‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 129 sur 165 · BOUS Y · texte numérisé non relu

BOUS Y

mesures de sécurité à prendre en avant et sur les flancs. Le commandant en chef ne songe pas à diriger sur Verdun, par les routes de Briey et d'Étain, les impedimenta qui alourdissent les colonnes. Au surplus pourquoi n'attaquerait-il pas, avec les forces supérieures dont il dispose, les 30 000 Prussiens qui semblent vouloir mettre obstacle à la retraite sur Verdun?

L'incapacité du haut commandement français, qu'à défaut d'autres preuves, ces instructions suffisent à révéler, s'est manifestée aux troupes pendant cette journée du 15 août et a profondément affecté leur moral. Le général Lebrun, qui les voit traverser Gravelotte, a laissé à cet égard un témoignage caractéristique. « Les soldats, harassés de fatigue, marchaient silencieux; mais, dans leurs regards presque farouches, on lisait combien ils étaient impatients de ne pas trouver plus vite un peu de repos, après vingt et quelques heures d'une marche si pénible. Les officiers et, parmi eux, les plus élevés en grade, n'étaient pas silencieux, comme leurs soldats; ils exprimaient hautement leurs sentiments de réprobation envers l'état-major général de l'année qui, suivant eux, n'avait pas su, par des mesures

arrêtées plus sagement, épargner à leurs troupes de pareilles fatigues (1) . »

(|) «;. m. i il I i m », foc. cit., 809

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