‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 108 sur 165 · L'AILE DROITE PRUSSIENNE · texte numérisé non relu

L'AILE DROITE PRUSSIENNE

Tous ces mouvements sont terminés vers 6 heures et demie ; ils déterminent pour l'aile droite du Fr corps prussien « une situation qui n'est pas sans gravité (1) ». Dans ce secteur du champ de bataille, où nous avons un corps d'armée entier, les xYllemands ne disposent immédiatement que de réserves d'infanterie insignifiantes. Pour s'opposer « au mouvement tournant » dont ils se croient menacés « par la route de Bouzonville (2) » , mais qu'en réalité, le général de Ladmirault n'a pas le dessein d'exécuter, ils n'ont d'autre moyen que de faire appel à l'artillerie. Trois batteries s'établissent à cet effet d'abord au nord-est de Noisseville, puis, à plus courte distance, aux abords de Servigny; une quatrième prend position entre Servigny et Poixe, sans autre soutien que le seul bataillon le Servigny. En même temps, interviennent quatre batteries de l'artillerie de corps : deux |rès de la brasserie de l'Amitié, deux près de Montoy (3).

Constatant, à 7 heures, que les Fiançais étendent de plus en plus leur gauche vers le nord, le général von Manteuffel prescrit à la 3e brigade de

(1) Historique du grand Etat-major prussien, IV, -VC5.

(2) Ibid., IV, 466

(3) Ibid., IV, -VGG, 4G7.

maintenir « à tout prix sa position de Noisseville et du ravin deNouilly » avec l'appui de l'artillerie de corps qui devra, à cet effet, se rapprocher de Noisseville. La 4re brigade, en marche par la route de Sarrebruck, doit s'établir, à son arrivée, en réserve générale à la brasserie de l'Amitié. La 4e a pour mission de contourner Noisseville par le nord et de « s'opposer au mouvement tournant de l'adversaire par une pointe dans son flanc gauche (1) » .

L'artillerie exécute immédiatement la conversion à droite prescrite, et prend position au sudouest de Noisseville. Vers 7 h. 30, toutes les batteries du I" corps, 90 bouches à feu, sont en ligne, mais le front Colombey-Lauvallier est presque entièrement dégarni : l'effort principal est dirigé vers le nord-ouest (2) . Au même moment, le commandant du VIIe corps abandonne à peu près complètement à elles-mêmes les 25* et 26" brigades pour chercher à envelopper les positions françaises par le sud. Ainsi Zastrow et Manteuffel, après s'être mutuellement soutenus au début de l'action, livrent ensuite bataille, chacun pour son compte, dans des directions divergentes, l'un devant le bois de Borny, l'autre vers Mey (3).

(1) Miioi i,/ur ilu frund lùiit-vuijoi - 1» muimt IV, 409.

(2) Ibul. — 24 pièce» au lud-OOMf dfl I ,;niv;illi<T, V2 iniiv 01 h.iiiH.m M Noisseville, 24 rulic Srr\ij;ny <l lVivi.

PERTE DU KOIS DE MKY 247

Déjà le général commandant la 3' brigade a renouvelé l'attaque sur cette localité au moyen de six compagnies fraîches restées jusqu'alors à Noisseville. Le général Grenier renforce alors sa ligne de combat avec le 64° de ligne : le IIIe bataillon se jette dans Mey, le IIe relève dans le petit bois au nord-est trois compagnies du 5e bataillon de chasseurs dont les cartouches sont épuisées, le Ier se déploie au nord doublant les tirailleurs du 13e de ligne (1). Un feu terrible arrête les Prussiens. Mais bientôt débouchent du ravin de Nouilly deux bataillons du 3" régiment qui, d'un seul élan, et renforcés par deux compagnies du 49, gravissent les pentes situées à l'ouest du moulin de Goupillon (2) . Un incident favorise leurs progrès. L'obscurité naissante fait confondre les Prussiens avec nos chasseurs à pied ; le feu cesse de notre côté; l'ennemi en profite pour pénétrer dans le bois de Mey, dont il s'empare entièrement malgré une défense énergique. En même temps trois compagnies atteignent, à la faveur du crépuscule, les jardins qui entourent le village de Mey; mais là leurs progrès sont arrêtés par le IIIe bataillon du G4e. De même, les Prussiens ne peuvent déboucher du bois de Mey sous le feu intense d'une ligne de tirailleurs bordant le chemin de Mey à Villers-l'Orme, etappar-

(1) Historique manuscrit du 64* de ligne.

(2) Historique du grand Êtat-major nrutrien, IV, 481.

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