‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 9 sur 165 · IMPATIENCE DE STEINMETZ · texte numérisé non relu

IMPATIENCE DE STEINMETZ

sive de Steinmetz, il lui prescrit, par télégramme, de concentrer ses forces, le 4 août, vers Tholey. Pour refréner l'impatience de ce bouillant subordonné, le message ajoute : ■ Offensive générale projetée (1). »

Steinmetz n'obéit que très imparfaitement : si son quartier général s'établit à Tholey, le VIIIe corps s'échelonne jusqu'au sud d'Ottweiler; le VIIe cantonne autour de Lebach et de Bettingen (2). Moltke accepte néanmoins le fait accompli et lui télégraphie dans la soirée du 4 : « D'accord avec vous au sujet des positions occupées Y rester jusqu'à nouvel ordre (3). » Cette réponse ne donne pas satisfaction à Steinmetz, qui ne comprend pas pourquoi on le maintient immobile dans la région de Tholey, quand la II* armée poursuit son mouvement vers la Sarre. Il demande donc des explications à Moltke et, comme elles ne parviennent pas assez promptemcnt à son gré, il fait appel au roi (4).

A Ottweiler, Steinmetz empiète sur la zone de marche de la IIe année qui dispose pour son corps d'aile droite, le IIIe, de la route Saint-Wendel, Ottweiler, Neunkirchen. Dans la soirée du 4, Frédéric-Charles le prie de dégager cette direc-

(1) Historique du grand État-major prussien, II, 147. ('À) Jhid., Il, 148.'

(3) Correspondance militaire dit maréchal de Moltke, n° 102.

(4) lbid., I. 249.

18 FORRACH

tion, mais il se heurte à un refus catégorique. Le commandant de la 11e armée soumet alors le litige au grand quartier général qui expédie aussitôt à Steinmetz le télégramme suivant : « La I" armée évacuera demain la route Saint- Wendel, Ottvveiler, Neunkirchen (1). ■ En même temps, Steinmetz apprend que, le lendemain matin (> août, la II" armée continuera sa marche en avant, et que les avant-gardes du IIIe corps atteindront Sulzbach et Saint-Ingbert.

Ainsi, sans nul doute, les troupes de Frédéric- Charles prennent les devants, et elles vont porter les premiers coups à l'adversaire. Cette perspecti\ e, succédant aux dissentiments des jours précédents avec Moltke, exaspère Steinmetz; il croit qu'on veut systématiquement lui faire jouer un r«>le de second plan et lui ravir la moisson de lauriers qu'il compte bien cueillir. Bien résolu à ne pas se laisser dépasser par les colonnes de la II* innée, il ne craint pas d'enfreindre les instructions de Moltke, qui lui prescrivent de rester à Tfaoley jusqu'à nouvel avis (2).

Les ordres de Steinmetz pour la journée

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