MALADIES
Embarras gastrique
Diarrhée et dyssenterie . .
Amygdalite, angine
Bronchite
Courbature, fièvre légère
Rhumatisme articulaire, douleurs sciât..
Varioloïde
Blessures légères, abcès
Entorse au pied
Totaux
sous la tente
infirmerie sous toit
lidpital
— SS- II n'y a plus demétlicamenls en ville ni dans les hôpitaux. On est désarmé pour les premiers soins à donner aux malades de l'armée.
21 Octobre, 7 heures du matin. — Rien de nouveau. La trêve continue. Les généraux ignorent, comme nous, tout ce qui se passe.
On a désarmé la batterie de Ladonchanip. Le maréchal Canrobert a consulté les chefs de corps sur la possibilité de diminuer la ration de pain. J'ai répondu qu'on pouvait immé- (Jiatement la réduire, pour toute la réserve d'artillerie, à 100 grammes par jour et par homme.
3 heures. — J'ai reçu la carte des attaques prussiennes; c'est celle de l'état-major français, sur laquelle on a indiqué nos lignes et toutes les batteries et tous les ouvrages de l'ennemi. Ces derniers semblent bien combinés et choisis; mais il y a une lacune : en prenant à revers les batteries de Noroy, Fèves et Semécourt, la route du nord-ouest est libre sur un secteur de plus de 40".
Le bruit court, au quartier-général du 6^ corps, que M. de Bismarck a averti le prince Frédéric-Charles que les négociations entamées directement avec l'Impératrice sont rompues. C'est la clôture des tableaux séduisants présentés par le prince.
Une solution est maintenant forcée ; le départ doit être pour cette nuit : nous sommes prêts.
22 Octobre, 6 heures du matin. — Les ordres ne sont pas venus. On veut donc capituler !
J'ai encore 240 chevaux de combat : 149 de trait, 50 de selle et 41 d'officiers. Les deux batteries de mitrailleuses Laurel et Bernadac sont réorganisées et prêtes , enfin !
8 heures du soir. — Le maréchal Canrobert a visité, aujourd'hui à 3 heures, le camp de la réserve d'artillerie ; il a
voulu voir nos installations, nos chevaux, nos deux dernières batteries; il n'a pas ménagé les éloges. Pourquoi celte visite? Allons-nous partir?
Le général m'a prévenu, à 7 heures, que le 6^ corps n'a plus de vivres à distribuer aux troupes et qu'il ne peut plus rien obtenir de Metz. J'ai réuni mes officiers, nous avons mis en commun nos ressources, pris nos dispositions, et je viens de répondre que la réserve tiendra encore quinze à vingt jours et même davantage. Voici ce que nous allons faire : deux ou trois hommes par pièce, choisis parmi les anciens cultivateurs, vont aller chercher des feuilles, de l'oseille sauvage, du cerfeuil des champs, des orties, des pissenlits, du colza, etc. ; tout cela passé au feu, dans de l'huile bouillante, forme un plat passable. Une batterie a pu conserver cinq sacs d'avoine, une autre, deux sacs de blé, une troisième, quelques caisses de biscuits. Nous allons tout partager. L'avoine, le blé et l'orge concassés dans nos moulins à café forment un gruau qui, détrempé, réduit en bouillie et cuit dans l'huile, donne des galettes assez bonnes. IVous avons du vin, de la viande de cheval ; on durera tant qu'il le faudra. L'union qui règne dans les batteries de la réserve, l'énergie, la discipline des hommes me permettent de répondre que tout sera réalisé avec élan. Tous les officiers donneront l'exemple.
23 Octobre, 10 heures. — Je viens d'envoyer 20 chevaux aux vivres-viandes; 4 sont morts dans la nuit. Il ne me reste plus que 216 animaux : 40 d'officiers, 46 de selle et 130 de trait.
J'ai réorganisé les effectifs et passé la revue générale de la réserve. Tous les hommes disponibles ont des fusils modèle 1866 et six paquets de cartouches.
Les chevaux ont beaucoup baissé depuis huit jours ; si le mauvais temps continue , nous n'aurons plus, dans quinze jours, que ceux des officiers. Ces derniers ont moins souffert du froid, de l'humidité; ils sont encore très-vigoureux.
