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ABSENTS

CIIEVALX

-l'Offic- TrSupe

H 1 Ol

Officiers

Troupe

Officiers

Troupe

BaUerie Lequeux. 9' du 13' Id. Lippman. 10* du 13' Id. Laurel... 11' du 15* Id. Bernadac. 9' du 4'

14 Septembre. — Le général de Berckheim s'est conformé à la décision du conseil des maréchaux. Il m'a appelé pour examiner minutieusement avec lui notre ligne de défense de la Moselle à Lorry. Il a écouté sur place les commandants d'artillerie des divisions, arrêté tous les travaux et les batteries à construire. Le lieutenant Thorel dresse le croquis des ouvrages confiés à la réserve.

Le tracé général sera formidable. Deux batteries, dont une de 12, défendront le mamelon de Woippy ; quatre batteries, dont une au Moulin et trois à la Maison-Rouge, assureront le passage à niveau formant le sommet le plus avancé ; deux batteries, dont une de 12 au deuxième point saillant et à St-Eloi, flanqueront la Maison-Rouge et donneront des feux sur le village des Maxes et le hameau de Thury.

Une batlLMÙ de mitrailleuses sur un coffre à commandement pourra balayer la plaine. Une batterie de 12 fouillera la vallée, et deux mitrailleuses ou deux pièces de 4, placées sur un

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petit cavalier final, s'opposeront à toute surprise de l'ennemi sur les bords de la Moselle. Enfin, une batterie de 24, placée sur la rive droite sur la hauteur de Châtillon, surveillera la plaine jusqu'à 4 à o kilomètres.

Ces travaux sont bien conçus ; ils rendront notre secteur radicalement inattaquable. L'armée la plus considérable n'osera s'approcher, elle serait écrasée.

Mes ofliciers disent tout haut que si tous les corps d'armée font partout des travaux aussi sérieux, c'est qu'on est décidé à ne plus s'éloigner. Une garnison de 50,000 hommes serait insuffisante à garder de semblables ouvrages, dont quelquesuns conquis et retournés deviendraient très-offensifs au corps de place.

Le général Coffmières a fait appeler aujourd'hui les journalistes pour leur prescrire de ne pas soulever les passions politiques. Il a publié une proclamation dans laquelle il fait connaître les nouvelles de Sedan, l'établissement d'un Gouvernement provisoire et les résolutions du maréchal commandant en chef.

« Votre patriotisme , le dévouement dont vous donnez déjà tant de preuves ne peuvent faire défaut. Vous saurez vous faire honorer et respecter de vos ennemis par votre résistance ; vous avez, d'ailleurs, d'illustres souvenirs qui vous soutiendront dans cette lutte énergique.

« L'armée qui est sous nos murs et qui a déjà fait connaître sa valeur et son héroïsme dans les combats de Borny, de Gravelotte, de Servigny ne nous quittera pas ; elle résistera avec nom aux ennemis qui nous entourent, et cette résistance donnera au Gouvernement le temps de créer les moyens de sauver la France, de sauver notre patrie! »

15 Septembre. — Les parlementaires prussiens sont le sujet de toutes les conversations de la ville et des camps. Ils sont pleins de prévenance; ils apportent des nouvelles ; ils re-

çoivent des lettres des officiers français prisonniers en Allemagne, ils les font passer à leurs familles, ils se chargent des réponses.

On échange 150 à 200 prisonniers aux avant-postes d'Ars.

Des ballons porteurs de dépêches partent au gré des vents.

En ville tout s'organise. On procède au recensement des ressources alimentaires. On affiche les taxes de vente des diverses denrées. L'armée livre aux habitants 50 chevaux par jour, pour faire baisser le monopole des bouchers, et partout et en tous lieux on commence à dire qu'on trahit la France et l'armée. (V. Pièce justificative n° 1217.)

16 Septembre. — Les bruits les plus contradictoires continuent à circuler. Un armistice est signé et un parlementaire va partir. Jules Favre a déclaré que la France ne cédera jamais ni une parcelle de son territoire, ni un lambeau de son drapeau.

Ce qu'il y a de certain, c'est que les opérations militaires sont, depuis le I^' septembre, radicalement nulles, et qu'on parle trop des parlementaires prussiens. La population de Metz s'agite ; elle accuse, elle attaque.

Le maréchal Bazaine, par sa dépêche en date du 17 septembre, nous recommande les ménagements les plus grands ; il interdit les courses inutiles, les permissions nombreuses, etc. (V. Pièce justificative n° '131.)

Les maladies deviennent plus graves et plus meurtrières ; le médecin en chef renouvelle les prescriptions sanitaires. V. Pièce justificative n° 132.)

>'os chevaux chanoent, ils seront bientôt inutiles, leur misére marche à grands pas. Nous redoublons de soins, nous en- . voyons chercher des feuilles, de l'herbe, etc. (V. Pièce justificative n° 153.J

Nos hommes sont très-occupés, les lignes de défense se terminent, nos batteries s'achèvent et les plates-formes sont faites avec les bois de l'arsenal de Metz.

17 Septembre. — Les événements militaires sont toujours nuls, les reconnaissances muettes. Le général a visité, ce malin, toutes les batteries construites sur notre front. Il a prescrit de les compléter par des magasins à poudre pouvant contenir 40 à 50 coups par pièce. Nous les armerons celte nuit, et la garde permanente que nous allons y établir ne devra faire feu que pour la défense des positions. (Voir Pièce justificative n" 128.,

Tenant compte des émotions et des plaintes nouvelles de la j)opulation de Metz, le maréchal Bazaine consigne la ville, défend aux troupes de s'y rendre désormais, et donne l'ordre formel de n'y faire pénétrer que des corvées régulières commandées par des officiers. (V. Pièce justificative n° 131.)

