comme la justice» terribles a comme elle, etc., etc. »

Ouf! l'haleine me manque. Ce style me donne des vertiges, je n'y suis pas fait; vite un coup de pouce à la lanterne magique, le tableau va changer.

Ces commissaires, sollicités en termes aussi pressants, comment sont-ils accueillis par ks néophytes de la République? Très-bien, à la seule condition de ne toucher à rien des hommes et des choses du passé, d'arrêter dans les départements le sublime mouvement parti de Paris, de conserver à leur parti les hommes habiles dans la trahison, d'encourager leurs coupables espérances f en un mot, de ne point révolutionner les départements. Les commissaires seront même l'objet de caresses toutes particulières, sans platitude bien entendu, pourvu qu'ils consentent à favoriser l'élection de 'têts et tels personnages, de M. Baroche, par exemple, qui arrivera sous leur couvert à l'Assemblée constituante.

Mais , pour peu qu'ils essayent de faire ren trcr dans le mépris dans lequel ils on t vécu ks hommes des abus et de la corruption, haro ! 11 n'y a sorte de petites tracasseries qu'on ne leur suscite.

'—77 — de petites misères qu'on ne leur fasse, d'émeutes qu'on ne provoque, de guerre sourde qu'on n'organise contre ces pauvres commissaires. Ici un général refuse d'obéir, là un maire se perpétue dans les fonctions, malgré l'-arrèté qui l'a suspendu. Ailleurs, c'est l'évéque qui maintient dans sa paroisse un prêtre séditieux. Contre le représentant de l'autorité centrale, on soulève l'esprit de liberté dont les communes sont si jalouses; contre l'étranger, les amourspropres de localité. Le commissaire prend*il une mesure populaire, la garde nationale, gardienne des vieux privilèges, dresse ses batteries contre la préfecture. S'appuie*t-il sur la garde nationale, c'est le peuple qu'on ameute contre lui dans des clubs forcenés, organisés le plus souvent par des royalistes. A l'ouvrier sans travail qui souffre et jeûne (on doit savoir pourquoi), on a grand soin d'apprendre que le préfet nouveau reçoit 40 fr. par jour, sans ajouter que le traitement de l'ancien préfet, dans certains pays, s'élevait au double. Allez 1 braves gens, votre tâche est rude, mais aussi vous savez la récompense qui vous attend de la part des gens que vous aurez sauvés

de leurs peurs la calomnie )

Y a-t-il injures, insultes, iutpostures, outra-

g63, qu'on n'fiit ^em^ §t rép^^duspar d^ milliers 4§ bQUohe^ et par 4^9 milliers d'écrits contre les commi^^^ires du gouYernem6(|t pr^r TÎsaîre? Terribles proconsuls, qui» toqtea flairant la trabisQp, n'ppt pas ordonné une iMule arrestation 1 Fopfitionnaires rapac^a qui ep ont été pour \WF^ frais de déplao^meutl ]Mais aussi, pourquoi w port^iewt^ils f^ ^^ lean-

Que les choiï p'aient pas tous été des plus

heureux, je suis trop impartial pour n'w pas oouveuir. Ainsi, certain arroudiasemout de la Sein^-înférieure a eu le malheur d'être administré par un repris de justice. Mais quel dommage, en v^ité» ppur les déçlax&atours, que pe malbeureux n'ait été nommé quQ aurlareçommaqdation expresse d» l'ar^bevéque de

Pari? !

Ia liévolution de février, au nurplu&t n*eat paa la §«ule qui ait liyré la France aux com^ mi^s^irea.^ Je • m parle P95 des agents électovmi de la réaction, j^ y*ux dii^ de la religion, de la famille et d^ h propriété, qui ec font condamner peur escroquerie pw lei tribunaux eorreotionuf^s ; j'.entend§ de imn^ et

bons commissaires généraux et apécj^U^, tels

queuoua en a donpé^, è son joyeux «^véuemfnt,

la douce» clémente et bienheureuse Restaura* tion de 1815.

Les commissaires d'alors , ^e ne sais s'ils devaient leurs nominations à des archevêques. J'ignore également s'ils ont rendu leurs comptes, et si la chambre ardente de 1815 s'est montrée aussi bienveillante pour eux que M. Ducos pour les nôtres* Je veux croire à leur honneur qu'ils ont rempli leurs missions gratiSf sauf les 12 millions en or du trésor de l'empereur, qu'ils avaient pillé dans des fourgons sur la place du Carrousel. (Voir V Histoire de M. de Yaulabellc et les Mémoires de M. de Chateaubriand.) Mais ce que je sais parfaitement, c'est que les populations tremblaient sur le pssaage de MM. les commissaires généraux et spéciaux de 1815. La délation avec primes était à Tordre du jour, les dénonciations pleuvaienty les arrestations se multipliaient, les prisons regorgeaient. On ne promenait pas la guillotine de ville en ville, non ; mais, sous les yeux des commissaires, on chassait au patriote, dans tout le Midi, au fusil et au couteau. Mais on assassinait publiquement à Avignon, à Nîmes, à Uzès, à Montauban et à Toulouse. On assassinait juridiquement à Paris, à Lyon et à Bordeaux. C'était le bon temps.

Oh ! je sais bien ce qu'on me répondra ! On me répondra que MM. les commissaires portaient des manchettes, et qu'ils étaient tous chevaliers, barons, comtes, marquis, ducs, grands-ducs, voire princes légitimes de la famille royale, partant amis de l'ordre et les plus honnêtes* gens du monde. Aussi je m'arrête et je m'incline. Ce que c'est que d'avoir réponse à tout !

lie» 45 centlntes.

Au feu l'histoire ! Brisons la glace ! sinon j'en use encore, et tant pis pour qui s'y reconnaîtra ! Puisque ce bon peuple n'a pas de mémoire, ne faut-il pas que les écrivains du peuple en aient pour lui ?

Quand la République mit à la voile : Bon voyage ! se dirent ses ennemis ; le bâtiment n'a pas pour un mois de vivres. Avant un mois on s'y entre-dévorera.

La banqueroute, en effet, paraissait imminente. Déjà, dans la discussion de Tadresse, qui précéda de quelques semaines la Révolu-

tion de février, les orateurs de l'opposition, M. Thiers, M. Fould, M. Léon Faucher, M. Jules de Lasteyrie, avaient signalé Fétat déplorable de nos finances et prédit une catastrophe. Une catastrophe en pleine paix! Que serait-ce donc en pleine révolution ?

La dette flottante à eile seule atteignait presque un milliard : dette exigible, soit immédia> tement, soit à courtes échéances. Pour avoir une idée de cette situation, demandez à un négociant sur quel oreiller il dormirait en face de lettres de change cinq fois plus fortes que sou encaisse, et sans autres ressources que des rentrées incertaines et à long terme?

De plus, à payer> le 22 mars, 75 millions pQ^r un sçmestrç de la rent« 5 0/0,

Ajoytq^ry les dépen^ç§ cwsidéraJbJes qu'entraioaiei)! un p^uplç d'affaim^s à nourrir^ la misère à combattre, ^t la réorg^pis^tioa d'uue armée qui au 1*' mar§ n'aurait pa3 çu claquante mille hommes k mettra w UgQe cooti*^ l'Europe cpalisée, ïl y avait dfi quoi terrifiçr les esprits les plu$ avpntureu:!^ }

Divers moyens se prés§alaiei|t. paurla»t, J^ plus simple con^staii à ne pay^r par^nive. Il fut indiqué par un ami de l'ordre qui occupe aiyourd'hui nm positiç^\ iu^portautiç. Il n'y a

que les honnêtes gens pour imaginer de pareils expédients. Les malhonnêtes révisèrent.