Midi. — Je suis allé, à 7 heures, chez le sous-intendant, pour lui demander l'autorisation d'acheter quelques sacs de blé, que nous avons découverts à la ferme de St-Eloy. Il a fixé le prix maximum à 60*^ les lOO"", qui a été refusé parle vendeur. Derrière moi, le comptable de la l""^ division du 6" corps a largement accordé ce qu'on demandait et enlevé les sacs. Voilà notre service des vivres! ?sous avons trouvé des ressources, et ce sont nos voisins qui, pouvant payer, profitent de nos labeurs.
Le général est venu voir nos chevaux. Les pluies sont incessantes. Plus de coups de fusil! plus d'alertes! L'horizon est muet; le vide seul nous serre à la gorge. Mes officiers et mes hommes sont pleins d'énergie, de persévérance, de courage. Plus nous avançons dans cette voie douloureuse, plus je m'attache à ces braves cœurs, qui surnagent sur les ruines de la patrie.
8 heures du soir. — Je suis seul sous la tente. Ma douleur est bien amère. Les Français n'ont su que se déchirer. Les plus grandes villes ont appelé l'ennemi ! Que de fautes, suivies d'affreuses infortunes!
Ici, les généraux, les officiers, les soldats se redressent; l'armée du Rhin est debout ! elle regarde la mort sans broncher. . . . Pourquoi refuse-t-on son dévouement et son élan? Les maréchaux attendent la Régence; elle ne peut pas venir.
24 Octobre. — Je n'ai plus aujourd'hui que 196 chevaux, dont 114 de trait.
3 heures. — Le général de Berckheim a convoqué, à midi, tous les commandants de batterie du 6" corps. Il a donné l'ordre de classer de suite tous les hommes disponibles dans les batteries à pied. Il a prescrit de livrer progressivement les chevaux affaiblis. Enfin, je dois conserver mes deux batteries de mitrailleuses et leurs 24 voitures de combat, prêtes à marcher au premier signal.
Le général de Berckheim a appris que le général Boyer est arrivé tardivement et difficilement en Angleterre. Le conseil des maréchaux doit être réuni à une heure et demie. Le maréchal Canrobert doit proposer une solution immédiate : le départ ou de commencer une dernière résistance héroïque.
8 heures du soir. — Nos voisins de la %^ division affirment que le maréchal Canrobert, à son retour du grand quartiergénéral, a fait appeler les généraux de division, pour leur apprendre la fin des négociations politiques, et le refus trèsnet de l'Impératrice. Les généraux en chef ont pensé qu'il y avait lieu d'essayer une nouvelle tentative, et d'envoyer le général Changarnier au château de Corny, chez le prince Frédéric-Charles
Encore une démarche, au lieu d'agir !
La plume me tombe des mains.
25 Octobre. — J'ai livré, depuis hier, 20 chevaux à l'intendance; il en est mort 6, il m'en reste 170.
Voici la corvée de fourrage pour la journée du 24 (herbes et feuilles) .
N-» DES BATTERIES
NOMBRE
d'hommes de corvée.
NOMBRE
de sacs remplis et rapportés.
8* batterie du 13° régiment
9« — du 4' —
Ile du 15' —
Hier soir, à 9 heures, une fusillade des plus vives s'est fait entendre à Saulny; nous avons cru qu'on partait. La fusée de garde à vous a été lancée de Woippy. Toute l'armée a été prête
en un instant. Des oificiers sont venus de toute part pour prendre des ordres... Hélas ! tout s'est bien vite éteint et le feu a cessé.
3 heures. — Le général commandant l'artillerie du 6* corps a convoqué, à midi, tous les commandants d'artillerie; voici ce qu'il nous a dit :
« Le général Boyer n'a pas réussi, et M. de Bismarck, au nom « du roi de Prusse, a prévenu, hier, que toutes les négocia- « lions sont rompues avec la Régence, parce qu'elle n'a ja- « mais voulu sanctionner et accepter une cession de terri- « toire.
« Le prince Frédéric-Charles a donc rompu les pourparlers, (( et le conseil des maréchaux a été réuni hier 214.
« Il a été décidé que le général Changarnier irait de nou- « veau auprès du prince. Il y est depuis midi. Il va tenter une « suprême épreuve et d'autres négociations. Si tout échoue, « l'armée et la ville que le roi ne veut pas séparer, se « trouveront devant la dure et impérieuse nécessité de « capituler.