Il modilie aussi la ration journalière de nos chevaux; elle sera de 3^o00, décomposés en son, seigle, foin el avoine. (V. Pièce justificative n° 145.)

/ son 0,500

n , f 1 o 1 "AA ) seif^e 0,250

Pour la ration de 3 k. oOO :{ ^ , ,^,..

foin 1,000

\ avoine 1,750

Le 6* corps devra, à partir de demain, envoyer à son service des vivres-viandes, 50 chevaux choisis parmi ceux qui sont reconnus hors de service. (Y. Pièce justificative n'* 144. )

18 Septembre. — Je viens de passer en revue les troupes de la réserve. J'ai réuni tout le monde, je leur ai lu l'ordre du maréchal en date du 16 septembre, qui annonce les événements de Sedan et de Paris. J'ai aussi fait connaître les principaux passages des circulaires de Jules Favre, etc. (V. Pièce justificative n° 137.)

J'ai recommandé d'une manière toute particulière nos chevaux. Dans i)eu de jours il faudra percer, abandonner la for-

teresse ; je compte ce jour-là sur la discipline, l'énergie et le courage absolu de tous.

Sur 521 chevaux envoyés ce matin aux vivres-viandes, 22 ont été refusés comme trop épuisés et impropres à l'alimentation. Il a fallu les abattre. Pauvres animaux, il ne faut pas songer à leur apprendre à mourir plus lentement!

Tout le monde souffre, on ne peut plus rien acheter, les provisions sont finies.

La situation politique est aujourd'hui positive et avouée. Non-seulement les canons et les fusils se taisent, mais le général Cofifmières a parlé.

Les officiers d'artillerie de la garde nationale sont allés le saluer, et il leur a dit : « Il n'y a, pour le moment, aucun « danger pour la ville, l'extrémité d'un siège est peu proba- « ble; le nœud de la guerre va se dénouer plus loin; les « destinées du pays vont s'accomplir, selon toutes les proba- « bilités, à Paris; nous n'avons, nous, qu'à attendre et à « faire des efforts pour immobiliser les troupes ennemies. . . . »

19 Septembre. — L'armée est mécontente.

?sous voulons partir ; nous ne songeons qu'à renforcer nos attelages pour pouvoir marcher à l'ennemi. J'adresse au général la dépèche suivante :

« Mon général, je me préoccupe beaucoup des batteries « placées sous mes ordres et je cherche le moyen de les con- « server en bon état. Pour cela, je vais moi-même, ce matin, « examiner tous les chevaux à l'aide du vétérinaire, qui, sous « sa responsabilité personnelle, devra indiquer tous les ani- « maux incapables d'un bon service et qui mangent inutile- « ment le peu d'avoine mis à notre disposition. Je crains de « voir dans peu de jours mes effectifs réduits de moitié. Il y « aura lieu alors de décider s'il ne faudra pas fondre une ou « deux des batteries pour reconstituer les autres.

« Dire qu'on a une batterie, c'est affirmer au chef qu'elle

— soft peut marcher et combattre, et dans mon âme et conscience, « aujourd'hui mes deux batteries de 12 ne pourraient pas « faire deux étapes, ni donner des coups de collier dans les « conditions ordinaires des privations de la guerre, sans lais- « ser la moitié de leurs voitures en route le long des che- « mins. (Y. Pièce justificative n" 152.)

« Du reste, mon général, ce soir au rapport je vous rente seignerai plus exactement et plus longuement. Je vaispas- « ser ma journée à me former une opinion sur laquelle vous « puissiez vous appuyer avec sécurité.

« Je suis, etc.

« Le L.-Colonel ,

« DE MONTLUISANT. »

20 Septembre. — J'ai été accueilli. Le général a provoqué des ordres, il a obtenu une nouvelle batterie de 12, la 8* du 13® régiment, capitaine Blavier. Elle vient de quitter la réserve générale pour m'arriver ce matin. (V. Pièce justificative n° 153.)

Le général de Berckheim a aussi donné l'ordre à tous les commandants d'artillerie du 6* corps de préparer la réorganisation de batteries de combat, composées de 6 pièces, 6 caissons et un seul chariot de batterie. Le travail doit être fini pour demain. (V. Pièce justificative n° 154.)

Pendant que nos rations diminuent encore, et qu'on nous retire une partie de notre riz, sucre et café, les habitants de la ville s'agitent de plus en plus; ils peuvent dire tout haut ce que nous pensons tout bas ; il adjurent le général en chef de marcher au feu. Le maréclial a semblé céder aujourd'hui devant ce cri public. Le fort St-Julien a tonné et soutenu un combat d'avant-poste engagé du côté de Borny. Une patrouille prussienne a été enlevée à Plesnoy, le 84® de ligne a donné le

même exemple du côté de Magny, etc. (V. Pièce justificative nM56.)

21 Septembre. — Le général de Berckheim vient de nous réunir en conseil. Il nous a donné tous les bons chevaux de notre parc, qu'on va abandonner. Il a prescrit de refondre nos effectifs en vue du combat. J'ai reçu 147 chevaux nécessaires pour mes batteries ; elles peuvent maintenant partir et faire feu au premier signal.

Réorganisation des batteries de combat de la réserve le sa septembre ^810.

Nombre

IVos

DES BATTERIES

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