Mieux avisé, un banquier fort connu proposa un emprunt forcé sur tes riches ; il se chargeait même d'indiquer le chiffre des fortunes. L^faonnête banquier fut éconduît par M. Ledru-RoUin, qui a passé depuis pour un voleur.

Si au moins Ton avait pu compter sur le produit des contributions indirectes, qui forment les deux tiers des ressources de l'Etat ! Mais, outre le double mérite d'être inique et vexatoire au premier chef, le système dee contributions indirectes jouit encore d'un avantage tout particulier, c'est que ses produits se réduisent et tendent à disparaître juste au moment où l'Etat en a le plus grand besoin. La moindre crise politique, économique ou commerciale, en tarit la source. Raison de plus pour prôner et maintenir ce régime, n'est-il pas vraiî Le crédit de l'Etat y gagne beaucoup. Voyez à quel taux. l'Etat emprunte en offrant des gages aussi certains !

Tout emprunt devenant impossible, l'emprunt voté en 1847 ne se réalisant même pas ; le crédit privé aux abois tendant la main, non pour offrir des secours, mais pour en implo-

rer ; les revenus indirects enfin décroissant à Yue d'œil ; à qui s^adresser pour parer aux exigences d'une situation désespérée? Â l'impôt direct. Le Gouvernement provisoire décréta la contribution extraordinaire des 45 centimes. Ce n'est pas aux républicains à l'en remercier. Convenons toutefois qu'il fallut, à des hommes qui ne vivaient que de leur popularité, un certain courage pour jse dévouer ainsi, sciemment, sans espoir de retour, à la plus cruelle, à la plus longue, à la plus implacable des impopularités.

Les 45 centimes ! c'est à cette embuscade que nous attendaient nos ennemis. Ils avaient prévu que le navire n'aurait pas pour trois mois de vivres. Quelle malice ! Ils avaient tout dévoré d'avance ! Ils n'oubliaient qu'une chose, les malheureux, c'est qu'ils étaient eux-mêmes à bord, simples passagers, si l'on veut, mais passagers des plus gras. Préféraient-ils être dévorés? Je suis tenté de le croire; ils faisaient tout pour cela. La haine ne calcule pas. Peu importe à Samson d'être écrasé par la chute de l'édifice qu'il ébranle, pourvu que ses ennemis soient écrasés avec lui I

Les 45 centimes 1 Quel beau thème à exploiter contre la République ! Comment I on

a le bonheur d'avoir sous la main un peuple ignorant, crédule, étranger aux affaires de FÉtat, à ses propres affaires, un peuple qui n'a jamais Vu dans le gouvernement qu'un fléau, et qui ne le connaît que par les mains crochues du percepteur et des commis; ce peuple, cet affranchi d'hier qui compte sur un gouvernement à bon marché, se voit, dès la première quinzaine, saigné et rançonné par. un impôt nouveau ; et on ne lui dépeindra pas la République comme un fléau pire que tous les précédents ! Mais ce serait manquer au; premières règles de l'habileté politique !

L'étonnement douloureux du peuple se traduisit par ces paroles naïves des paysans bretons : A qui payer? vous nous la baillez belle ! Il n'y a plus de roi !!! C'est là de la foi royaliste, si l'on veut, mais une foi qui assimile la royauté à la grêle et à la gelée ; je n'en suis pas trop jaloux pour la République, il n'y a plus de roi! c'est vrai : mais, d'abord, le roi ne mangeait pas 1,400 millions par an à lui tout seul : il eût été trop gras. Il y avait, comme il y a encore, des services publics à entretenir, la justice à rendre, les routes à entretenir, le territoire à protéger, outre une dette publique à payer, car le roi a fait des dettes pour votre

— recompte, sans compter les siennes propres qu'il ne s'empresse pas de payçr, bien qu'il soit plus riche que vous. La famille royale ne possédant guère, après son malheur, que 500 millions environ de terres au soleil, c'est-à-dire Tavoir de vingt mille familles dans Paisance, de deux millions de familles dans Findigence, je conçois que Ton s'apitoie sur son sort. Je conçois aussi que ses créanciers lui accordent du répit. Des amis officieux en profiteront pour racheter les dettes de leur roi à 40 pour 100 de profit pour lui et de perte pour ses créanciers. Mais vous, mes braves paysans, qui n'êtes pas riches et qui n'entendez rien à ces pratiques, payez! payez! ce ne sont pas les premières dettes de vos princes que vous acquitterez ainsi de vos sueurs. Pourvu que ce soient les dernières !

Mais je m'aperçois que je sonne la cloche à des sourds. Le paysan n'a vu et n'a pu voir, dans l'impôt des 45 centimes, qu'un surcroît de fardeau à porter. Il pliait déjà, il succomba. Et comme, pour lui, le roi avait toujours tout avalé, c'était nécessairement le nouveau roi, M, Ledru-RoUin, qui avait ipis dans la poche de son çilet, en monnaie et en gros sous, les 150 millions que produisirent les 45 centimes,

a^ec les clQches de Notre-Da^ie, et les toqrs en g^ise d'appoint.

Si les paysans avçtient pu en douter, MM. le& royalistes étaient là poui* les convaincre. Trois an§ 3ç sont écoulés depuis, et dans les cam- Pf^gneg il circule encore des fables si absurdes^ qu'elles dérçutent le raisonnement, les preu-» \çs> la lumière, Tévidence. Voilà de bonnes gens qui ont Tâge d'homme et qui ne manquent pas d'une certaine finesse, car ils s'entendent ausgibien que d'autres à leurs petites affaires : essayer de leur donner quelque idée de notre mécanisme financier ; expliquez-leur comment la moindre somme versée et reçue se retrouva plus tard dans des comptes sévèrement épluchés par des magistrats spéciaux. Ajoutez qu'a-« près de sottes criailleries, les ennemis de la République ont été forcés de rendre hommage à la stricte probité, mieux que cela^ à la délicatesse , mieux encore , au désintéressement des parrains de la République; vous aurez perdu votre temps : vous aurez versé de l'eau dans un vase hermétiquement clo$. Yous perceriez plutôt le Mont-Blanc avec une vrille que la croûte d'ignorance soigneusement entretenue sur l'esprit du peuple par ses ennxjmis. Précieux bandeau qui ne permet qu'à Timpos-

ture de passer! Les membres du Gouvernement provisoire ont empoché le produit des 45 centimes, c'est convenu !

