LA DIVISION BATAILLE
pas moins de 5 500 mètres. La plus grande partie de l'infanterie combat sous bois, les unités enchevêtrées, sans direction possible. Kameke a dépensé toutes ses troupes. Depuis l'attaque directe du Rother Berg, il ne dispose plus d'aucune réserve : il a engagé ses deux derniers bataillons sans même savoir s'il pourra être appuyé. Gomme le général Frossard, il doit renoncer désormais à intervenir dans la lutte; il s'est réduit au rôle de spectateur.
La situation peut devenir d'autant plus grave que la brigade Fauvart-Bastoul arrive à ce moment non loin de Spicheren, tandis que le reste de la division Bataille marche sur Stiring. De plus, la brigade Letellier-Valazé, rappelée du Kaninchens Berg, se dirige de Forbach sur Stiring qu'atteint déjà le 32e de ligne formant tête de colonne. Un faible effort contre la ligne mince qui nous est opposée suffirait pour rompre l'adversaire et lui faire subir une catastrophe.
La supériorité manifeste du feu acquise par les batteries prussiennes, tant contre l'artillerie française du Rother Berg que contre celle de Stiring, les progrès de l'infanterie dans le bois et dans la forêt de Stiring, l'entrée en ligne prochaine de la 28e brigade déterminent Kameke à
renouveler vers 3 heures « son ordre antérieur d'aborder le Rother Berg et d'en déloger le défendeur (l) ».
En conséquence, le général von François, à la tète de cinq compagnies, commence à gravir les pentes de l'éperon occupé par des fractions du 10e bataillon de chasseurs, du 24e de ligne et par une compagnie du génie. L'artillerie prépare 1 attaque en concentrant les feux de ses quatre batteries sur l'étroit espace occupé par les Français. Écrasés sous une pluie de projectiles, ceux-ci sont en outre surpris par l'adversaire qui a escaladé le Rother Berg sans être vu. Ils évacuent les tranchées et gagnent, à cent mètres en arrière, un ressaut de terrain d'où ils ouvrent un feu violent. Puis ils exécutent un retour offensif, qui échoue a la suite de l'intervention d'une nouvelle compagnie prussienne. Le général von François tombe à ce moment, frappé de cinq balles (2). La lutte restera stationnaire sur ce point jusqu'à •4 heures du soir. Soutenues par l'artillerie qui, du (Jalgeu Mcrg, tire à 1 200 mètres presque aussi facilement qu'au polygone, les cinq compagnie! prussienne* résisteront à tous les efforts que tenteront les Français pour les rejeter au bas des pentes.
Dans le (Jifert Wald, le combat est devenu
(1) llistorii/ue du i/iand Htat-major prussien, III, 318.
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