‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 39 sur 165 · COMBAT DU KA NINCIIENS BERG · texte numérisé non relu

COMBAT DU KA NINCIIENS BERG

mouvement, mais von der Goltz, de sa propre initiative, reprend, vers G heures, sa marche sur Forbach par les deux rives de la Rosselle (1).

Apprenant qu'une colonne prussienne débouche de Volklingen sur Forbach, le général Frossard a dirigé, vers 4 heures, sur Grande-Rosselle, les 4'' et 5e escadrons du 1:2e dragons sous les ordres du lieutenant-colonel Dulac. Les patrouilles de pointe ne tardent pas à se trouver au contact des avant-postes de von der Goltz et, à 6 heures, quand la colonne se remet en marche, les deux escadrons se replient lentement sur le Kaninchens Berg, au nord-ouest de Forbach. Là, ils mettent pied à terre et occupent la partie gauche des tranchées construites par le génie. A leur droite viennent s'établir la compagnie du génie de réserve du 2° corps et un détachement de pontonniers (2).

Accueillies au débouché des bois par un feu violent, les compagnies prussiennes qui marchent en tête de la colonne s'embusquent derrière les accidents de terrain et dans les broussailles, tandis que la batterie d'avant-garde ouvre le feu sur Forbach (3). Sur ces entrefaites, un détachement de cent réservistes du 2e de ligne, commandé par

(1) Historique du grand Etat-major prussien, III, 358.

(2) Historiques manuscrits du 12* dragons et du 16° régiment d'artillerie-pofitonniers .

(3) Historique du grand Etat-major prussien, III, 359.

le sous-lieutenant Arnaud, a débarqué à la gare de Forbach, et accourt au Kaninchens Berg. Ces hommes sont à peine encadrés et ignorent même, pour la plupart, le maniement du chassepot. Le lieutenant-colonel Dulac les fait placer dans les tranchées à côté des dragons et, pendant une heure, cette faible et vaillante troupe réussit à contenir l'ennemi (1). Mais, vers 7 h. 30, le manque de munitions commence de se faire sentir. D'ailleurs deux bataillons prussiens environ débordent les tranchées par le sud-ouest (2) . Le lieutenant-colonel Dulac se voit alors forcé de donner l'ordre de la retraite. Afin de couvrir le mouvement, il fait remonter ses dragons à cheval et les lance contre l'infanterie ennemie. Cette charge, bien qu'arrêtée par les feux de deux compagnies, donne le temps au détachement de se rallier derrière la voie ferrée, dont on obstrue le passage au moyen d'une barricade. Deux batterie! du 2" corps s'établissent à ce moment sur les hauteurs à l'est de Forbach et canonnent les troupes prussiennes maîtresses du Kaninchens Berg (3). Celles-ci s'avancent jusqu'à 300 mètres environ du chemin de fer; mais là, elles sont arrêtées par une fusillade intense. « Cependant,

(1) H.i|>|>"it • t • i MUis-li.uli'ii;ml Arnaud.

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