J'ai eu le malheur de contribuer bénévolement, et pour ma faible part, au recouvrement de ce malencontreux impôt, et, je dois le dire, J'ai trouvé des plaintes partout, de la résistance nulle part. Le peuple se résignait. Les plus récalcitrants étaient généralement lès plus aisés. Los propriétaires riches s'apitoyaient sur les souffrances des pauvres, et se plaignaient de la dureté des temps, tout en retirant de la Banque des fonds disponibles. C'est ainsi que va le monde. Les royalistes tricolores se gardaient bien de rappeler que la monarchie à bon marché avait débuté, en 1830, par un impôt extraordinaire de trente centimes^ prélude d'emprunts successifs et ruineux. A plus forte raison les royalistes blancs passaient-ils sous silence, non pas les trente centimes, non pas les quarante-cinq centimes^ mais bien les SOIXANTE CENTIMES EXTRA- ORDINAIRES imposés à son retour de Gand en 1815, par Louis le Désiré à ses bien-aimés sujets, sans compter 1° un emprunt forcé de cent millions; 2*" trente-cinq millions pour l'acquis des dettes des princes à l'étranger ; 3** sept

cent cifiquante-deux millions pour liquider les dettes de TEmpire ; 4" sept cents millions à nos bons amis les ennemis, à titre de frais de la guerre; 5° cent cinquante millions pour entretenir trois années durant des Cosaques en France ; 6** devujc cents millions pour restaurer en Espagne le plus misérable des rpis ; T un milliard aux émigrés, qui en deman4aient le double pour avoir ouvert à l'ennemi les portes de la France. Et notez bien qu'il ne s'agissait pas alors de rémettre nos armées sur le pied de guerre ; non , puisqu'on licenciait sans solde les débris mutilés de Waterloo. On n'empruntait pas non plus pour ravitailler nos places fortes, réparer le matériel, remplir nos arsenaux, remettre les canons sur leurs affûts; non, puisqu'on livrait canons, affûts, arsenaux et places fortes à l'ennemi. Mais je vais trop loin, je devrais imiter le silence discret des royalistes. Il n'est peut-être pas bon que le peuple sache toutes ces choses-là.

S'il n'était superflu aujourd'hui d'analyser les causes qui influèrent sur la composi* tion de l'Assemblée constituante, nous remarquerions que le retard des élections y fut pour beaucoup, en donnant aux tronçons épars des vieux partis le temps de se rejoindre et de se

coaliser contre la République ; mais il faudrait attribuer la plus large part à la gène universelle entretenue par la réaction et retournée contre la République ; à Timpôt des 45 centimes habilement exploité ; au dénigrement systématique des actes du gouvernement, et à la calomnie qui commençait à sifBer contre les personnes. Grâce à ces honnêtes moyens, les royalistes entrèrent en force dans TAssemblée constituante. Le conseil de M. Thiers avait été suivi, on n'avait pas émigré. Loin de là, on se trouvait au cœur de la place : excellente position pour la démolir.

C'est ici, c'est à dater du 4 mai, que les services de M. de Falloux et de ses amis, rehaussés par des positions officielles, vont devenir plus éclatants que jamais.

^^r ^^^^^^* ^^ JP^ 0^m^Mmi

Quatre dates résupicnl la carrière politique de r^seo^bléç constituante : 23 juip, 4 novembrç^ \0 décembm 1848, et 29 janvier 1849. lO^UfrçQtiQD de Juin, vote de la Gop^titutioP) élQçtÎQ.u du présideat de la République^ et complot du ^9 janvier. Les incidents secanà%U^ ç'ef&eeot devant l'importance de ces

Pqujç uq républicî^iUi pQur tout homme qui ^ )i9 p^u dq cqDur, le drape sanglant du 23 jyiPi précédé du prologue gro^e^uç du 15 mai, uç r^Y^iUç^a ^sunais quo d^ poij^oapts souvenirs :

une lutte fratricide qui laisse trois mille cadavres sur le pavé, et qui jette douze mille hommes, cadavres vivants, sur les pontons; cette lutte ne peut s*écrire qu'avec des larmes. Les royalistes en ont conservé de tout autres impressions, si j'en juge par le plaisir qu'ils éprouvent à rappeler à tout propos, et même hors de propos, ces déplorables journées. La République n'y a pas succombé, on a eu beau remuer le sang de Juin, il ne s'y est pas trouvé de couronne. Mais, si la "secousse a profité à quelqu'un, ce n'est pas à la Régublique, et pour les partis tout est bon qui profite» Apprendrai-je rien à personne en disant que les partis n'ont pas de cœur?

Je ne dis rien de trop. J'ai vu, j'ai observé, je recueille mes impressions et je raconte. Ce qui me parait criminel, je l'appelle crime, quel qu'en soit l'auteur; mais, si je suis sévère pour les insurgé de Juin, il me sera bien permis, je l'espère, de faire à chacun sa part.

Qu'était-ce donc que le 15 mai? Une haute cour de justice a prononcé. Je connais par ex* périence le degré de respect que méritent, en matière politique, les arrêts de justice. Je ne suis pas tenu à la même réserve envers l'enquête parlementaire dirigée contre les auteurs

du 15 mai par les bonnes gens qui auraient bien Toulu, de cause en cause, remonter jusqu'au 24 février. L'enquête, je la laisse pour ce qu'elle vaut : une rancune ; les événements de 1848 sont tombés dans le domaine de Thisteire» et je ne sache pas que l'histoire se soit jamais inclinée impunément, et soumise devant l'autorité de la chose jugée.

Qu'était-ce donc que le 15 mai ? De cette foule qui envahit l'Assemblée nationale, re- ' tranchez, avec quelques raisons, le personnel très-^xigu de quelques clubs, et il ne vous restera qu'une, grosse étourderie populaire : rien de plus.

Que l'Assemblée se soit décerné à ellemême des couronnes civiques, qu'elle se soil donné de grands airs de sénat romain, rien de mieux : une Assemblée qui a l'honneur de représenter le peuple français doit passer pour héroïque avant tout! J'aimerais assez cependant qu'on n'abusât pas trop de Théroïsme ; pour ma part, bien que je n'aie pas quitté la salle des séances, je me soucie peu d'être transformé en héros à si peu de frais. Je veux bien croire que MM. les royalistes n'ont exagéré les périls courus qu'en vue de l'honneur du corps; pour eux, étant fort (Jéisintéressés, n'avaient-ils

pas déjà fait léttrs pfefiTesr M 34 fëttièrî Mât», en réalilé, en présence d'une tonïé mhé a^mes, et pins étourdie que malveillante, le danger le plus grave provenafit d'une atmosphère étotif* faute. (?est bien ainsi qu'en jugeait M. Ddpin, mon collègue autrefois, mon président aujotfif^ dliui. Ce qu'il cherchait dans les totffes de lilas du jardin, ce n'était autre chose qti^uh peu de fraîcheur.

Non, vous ne fere2 croire à personne que les dix ou douze mille individus quer nous aVôn» vus fourmiller par les salles et les Couloirs soient venus^ de propos délibéré, dissoudre l'Assemblée constituante. La plupart n'étaknt mus que par une pensée, folle mais généreuse; d'autres n'étaient que de simples Curieux de toutes classes, de tous pays, de toutes opi« nions, attirés là par le désir de voir l'Assemblée. La visite aurait pu être plus respectueuse as** sûrement; mais, au fond, tout cela était asseK inoflensif. Maintenant, que des meneurs aient spéculé sur les sympathies qu'inspirait la cause polonaise pour exercer un^ pression sur l'Asstfnblée, que les têtes se soient échau^ fées au point de transformer en attentat ce qui n'était d'abord qu'une étourderie; que des paroles graves aient été prononcées, que

des actes conpabTes se soient commis » c'est autre chose. Mais, s'il y avait complot^ et si les ultra-réyolutionnaires s^y enfonçaient les bras jusqu'aux coudes ^ est-on bien sftr que les partis royalistes n'y trempaient pas au moins le bout des doigts?

II plane encore plus d'un mystère sur cette ridicule échauffourée. L'un des condamnés, celui qui prononça la dissolution de l'Assemblée constituante, ne s'est Jamais bien défendu contre des accui^ations graves qui le rattachaient au parti orléaniste. Un autre, le nommé Borme, qui faisait assex piteuse figure au procès de Bourges, avait essayé d'organiser, pendant la période révolutionnaire, un bataillon de vém^ viennes ou de futures tricoteuses. Or, de qui tenait-il cette idée? Il l'a déclaré : d'un royaliste exalté, de M. Estancelin ; et Borme n'^a pas été démenti.