« Il faut donc, dès aujourd'hui, envisager l'avenir si dou- « loureux qui s'ouvre devant nous ; seulement, pour toutes « les raisons qui sont au fond de tous les cœurs, il faut du- « rer autant que la ville elle-même, et, pour cela, attendre « encore une dizaine de jours. Il reste du cheval pour tout « ce temps-là, et les Prussiens ont si bien pressé le cercle de « fer qui nous entoure, qu'il a été impossible à l'autorité mi- « litaire d'avoir la moindre nouvelle sur ce qui s'est passé en « France depuis huit jours.... »
Le général de Berckheim nous a encore recommandé de tenir toutes nos armes en parfait état, et d'attendre les ordres définitifs qui ne tarderont pas à arriver.
Tout est donc fini, et on ose demander au maréchal commandant en chef de se rendre, et d'entraîner dans sa chute la forteresse que nous devions soutenir et sauver !
Quelle page d'histoire , souillée de douleur et de rage ! Tous mes sentiments de Français se révoltent. L'avenir inscrira, sur le livre de nos ruines patriotiques, qu'au moment où la France sombrait, l'armée du Rhin, si belle d'énergie, de discipline et de dévouement, a été abandonnée, et qu'elle a disparu sans déchoir.
o heures du soir. — Le feu a repris sur toutes nos lignes. Nous avons été joués, amusés et trompés, et nous voilà meurtris, sans boussole et sans timonier.
8 heures du soir. — Le conseil municipal de Metz a demandé, le 23 octobre, des explications au général Coffîniéres. Le commandant en chef a répondu qu'il lui était impossible de donner des informations sur l'état actuel de la France et sur les négociations pendantes, et qu'il fallait s'adresser au maréchal Bazaine. Le conseil municipal a chargé le Maire d'y procéder sans délai.
Le médecin en chef a communiqué la statistique médicale de l'armée. Il y a :
1 homme de malade sur 1 5, dans la cavalerie ; 1 — sur 30, dans l'infanterie ;
1 — sur 57, dans l'artillerie.
26 Octobre, 9 heures. — J'arrive de Plappeville où je suis allé embrasser quelques amis. J'ai traversé les camps du 6* corps, do la réserve générale, de la Garde et du 4® corps. C'est épouvantable ! Partout, sur toutes les routes, dans tous les ruisseaux, des squelettes de chevaux pantelants et des soldats occupés à les diviser. Au bas de la montée de Plappeville, un cheval affaibli, conduit à l'abattoir, est tombé devant moi; il a été renversé, saigné et dépecé par plus de cent personnes. Tout a été fait en un instant, le temps de passer. La faim est partout.
Dans la réserve d'artillerie du 6® corps, nous n'avons plus de pain depuis le 22, et seulement du cheval et des ressources
incroyables. Nos hommes vivent de privations, mais rien ne les rebute.
Au milieu de ce spectacle de désolation universelle, sous une pluie persistante, le service marche sans arrêt, sans difficulté, sans murmure. Tout le monde continue à faire simplement son devoir.
Que ceux qui désirent la guerre viennent voir de pareils spectacles, de semblables horreurs ! Un champ de bataille avec ses émotions et ses luttes n'est rien auprès du champ de la faim.
Dans des temps aussi durs, il faut l'appui de la Providence pour rester à la hauteur du commandement. Je souhaite à ceux qui me sont chers, de ne jamais traverser d'aussi cruelles épreuves, et de ne jamais ressentir les douleurs morales d'une agonie de trois mois.