* Je deviens soupçonneux, je l'avoue. Lorsqu'il surgit de la fournaise d'un club des motions folles, atroces ou ridicules, qui tendent à déshonorer une révolution, je dis : — Regardez par derrière, il y a trois à parier contre un que vous y découvrirez un souffleur, et ce sera un ennemi de la Révolution.

n est des accidents heureux. Tel fut le 15

mai pour les partis. La yague qui faillit tout submerger ne fit que pousser leur barque. Le coup de vent enfla leurs voiles. Sous l'indignation exagérée qu'affectent les royalistes, le 15 mai au soir, percent les éclairs d'une joie mal contenue. Les nuages s'amoncèlent sur l'horizon de la République. Que ces nuages montent, grossissent et se condensent, le choc deviendra inévitable. Ce n'est qu'une affaire de temps. La République disparaîtra dans l'ou-

ragan.

Affaire de temps, six semaines au plus. Les ateliers nationaui^ se recrutent de tous les désœuvrés de Paris et de la province. Ce ne sont plus, comme au 1^' mars, quinze ou vingt mille hommes isolés, éparpillés, sans lien qui les rattache à un centre commun. Ce sont cent vingt mille hommes embrigadés et obéissant au même mot d'ordre. Armée de l'oisi^veté aujourd'hui, armée de l'émeute demain. Ni l'Assemblée constituante, ni la Commission executive ne prennent des mesures assez promptes, assez vigoureuses, pour la dissoudre. Et, plus on temporise, plus le péril s'accroît. Les républicains s'alarment à l'aspect menaçant de cette trombe qui va fondre sur la capitale. — 11 nous faut une journée, se disent longtemps

tout bas les royalistes. Il faut en finir, disentils enfin tout haut, et M. de Falloux dépose son fameux rapport, qui conclut à la dissolution immédiate des ateliers nationaux, sans autre tempérament qu'une aumône dérisoire. On arme les fusils.

Si je saute à pieds joints sur ce fleure de sang que traverse mon histoire, ce n'est pas que mes regards craignent d'y plonger. Républicains, nous avons accompli de pénibles devoirs. Nous avions charge d'ordre, et l'ordre a été rétabli. Auxiliaires obligés de l'ordre, les royalistes ont fini par s'attribuer tout l'honneur de la victoire. Grand bien leur fasse! Mais, puisqu'ils se font la part si belle, il est juste qu'ils l'aient partout.

L'insurrection du 23 juin ne fut pas une de ces batailles livrées au nom d'un principe arrêté par un parti organisé, sous un drapeau commun, contre un gouvernement établi. Consultez les bannières conquises sur les barricades, interrogez les prisonniers, fouillez les poches, vous y trouverez dé fout; des devises socialistes, des médailles à l'effigie de Henri V, d'autres à l'effigie de l'empereur. Plus souvent encore, hélas ! vous ne sonderez que des poches vides, et la misère ne répondra que par

le diléticé à votfô iûterrogdtoife. Là ïnisèfe compte un batailloti sacré datiii toutes les kt^ mées de rinsut'fectibti.

Les brigades dissoutes remuèrent lèS pre»^ mien^ pavés, engagèrent le premier feu, c'est ^rai. Mais des auxiliaires survinrent, qui M se battaient certainement pas pour la République démocratique et sociale, mai^ bien contrd toute espèce de République. On oublié vile en France! Et puis, l'enquête parlementaire diri>> gée par M. Odilôn Barrot est Un si beau monu^ ment d'impartialité !

Dernièrement, à propos des sept à buit mille Vincent de Paule si rudement baptisés par M. Jules de Lasteyrie, un de mes collègues, qui avait assisté aux revues du carré Marigny et de la place du Havre, nous disait : -^ Mais j'ai déjà Vu ces figures*là. — Où donc î — Derrière les barricades. Et j'ajouterai, moi, que je les avais déjà vues auparavant.

La foudre gronde longtemps avant d'èclatef • Au mois de juin, des signes visibles annon« çaient la bataille du 23. Sur les boulevards, et principalement autour des portes Sâint-Denife et Saint«Martin, se formaient tous les soirs deâ rassemblements nombreux, et le nom qui dominait dans ces colloques, c'était le nom du

prince Louis, du prime socialiste» comme on rappelait alors. Un jour même, le 15 juin, ces rassemblements s'allongèrent en colonne et se dirigèrent sur l'Assemblée au son de ce refrain si connu : Poléon ! nous l aurons ! Bappele?ivous les paroles de ii. Clénaent Thomas, compiandant supérieur de la garde nationale, qui terminèrent la séance du même soir : Soyons prêts demain pour la bataille comme pour la discussion, Contre qui la bat^ilb? Ce ne pouvait être contre U^ gteliera nationaux, qui i)'ét()ie)[^t pas encore dissous. C'était donc; contre le^ part}S9n9 da 1^ HépubliqDO ou plutôt de Vempereur 4m(^er^tique e\ ^oci^l : ]e^ idépç U^ plus incohérentes fermentaient dans les têtes et y produisaient qette JAçroyçible CQi)fu?ion.

Un fio^irepir à çq sujet i

U dip)siicht>, 25 iwiq, à \\^H Jieupw dv §oir, §ur h f^^^^ 4§ la ^stiUe, en pompagnie ^e ffïpn collègue ctajpi G^n^bqp, d'vn capitaine ^'ét^t-^major de la tfoupe 4^ ligpe et i\n capitaine de U V légion ^^ U g^rda i^atipnale, je

Pfirlefpent#i avec quatre ipsiyrgés, 49ns l'espoir 4'QblOTir 1^ rendit ioi^ du fi^wbourg S^ipt-An- -fcQJ^ie, Or, je reçoenuç p^rfaitemwt Vm flftp

giiatrçi parlep^^otairqç pawr l'un de îpes plus j^nHk PWjeur^ 4§« rfss^jpblements du 45

juin. Des coups de feu partis de luutos parts, suite d'un malentendu, mirent brusquement fin à notre colloque. Mais il m'en resta cette conviction que, si l'insurrection était socialiste, il y avait aussi un nom comme symbole au bout de ses espérances.

Qui dira tout ce que nous avons souffert pendant ces funestes journées, nous autres qui, sans voter l'état de siège, n'en contribuions pas moins au rétablissement de l'ordre, tout en redoutant les suites de la victoire? Le général Cavaignac, pensions-nous, triomphera de l'insurrection, mais triompherat-il de la réaction? Nous en doutions fort, à voir l'attitude des partis.

L'Assemblée constituante a fait tête à l'orage. Elle a payé de sa personne. 'Elle a même déployé un luxe de courage inusité. Mon Dieul me disais-je, comme les assemblées politiques se font braves de jour en jour ! Il n'y a que la République pour opérer de tels prodiges ! Si les représentants de 1815, qu'appuyait une armée redoutable dans son désespoir, eussent reçu ainsi les soldats de Blûcher, peut-être nous eussent-ils épargné les hontes et les ruines de la seconde invasion ! La différence est grande, à la vérité. L'ennemi, aujourd'hui,

c'est bien autre chose que l'étranger, c'est pis que les barbares, ce sont des socialistes, qu'on habillera demain en républicains pour le besoin de la cause. Donc, haro! et pas de quartier !

Qui parle de clémence ? qui prononce le nom de Français? Quelques voix, perdues dans l'enceinte au milieu des clameurs. On ne transige \)m avec Vémeute. Voilà toute la réponse aux cris de Thumanité. Eh I eh ! comme vous êtes iiers ! Que faisiez-vous donc, il y a quatre mois, en livrant successivement a l'émeute votre ministère Guizot, votre ministère Mole, votre ministère Thiers, votre ministère Odilon Barrot, votre roi, votre régence, vous-mêmes? Appelez-vous enfin transaction les 4)aroIes sans faiblesse qui peuvent arrêter l'effusion du sang?

Prenez votre revanche de Février ! Tel était le mot d'ordre des royalistes à Tarmée. Mais l'armée n'a pas pris sa revanche; elle s'est tout simplement battue pour le droit en Juin, comme elle avait refusé de se battre contre le droit en Février.

Des bruits infâmes circulaient; on empoisonnait les balles! On empoisonnait l'eau-devie destinée aux troupes! On coupait des têtes, on sciait des jambes sur les barricades!

TJ^ r^^pr^sejiUQt du peupla ay^it tu lui-même ciuq t^lçft ççup^ç?! qui fi^ réduisireqt à trois, puip §1 uu;ç çejilfi, pv^içjj qui omirent p^r ^'évanouir iQ^tçi; l§.ie«dWf^iij- ^f îiQ nom^n^rai pa§ çev)i de tW? ÇoUèg^eft qw\ flÇWRaiçpt ces b^rui^ f\^|^ur4f§ d^n» l^S r?^g?* ^« U troupe, dci l^ g^rijç Bppbilp furtout, çfju d« V^^Wt^î' Ju^u'à U fv^W^ Bs WRt cpcf taiwemept pour qu^quç çhp#ft 4w? 1?^ ej|éi;utiPO§ ^fl waç^e et apr^^ cwp, qui ^éafeçyioffirçal te victpir« dq Tordr^. Quç çç jrewQrds Jies^pgur^UJYQ é^ri^ell^uii^pt ^'ilsi çoq^ ^saçptihlesi de rcpord^I

lU flaiqflt doue WOP çptriiiUiǧ, l?s hoi^^m^s qwi se jouaient ajpsi de la vie de leurs s^cublabjeç ! — T Non- ; j*e» ^i cpnnu du caractère le p1)|s dou^. Mais r^^prit de parti $q compose d'un mélange de calcul et de férocité. Pour les royalistes, il y avait un double; but à att^ipdre.

D'abord, tachcif de sang le pl\|§ pQ^^iblQ le§. langes dQ la République , §t puis creuser u» abînje eptre la baurgepisie e\ le pfiuplç. ï)e çêttç dernière jfenm e^t ué le décret de tr^iusportation.

On g'imfigine peut-.^tre quç ç^ décr^* qui dépçtt't.e douxe m\U bouiiue? sap^ jugement , et qui bris? rç3tistenp^ de Aw^e injllfi fawiUçs, ^ été TPté dîips Iç çî^liufi, d^ips u *ilÇftCQ, aye/î

cette solennité pleine de tristesse de la loi qui frappe en détournant les yeux ? Tl n'en fut pas ainsi. Croyez-en les souvenirs douloureux qui assiègent encore un témoin oculaire. Le décret fut rendu un soir, aux flambeaux, au milieu de clameurs étourdisiâptes. Le vertige était monté à la tête de nos législateurs prescripteurs. Point de répit, point de défense. Aux pontons, et en masse, innocents ou coupables : Dieu connaîtra les siens 1 Le scrutin aux boules prendrait trop de temps ; on vote par aèsis et levé, comme s'il s'agissait d'un emprunt de commune, et le vole est emporté d^emblée. De ce moment, la réaction peut dire au général Cavaignaç, instrument involontaire et quelque peu aveugle de se§ fureurs : TIJ ES A MOI !!!

I«eii ii»rtto MMU M. Cawalgnac.

Réaction, comment te nommes-tu?

. Royalisme? Impérialisme?

Pas encore : Diantre! ne brûlons pas les étapes. Je ne suis, pour le moment, que la République honnête et modérée. Vivent les honnêtes et modérés ! A bas les rouges !

Lisez déjà , si vous savez lire : Vivent les royalistes 1 A bas les républicains !

Modérés ! vos preuves sont faites ; Relle-Isle en conserve quelques traces. Honnêtes! allez donc demander un brevet d'honnêteté au général Gavaignac, que vous avez si honnêtement servi !

Au 25 juin, la réaction siégeait rue de Poitiers : réunion de masques, arlequin composé de la queue des vieux partis et de la tête des nouveaux.

C'est de la rue de Poitiers que partit, le 28 juin, une députation chargée d'offrir au général Cavaignac l'appui des honnêtes gens.

En même temps, des émissaires s'en allaient à l'étranger tenter la réconciliation, contre la République, des deux branches de la famille Bourbon.

^Le général acoepta-t-il, refusa-t-il le concours offert? Je l'ignore, je n'ai jamais été dans son secret. Mais voici ce que je sais. Le bien qu'il a fait, il est dû à ses inspirations personnelles ; les fautes, il y a été entraîné par la rue de Poitiers.

Qui a maintenu l'état de siège? Larue de Poitiefs.

Qui a rétabli le cautionnement des. jour* naux? Qui a porté cette grave atteinte aux deux principes de la liberté et de l'égalité ? La rue de Poitiers.

Qui a repoussé l'impôt sur le revenu , proposé par M. Goudchaux, impôt équitable, s'il en fut, et qui permettait d'abolir, succes^ve-

ment et s^ms danger pour le Trésor , les taies indirectes? La rue de Poitiers.

Qui a, de reculade en reculade, abandonné rAllemagne à la Prusse et lltalie à TAutriche? Qui a délaissé l'héroïque Venise et acculé le Piémont à la déroute de Novarre? le ministère de M. Ga^aignac , sous les inspirations de la rue de Poitiers.

Il est enfin une maladresse qui doit coûter aujourd'hui quelques regrets au général Cavaignac. Les conseils généraux et les conseils municipaux étaient à renouveler ; mais il n'y atait pas urgence. Provoquer des élections sous le coup des journées de Juin, c'était les livrer à la réaction, qui, cachée dans les plis du drapeau de l'ordre, se fourrait partout. C'est ce qui est arriTé. Mais d'où est partie la proposition? De la rue de Poitiers.

I*esti«e trc^p le général Cavatgnac pour croire qu'il entrât l'ombre d'un calcul per- SMiiiel dans ses funestes conceasicms. Maie j'ai tûujouvt regretté qn'i} ne eài pa^ mieux dis* eeraap se» afl^is de jea eanemis.

Voyez où on le mène ! Le parti catholMitte a d^jji e^ig^ 1^ renvoi 4'lin ministre de l'instruc-

\m p«WiqH^ qni \w mUi f^m^gp- Et le gé-

Trois mois apfèè, la réaction àhïaYt qu*ëllô ne peut plus supporter uû ininiâtre dé Vintérieur qui â Paudacè de tolérer en République des banqueta ahttivërsairêâ de là l^éptibliqué. Notez que ce mêtnè ihiniàlre , président dé l^Âssemblée au ^3 juitî, avait hièn méfûè de la patrie^ selon la formule et le vote enthousiaété dé iâ réâctiôti. Mais il est roUge! [M. âenârd roligë!) CéU éUflUt. Et lè général sàcriiië M. âefiard.