4 heures. — Le général de Berckheim a convoqué, à midi, tous les commandants d'artillerie du 6" corps. Il a exposé : « Que le général Changarnier n'a rien pu obtenir ; que le « Prince Frédéric-Charles veut la reddition simultanée de « la ville et de l'armée. »
« Schlestadt et Soissons se sont rendus, toutes les autres (( villes vont subir le même sort. Le prince a affirmé qu'ils « sont plus de 1 ,200,000 hommes en France ; qu'ils veulent « briser notre résistance et notre honneur mal placé qui re- « fuse de céder deux provinces. Une armée de 100,000 « hommes marche sur Lyon et le Midi. Il sait tout ce qui se « passe dans Metz et les camps. Le roi Guillaume a donné « l'ordre de n'accorder que la capitulation des prisonniers de « guerre, etc., etc. Le prince Frédéric-Charles a renvoyé le « général Changarnier et demandé l'envoi d'un autre officier « muni des pleins pouvoirs du maréchal Bazaine. Le général « de Cissey a été désigné et a passé la nuit à Corny. Il est (( revenu ce matin sans avoir obtenu des conditions convena- « blés, et il a été décidé ce matin, par le conseil des mare-
« chaux, que l'on ne saurait céder à ces exigences et que l'on « allait réunir toutes les ressources de la ville et de l'armée, « pour tenir jusqu'à la dernière limite de la faim. »
Le général a ajouté : Qu'il était plus que jamais nécessaire de conserver cette discipline qui avait fait notre force, et qu'il faisait un dernier appel à la bonne volonté de ses collaborateurs.
Le général de Berckheim a terminé en nous disant qu'il était fier d'avoir commandé l'artillerie du G'' corps, qu'il avait demandé des récompenses et insisté pour obtenir quarantedeux croix de chevalier de la Légion d'honneur. Le général commandant en chef l'artillerie de l'armée n'a voulu accepter que deux propositions, que le maréchal Bazaine a de suite signées. Des médailles ont été aussi acceptées.
Rentré au camp, j'ai convoqué les officiers, tout exposé, et rompu le cercle, en pleurant sur les malheurs de la patrie et de l'armée.
Mes officiers sont venus me demander de ne pas les abandonner ; ils veulent me suivre partout où la destinée me conduira. — Il n'y a plus, en France, de centre de résistance, et seulement des hommes de cœur sans cohésion et sans chefs. Je resterai donc à la tête de la réserve, en maudissant ceux qui nous ont conduits à ces ruines, et condamnant amèrement l'égoïsme de ceux qui ont empêché le réveil du pays.
6 heures. — L'orage qui règne depuis le jour a redoublé d'intensité. Les vents sont déchaînés. Hier soir, toutes nos tentes ont été enlevées ; il a fallu les replacer sous une pluie torrentielle, le vent nous renversait. Les étincelles des feux de bivouac venaient, à 200 ou 300 mètres, aiïoler les chevaux. Les miens ont brisé double longe en fer; ils se serraient entr'eux, pleins de frayeur. Le vent n'a molli qu'à minuit, et, |)endant ce véritable cyclone, toute la pluie du ciel nous a mouillés. Il faut une rude santé pour la guerre et un excès de volonté pour supporter les fatigues de chaque jour.
7 heures. — Le général de Cissey vient de raconter que le Prince Frédéric-Charles avait cherché à lui inspirer une espèce de terreur, disant que si l'on brisait les armes, toutes les conditions de la capitulation seraient nulles, etc., etc. Les généraux seuls conserveront leurs épées. Tous les officiers seront, sans exception, prisonniers de guerre. Il n'accordera aucune faveur, parce que les officiers de Sedan ont manqué à leurs engagements d'honneur. Le général Ducrot est condamné à mort ; s'il est repris, il sera fusillé. Le fils du général Coffîniéres, échappé de Sedan et repris, a été passé par les armes, etc., etc.
Le conseil des maréchaux a tout accepté et il a envoyé le général Jarras, chef de l'état-major général, avec tous les pouvoirs, pour arrêter et signer une capitulation qui constitue l'armée prisonnière de guerre.
J'ai reçu, avant la nait, l'ordre de rendre, demain 27, tout notre matériel à l'arsenal de Metz.
Plusieurs certificats officiels seront remis à tous les excellents serviteurs qui ont été l'objet de propositions de récompenses et qui n'ont point été accueillies.
27 Octobre, 8 heures. — Les magasins de la ville vont se rouvrir. Je viens de recevoir, à 8 heures, l'avis que, demain 28, nos hommes recevront 250 grammes de pain, 10 grammes de sucre, 10 grammes de café et du vin. On distribuera du lard dans l'après-midi. (Y. Pièce justificat. n" 235.)
Les conseils des maréchaux se succèdent. Toutes les propositions énergiques ont été écartées, on subira les conditions de l'ennemi.