Encore moins pouvait-on souffrir un autre ministre, républicain de la veille, dont les diverses positions officielles remontaient au 24 février. Et le général sacrifie M* tleeurt.

Alors de dire : Donnez rentrée dans vos conseils à d'anciens miaistrec qui ont toutes nos sympathies. Notre confiance en vous n'en sera que plus complète. Et le général accepte pour ministres deux anciens ministres de Louis-Philippe.

Est-ee tout? Oui, car lés élections préftidèn* tielles approchent. Le moment est Venu de payer au chef dti pouvoir exét^utif le prix de ses complaisances : ce prix ^ le voici t

La rue de Poitiers commence pnr cngdgcr le feu sur toute la ligne. Contre qui? Ccîj!rc ie

général Gavaignac. Et pourquoi? Parce qu^il est rouge. Chacun son tour.

Qui exhume des cartons je ne sais quels cahiers de récompenses nationales au moyen desquels on présente à la France le général Gavaignac comme le patron des assassins? La réaction.

Qui Taccuse d'avoir entretenu pendant vingtquatre heures Tinsurrection de Juin afin de mettre à plus haut prix ses services? Qui Toblige à se défendre toute une journée à la tribune contre ces odieuses imputations? La réaction.

Qui lui reproche sa dictature, après la lui avoir conférée? La réaction.

Qui insulte à la mémoire du père/ après avoir glorifié le fils sur tous les tons? la réaction.

Réaction, comment te nommes-tu donc aujourd'hui ?

Je me nomme le parti de l'ordre.

Ah ! je comprends 1 Nous avons fait bien du chemin depuis quatre mois; mais nous ne sommes pas au bout. J'ai la mesure de votre courage. Je vous donne encore trois ans avant de balbutier à la tribune : Vive le roi !

4 novMttHi^. — CteMtitntloB.

Chemin faisant» et six mois durant, la Constitution se di^qu tait dans les bureaux d'abord» dans une commission ensuite, puis enfin au grand jour de la tribune. C'est cette même Constitution, objejb de tant d'études, qu'on se propose de réviser aujourd'hui en un tour de main.

Il est d'usage dans une certaine presse d'accoler à l'œuvre de 1848 le nom de son rapporteur, tombé depuis en discrédit. Il serait bon cependant de ne pas oublier que MM. Dupin, de Tocqueville et Odilon Barrot faisaient partie

de la commission de Constitution^ et qu*au nombre des délégués des bureaux se trouvaient MM. Thiers, Berryer et Parieu, devenu depuis Ësquirou de Parieu , je ne sais trop pourquoi ni comment.

M. Berryer, rhomqf^Q Je plus à eheval sur ses convictions que je connaisse ; M. Berryer, qui ne saurait ouvrir la bouche sans parler des principes de toute sa vie ; M. Berryer, le correspondant d'Henri Y et le chef désigné de son premv;(^^liUlîlt4E%^M. 6#rcy«i>» 4^ P^^^^ ^^^ roi dans son cœur ; M. Berryer, auteur d'une Constitution républicaine ! ce serait à n'y pas croire, si tout n'était croyable au temps où nous vivons.

Maii, me dir«ei^voiis, son bureau l'iavait délé- ,gué comme adjoint à I» cominission! Je vous i?époiiârai, inoi ! Poui^quoi ae^eptâit-il ? Et qu^allait^il faire daiiiê cette galère? Y travailler 4e boqner foi ! Mais il y avait ;done alors éclipse êea priimpe:^ et des comietions de imite ta vie! De mauvaise foi! je ne le suppose pas. Tenez, je ne sais plus que supposer, je iie sais plus comment nommer les choses. L^anarchie a tout envahi, jusqu'au vocabulaire; tout a changé de nom. Un désordre effroyable s'appelle de Vordre. L'arbitraire se décore du nom de règne

des lo'îs, Pacifior le pays à ooiip^i. de gcodarcncs e'eai ë(m»er la s^été ; Tagilef en tous «lens c'est lui donner une pèifire àeduUirei Des gens qi)i AfrlraitMii de eoquinB, v^ire. de oaBailles, MfiBt en ^ohfi0 haffmonU^ comme larrons eâ

M. de Mpntalembert^ qai le ferait brûler bel et bicffi comme hérétique si l^iuquisition n'avait usé tes derniers fagota. CoBimeniveat^on^u'un hoonêtfr boqume ae dépêtre de toutes ees iuirigttea eoroiséèa^ eocherélrée», embrouillées» .comme disait Figare^ qui de nos jows serait eertaÎMmeni l'un de& ohefs- de la n^lorité 1

fie M; Borryer je suis tombé à Figaro ; oi m'eieliaeta» o'est; l'effet da tourbillon qui en*iralneAsiit le ipon^e. Je renraa à la CJonslitutiott*.

Yoici le problème que aq pqs^nt les noy»listes :

Froolamef la Réf ubliquè démoeratiçue une ut. îndi^iaible.

Lni donner peur base le snffrqge uniVersel.

Mais en même temps :

Se tciiia dans dea terme» assea vagiie» pour remplacer, en tempaopportnn^ lesnlft^ge universel par le suffrage restreint^ et la détoioe^rsh tie par l'diigarcliie;

Renforcer les conseils départementaux dc^ manière à en faire, quand besoin sera, quatrevingt-six petites républiques ;

User le suffrage, universel ou restrdnt» par lui-même, en l'appelant à démolir le président par rAssemblée, ou rAssemUée par le président, selon les profits qu'on y verra ;

Introduire enfin dans la Constitution de Uis germes de conflit, qu'après quelques années d'un semblant d'expérience on puisse dife : Voyez I c'est une oeuvre masquée : les rouages n'engrènent point, la machine ne marche pas!

Équivoques, ambiguïtés, réticences, finesses, ruses, astuces, les royalistes ont introduit toutes ces petites ressources d'esprits fertiles dans cette Constitution qui, pour eux-, était d'avance mort-née. On dirait de leur travail un infanticide projeté.

Ainsi :

Toutes les libertés sont garanties; oui, mais sub lege libertas. C'est la devise de M. Dupin. C'estrà-dire que le creuset des lois fera évaporer les libertés promises.

S'agit-il du droit uu travaU, reconnu par le projet primitif? U devient le droit du travail. Une toute petite lettre de changée, une simple coquille d'imprimerie, et le droit s'évanouit.

Travaâleraïqiii iroQYera. Les hirondelles aussi ont droit à toutiBS les mouches qui volent dans l'air, comme^disait le bonhomme Queanay.

L'ensieignement est libre. Oui, mais sous la surveUlanceide l'État. Et que sera eette suryeillance? La destitution de cent professeurs et de quatre mille instituteurs sur simple sommation des jésuites et des ignorantins, qui les remplaceront.

L'instruction devait être gratuite. Elle devient l'instruction à la portée de tous. Â la portée ! A combien de lieues ?

L'article 13 contient en germe tout le socialisme* Mais que devient-il entre les mains de la grande commission chargée de la mise en' œuvre? Les institutions de crédit dégénèrent en bureaux de charité.

L'article 30 fixe les élections au chef-lieu de canton, sauf de très-rares exception. Il s'agissait de garantir tout à la fois le secret du vote et rindépendance des électeurs. Mais, à l'aide de ce seul mot exceptions^ on vous bâcle l'année suivante une loi qui ramène le vote à la commune, ou plutôt à la paroisse, à l'ombre du presbytère et du château.

Ainsi du reste. — Mais pourquoi les républicains ne déjouaicnt^ils pas toutes ces roue-

ri«Bi««-*jK fieéi^iiot «i1aT«t^r0D8 pss: t6iqti«n la

J'ai a«iaiit i^'uabutée^let flba iqm iseau*ooup^^aùtros, l^^deaiidd'OritiqaeF \» Coastitiition^ toilt ^n l'obsorvàtit; J*^i toté Jsoii^m. Mbi* ee qac ;J6 t^oure merreilleuii d^itapa* dence^ c'est 4ue lesTîees qa'on hn reproi^e sont précisément €«u£ ifm nous nous sommes évertués à signaler, nous autres républicains, lors dé la disotission.

Lisez les journauat royalistes de toutes les nuances. Lisez le rapport de M^ de Tocque-* ville. Écoutez les discours de M4 de Fallotfx et de M. Odilon Berrot. Uneiseule pensée les dé** fraye *^ ConfliU entré tes pmmirs t Gôfi^i^n^nê solution possible. Anarchie t Et que iisioHtnous donc au mois de septembre! 848» lorsque^ contre notre gré et riialgré nos efforts, vous introduisiez le germe de oes conflits dans la Constitution? Âv'ons^notts assez lutté JHsqu'à la dernière heure pour obtenir cette précieuse uiiilé dans le pouvoir, image vivante de la souveraineté du peuple* Uiie dans soô essettce, conséquence logique de rindiVisibtlitS de la République? Mes amis, MM. Bac et Grévy, vous ont-ils assez prédit la guerre civile, dont le tocsin, grâces à vos belles inventions, va

sonner un de ces quatre matins ? Il est vrai que, pour en préserrer nos petits -neveux, TOUS songez à créer un pouvoir de plus, ce qui fera trois, sans compter les conseils généraux, qui commencent à s'ériger en petites assemblées politiques pcmr faire de l'ordre à votre imitation. Et pourquoi pas quatre pouvoirs? Pourquoi pas six? Les conflits n'en se^ ront que plus rares quand on ne sera que quatre au lieu de deux pour s*entrebattre. 0 éternels équilibristes 1 0 éternels jongleurs ! 0 éternelle bonne foi des partis !

Eie lO ^écmmnrm^

Un candidat ! Mon oriflamme, mes fleurs de lis, mes écussons, mes armoiries, pour un président de République qui ne soit pas républicain!

Qui est là? L'échappé de Strasbourg et de Boulogne , Taigle vivant ! Passez : en fait de grotesque, nous préférons Abd-el-Kader.

Tandis que la candidature de Louis Bonaparte provoquait à la rue de Poitiers un immense éclat de rire, le peuple, de son côté» répétait sérieusement ce grand nom, passé à Tétat de légende , et qui , depuis trente ans,

n'avait point disparu de ses rêves. Contre l'ancien régime qui relevait la tête, le peuple son-* geait à s'armer de la grande épée de la Révolution. Était-ce la faute du peuple si^ au lieu d'une épée, le fourrçau ne.contenait plus qu'un gourdin de sergent de ville?

Je récrivais il y a trois ans, je le répétais il y a deux ans. Faut-il que j'y u^e encore. mes plumes ! Le vote du peuple, au 10 décembre, a été un acte révoli^ionnaire, une revanche de Waterloo.

Le peuple de Février, fils du peuple de Juillet, petit-fils du peuple de Waterloo, n'a vécu et ne vit encore que d'une idée simple : la Révolution. Au nom qui reflétera le mieux la splendeur de cette Révolution, à ce nom, quel qu'il soit, le suffrage du peuple ! Or, au 10 décembre , ce nom s'appelait la Révolution couronnée , la Révolution glorieuse , Robespierre à cheval. Napoléon !

Le courant de l'opinion s'établit. Les vigies de la rue de Poitiers le signalent. Les rires s'adoucissent en sourires, et les sourires en caresses. Une pensée infernale a traversé l'esprit de nos Montalembert. Nous avons réussi à lancer le suffrage universel contre lui-même. 11 s'y brisera. G'Cw^t un coup de maître. Si nous

pàrveniôBô màîntènàtit à démoHr là Révolution en prenant pouï^ bélier l'un de ses fils ; oh! alors, Satan ne lierait, auprès de nous, qu'un Odilon Barrot !

Puis , imitant la tactique d'uil conspitatenr fameux, de M. Blanqui, dociles aux conseils de M. Thiers qui leur avait dit : En têteî toujours en tête ! c'est là qu'on risqué le moins ; Toyant venir le fleuve populaire qui entraînait tout sur son passage, les toyalistes se mirent à la tête, emboîtèrent le pas, et le 10 décembre ils dirent à Félu du peuple : Prince , nous vous apportons six millions de suffrages. Combien nous les payerez-vous?

Et il ne vint pas à la pensée de l'élu de répondre à ces étranges délégués dii peuple : Montrez-moi votre mandat !

Et le peuple, qui n'assistait pas au colloque, ignora longtemps le marché passé en son nom. Le peuple reste toujours ett arrière de deux ou trois intrigues, jusqu'à ce qu'il reprenne le devant par une Révolution.

lie «omplot 4km %0 jamneih

Le 20 décembre .1848, saint Dominique et l'inquisition, saint Ignace et les dragonnades, Pie Y et la Saint-Bartbélemy, M. de Maistre et rémigration, Blùcfaer et les Cosaques, entraient dans les conseils de la Résolution, sous la figure de M. de Falloux.

Assurément, il j avait là quelque gros mal* entendu.

A ce propos, Tun des nouveaux miaistres nous disait, en parlant de ses collègues : Je ne suis pas content. Le président aurait pn s*entourer d'hommes plus attachés à la République.

Il n*tj a de sincèrement républicains dans le conseil que Af . de Falloux et moi !

Que les écailles de certains yeux sont épaisses I

Si M. de Tracy, homme d'esprit^ fils d'un homme supérieur, attaché à son pays qu'il^n'a jamais quitté ; si, dis-je, il Toyait si juste, je vous laisse à juger de la sagesse et de la pénétration qui devaient, dès le début, présider aux conseils de rElysée.

J'admets les excuses. On débarquait d'Angleterre. On n'avait jamais habité la France. On ne la connaissait que par des relations furtives entretenues dans l'ombre avec les roués de tous les partis. On avait été reçu eniin plus que froidement par l'Assemblée constituante. Plus tard on dira non sans amertume : Mes véritables amis ne sont pas dans le palais! Mais pourquoi, en ce cas, ne pas commencer par visiter les chaumières? Le gros nuage qui s'interposait entre Louis-Bonaparte et le peuple se fût peut-être dissipé sous quelques rayons de chaleureux épanchements.

Dans ce nuage il y avait :

A Textéricur, l'expédition de Rome, l'assassinat de la liberté, l'abandon de la cause des peuples; à l'iiitérieur. le maintien de tous les

abus> le refus de toutes les réformes, une guerre à outrance contre toutes les libertés publiques, un gouvernement de police, Tétat de siège en permanence, l'invasion des jésuites dans l'enseignement, et, pour couronner Toeuvre, ranéantissement du suffrage universel.

Mais rien de tout cela n'était possible en présence d'une Assemblée vigilante qui venait de fonder la République, et qui ne paraissait pas disposée à se séparer sans avoir consolidé rédifice. Il fallait donc commencer par se débarrasser à tout prix de FÂssemblée constituante. £t pour un but aussi louable tous les moyens sont bons.