Je suis allé au quartier-général porter la situation des chevaux, il m'en reste 124. On m'a averti que toutes les armes et objets militaires vont être déposés à l'arsenal de Metz et inventoriés. Lors de la signature de la paix, ces immenses richesses eu matériel suivront le sort de la forteresse
et reviendront à la France, si la ville de Metz reste partie intégrante de notre territoire.
Midi. — Le général de Berckheim, à qui j'avais demandé de détruire mes mitrailleuses, a revendiqué la responsabilité de cet acte. Il m'a donné l'ordre écrit de détruire immédiatement toutes les culasses mobiles, de manière à rendre ces bouches à feu incapables de servir à l'ennemi. (V. Pièce justificative n° 236.1
L'ordre est exécuté. J'ai envoyé mes bouches à feu à l'arsenal, les coffres chargés, dans les casemates, et les voitures, sur la place Moselle. (V. Pièce justificative n° 237.)
6 heures. — Le général commandant en chef l'artillerie de l'armée a convoqué cet après-midi les généraux commandant l'artillerie des divers corps. Il a donné ses instructions. — Il a blâmé vivement le général de Berckheim d'avoir fait détruire les mécanismes de nos mitrailleuses.
9 heures du soir. — Le conseil municipal de Metz a été convoqué. Le général Coffiniéres a exposé : « Qu'il n'avait « plus que pour trois jours de vivres ; que le maréchal Ba- « zaine se trouvait forcé de capituler, et que la ville était fart talement comprise dans ce désastre ; — que, d'ailleurs, il « était dangereux de continuer la défense, parce que cela no « pouvait qu'aggraver les conditions imposées à la cité. Le « maréchal Bazaine a tout réglé, tout ordonné, il n'y a plus « qu'à se résigner et obéir. »
Le général a, de plus, fait afficher une proclamation aux habitants, dans laquelle il leur annonce qu'ils sont « condamnés à succomber. »
Par ordre du maréchal Bazaine, on doit fermer immédiatement les ambulances. On prévient les officiers qu'ils conserveront très-probablement leurs chevaux propriété. Ils peuvent les vendre dès qu'ils en trouveront l'occasion. Les gardeparcs doivent régler et toucher leurs dépenses. Le prêt va être payé aux hommes jusqu'au 31 . Tous les services admi-
nistratifs doivent arrêter leurs situations en finances et matières au jour de la capitulation, etc., etc. (V. Pièces justificatives n»^ 242, 241 , 243.)
Je reçois, à 9 heures, la lettre suivante :
« J'ai l'honneur de vous prier de donner des ordres pour « qu'un lieutenant de la réserve d'artillerie soit rendu chez « moi, demain matin à 7 heures, accompagné de quatre ma- « réchaux-des-logis, tous à cheval, en tenue, avec giberne. » (1) (V. Pièce justificative n° 239.)
« Signé : Général de Berckheim. »
Je viens de désigner le plus ancien des lieutenants, M. Rivot.
28 Octobre, 7 heures du matin. — Les pluies continuent. Je possède encore 101 chevaux dont voici la destination :
N°» DES BATTERIES
d'officiers
de selle
de trait
TOTAL
OBSERV.^TIONS
j 8' batterie du 13' régiment 1 9' id. id....
! 10' id. id
9* id. du 4« id
11' id. du 15* id
Totaux
(1) Y compris 2 au colonel et 1 au commandant.
(1) J'ai appris, le lendemain 28, que ce même jour, à 10 heures du soir, nos deux voisins, les généraux de division Bisson et Tixier, ont reçu la lettre confidentielle suivante; le général Tixier étant malade, sa lettre a été remise au général Péchot :
« Général, veuillez donner des ordres pour que les aigles des régiments « d'infanterie de votre division soient réunies, ce soir, dans le logement v< que vous occupez. Demain matin, à 7 heures, elles seront transportées « par les soins du général commandant l'artillerie, dans un fourgon fermé, « sous Tescorte duu officier et de maréchaux-des-logis d'artillerie, à Tar- « senal de Metz; elles devront être enveloppées de leurs étuis, et vous « préviendrez les chefs de corps que ces aigles seront brûlées à l'arsenal.
Voici aussi mes effectifs, avec les pertes de toute nature faites par les 5 batteries depuis l'ouverture de la campagne :