Le grand parti de l'ordre fait feu de tous ses journaux, et il a beaucoup de journaux, parce qu'il est riche. Les grenouilles de la presse ne coassent qu'un mot : Dissolution de l'Assemblée constituante.

Le mois de janvier se passe en pétitions. L'opinion publique est pressée, tordue en tous sens, et on parvient à en exprimer jusqu'à deux cent mille signatures sans authenticité que l'on jette bravement à l'Assemblée comme une sommation de la France entière.

Le vœu de deux cent mille pétitionnaires dans une nation qui compte dix millions de-

leéteurs i un sur dnquânlô! c'est un peu maigre. L'Assemblée ne s'en émeut guère. Le levier fléchit. Il faut recourir aux grands moyens.

Lé 29 janvier, à midi, les Champs-Elysées, la place de la Concorde, le pont, les quais, tous les abords du palais législatif, sont hérissés de canons, de sabres et de baïonnettes. Contre qui se déploient toutes ces forces? M. Léon Faucher va vous lé dire : il y a un complot!

Uii vaste complot ourdi par les républicains, cela va sans dire, et dirigé précisément contre cette Assemblée, qui, seule, représente la République ! Voilà pourquoi il faut préserver TAssemblée avant tout ! Grand Dieu ! qui la sauvera de ses sauveurs ?

Cest qu'il est grave, le complot, il embrasse dans son organisation Paris et Jes départements. M. Léon Faucher le suit pas à pas. II en saisit un à un tous les (ils. Ainsi, à Strasbourg, deux artilleurs ont eu querelle avec des bourgeois dans une échoppe, à propos de je ne sais quoi ; à Dijon, quatre dragons sont dans le même cas ; à Perpignan, un agent de police a été maltraité sur le marché aux herbes par des marchandes de léi:jumes, au sujet de

qttelqotô rèdteTanees municipales. Je n'fntefite pas. SouB la direction de Mi Léon Faucher, le Mimitmr enregistre gratement tous ces faits. La couspiration est flagrante, la patrie est en danger. Mais quoi, pas d^arrestations, pas le moindre petit procès 1 Je le regrette. On en eût fait une jolie pièce pour les Funambules. Les rerendeuses de Perpignan, confrontées 6 Téudience avec les dragons atinés de Dijon, et confbndueji dans la même accusation d'attentat contre la sâreté de t'Etat> c^eût été réjouissant !

Une grande nation se Venge d'un ministre superbe par le dédain, d'un ministre corrupteur par le dégoût. Je ne sais pas comment on peut se venger de M. Léon Faucher.

Oui, néanmoins il y avait complot, je le reconnais, complot visible et patent contre TAssemblée constituante. On lui fit voter sous le . sabre, à trois voix de majorité, sa propre dissolution. Qui donc parle encore du 15 mai?

La Constituante commit là une grande faute. Sa carrière, signalée pàt* le courage, se termina par une faiblesse. Elle avait résisté au feu de Tinsurrection, elle plia sous les sommations d'un agent de police. Elle résumait l'opinion de huit millions de citoyens , elle s'émut à quelques cahiers de pétitions qu'elle

aurait dû ensevelir silencieusement dans la poudre de ses ardiives, où tant d'autres sont allées les rejoindre. Elle avait décidé qu'elle ferait elle-même les lois organiques» elle se retira laissant les lois organiques à préparer, son œuvre ébauchée, une guerre impie engagée à l'extérieur» et la République aux mains de ses ennemis. Qu*à sa dernière heure la Constituante ait rejeté de son sein M. Léon Faucher, comme indigne» ce trait de Parthe expirant n'atteignait plus qu'un misérable instrument déjà sacrifié dans la pensée du gouvernement à la morale publique outragée. Influencées, faussées» viciées ou non par une fraude télégraphique » les élections étaient faites ; et les assemblées qui se vérifient ellesmêmes n'ont pas pour habitude de se montrer fort scrupuIeuseB sur la pureté de leur origine.

J'ai fait partie de la Constituante. Je suis membre de la Législative. J'ai vu les partis s'agiter dans la première. Je les retrouve dans la seconde. On me permettra bien de les juger avec autant d'impartialité pour le moins qu'on en met à nous y présider.

«c Je vous dis. que vous avez du front une goutte de sang. »

Toute rexpédition romaine est dans cette foudroyante apostrophe tombée de la tribune, le 12 juin 1849^ sur M. Odilon B^rrot.

Et la goutte de sang n'est pas encore effacée.

Quel fut le caractère de cette expédition 7 Comment s'annonça*t-eUe ? Gomment fut-elle conduite 7 Vers quelles fins 7 Par quelle série d'impostures se traina-t-elle avant d'avouer son but définitif 7 II me faudrait des volumes pour

raeonter dignement ce crime anachronique^ qui tient du treizième siècle plutôt que du dixneuvième, et je n'ai que quelques pages. Les souvenirs de mes lecteurs y suppléeront.

L'Italie, abandonnée à ses propres forces, retombait pièce à pièce sous le joug de l'Autriche. Deux points tenaient encore, Venise et Rome. Venise, dans l'isolement, épuisait à une défense désespérée ses dernières ressources. Mais à Rome, celui des princes italiens qui avait ^ b pvaaiicir dê^Uèm^ xév^iUét i'esftoir de liberté dans la Péninsule, ce prince se retirait de la lutte sans avoir combattu, et laissait les populations de ses États partout soulevées, à la merci de cette clémence autrichienne si connue, qui à pt)ur ^rgtines Haynau et Radetzky.

Les Autrichiens approchaient.

Rom« se souleva.

Le pfînce ft'enfliït.

Je ne suis pas cisisuiste. Je démande à tout hotoime dé bou iiens ce é[ue doit faire un peuple délaissé par son chef dans un péril snprômfe? PoufvèV!» luî-^iftme à don proplnc salut. C'est ce (jtrè filment lés États wmains.

Je né tiens pas auk mots. Je démancle tiom* ment s*appelle le gouvernement d'une nation par elle-même, qui pVocèdc du sufrragc unîver

s^^ Eb Fnm^f tu «tois^ de ftYrier« oeU s'ost noiittii^ à'ixw vtvix ummimô la BépuJbUfue* Gt lô« ; États romaixi» «e tomtituèrent ea Jûipu blique»

Lef cbdses «9 étaient là lorsquie» le 16 ayril 1849» le gouveraement françai», par Torgand de M* OdiloB B(irrot, président du eoaseîl, irtnt demander à l'Aiiaecnblée conaiiluaate un étendit d« dauze^ ceni mUlâ firiaHCs deatîoé à «ubvènir au^ dépeoaea ei^traordinaîrea d-M.eolt>s détaché de l^aroaée das Alpes,

C'était bien peu. C'était bien tard^ On sait que rarDdéedes Alpas a?aifcété créée ^a Tue de secourir Tltaliç, .^ Tltaiie etxjttcaitv Mais le drapeau fraoeais^a des lajlesi. Atfec quelque di* ligcneer 00 arriverait eueore à lempè, ai^on peur reconquérir le abaoïp de bataiUe perdu > au «Muns pour en réunir les débris et protéger lea yaiaciis eoiitre U> eléftjence de .Radetski t progranmie timide^ qui oûl&tt acmrixede pitié: Riubelieu^ Louis ^Y» là Convention, Na^ poléon^ que dis-je, le duc de Choiseal Iut« nièiieç oar le ministre dea ootiUoiis envoya à six œnts lieues de distant des secours à la Pologne menacée.

MUsii faut s'aecommoder de son iemps/fet ne pas rêver gloire quaad on ne vit que de

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