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à la tète de trois bataillons environ qu'il a pu réunir à Drathzug. Ce mouvement offensif coin cide avec l'attaque décisive dont est chargé à ce moment le général von Schwerin contre le Forbacher Berg. En même temps, l'avant-garde de la 13e division s'empare du Kaninchens Berg.
Le général Frossard juge la situation plus critique qu'elle ne l'est réellement : « Le 2e corps, épuisé par douze heures de lutte (1), était grandement menacé sur sa droite et était pris à revers par sa gauche. Au centre, les troupes placées à Stiring, en entendant la canonnade sur Forbach, voyaient leur ligne de retraite compromise. Toutes nos réserves étaient engagées; les renforts annoncés n'arrivaient pas. Sans espoir d être soutenu le lendemain, tandis que l'ennemi se renouvelait sans cesse, il était urgent de prendre une position solide pour assurer la retraite (2). » . Vers 7 heures, le général Frossard prend donc le parti de rétrograder sur le plateau d'Oeting que les troupes de sa gauche peuvent encore gagner par Forbach (3) .
Les deux bataillons du 67* qui, par l'occupation du bois de Stiring, forment échelon avancé, commencent les premiers à se conformer aux
(1) Cliiffï.- exagéré : h bataille n'irait commencé" que wn
midi.
(2) JottfMj 'I. m.mlir «lia 2* lorp*.
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FKOSSARD ORDONNE T. A RETRAITE 8:5
prescriptions du général en chef (1) . Aussi Woyna fait-il bientôt, sans difficultés, « des progrès sérieux dans le bois (2) » . Pendant ce temps, les six compagnies du 52e, détachées par le général von Schwerin, s'avancent sur Stiring entre la lisière orientale du bois et la route, appuyées par une batterie qui s'est portée au nord de la Brème d'Or. Bientôt elles se relient aux troupes du général von Woyna à la lisière sud du bois de Stiring. On entend ace moment, sur les hauteurs de Spicheren, le clairon français sonnant la retraite. La cavalerie prussienne tente alors vers Stiring une démonstration que les deux batteries à cheval du 2" corps, établies au sud-ouest du village, arrêtent immédiatement (3).
Cependant, Woyna se porte à l'attaque des Forges. Le général Valazé, « reconnaissant l'urgence d'un mouvement offensif vigoureux (4) » , fait exécuter, vers 8 heures, une double contreattaque : le 55e de ligne, ippnyé par un bataillon du 76", s'avance entre la grande route et le bois de Stiring, tandis que le 3e bataillon de chasseurs se porte sur ce bois même. Sans tirer un seul coup de fusil, ces troupes se précipitent à la baïon-
(1) Rapport du général Bataille.
(2) Historique du grand Etat-major prussien, III, 354.
(8) Ibid., 111, :ï5 V ; Cardinal von Wii.i.mi.n. lue. rit., 160; Rapport du général Gagneur; Historique manuscrit du 17e d'artillerie.
(4) Rapport du général Vergé.
nette sur l'ennemi, qui n'attend pas le choc et se replie vivement (1).
Stiring reste au pouvoir des Français jusqu'à 9 heures du soir. Le 32e de ligne, qui borde la lisière nord-ouest du village , occupe également les Forges de concert avec un bataillon du 77e et des fractions du 3e bataillon de chasseurs. De l'usine jusqu'aux maisons qui bordent la route de Sarrebruck, s'étend une grande barricade qu'ont élevée et que défendent les Ier et IIP bataillons du 55' . Le IP bataillon est en réserve près de la route. Les deux batteries à cheval du corps d'armée appuient l'infanterie jusqu'au «dernier moment. Peu à peu, l'ennemi vient garnir le chemin qui conduit de la forêt de Spicheren à Schoeneck. Vers 8 heures 45, le général von Woyna ordonne sur Stiring une attaque générale qui est aussitôt arrêtée par un feu violent (2) . Le général Valazé profite de ce moment de répit pour retirer du combat le 32° de ligne, le 3° bataillon de chasseurs, les fractions du 77% et les met en marche sur Oeting. Un peu plus tard, le colonel du 55% constatant que l'attaque ne se renouvelle pas, reforme ses Pr et IIP bataillons derrière Le II el se replie lentement en l'arrêtant plusieurs fois
(1) N..t. s du général Février sur la bataille de Korbaeh. —
i aérai Février commandait en ISTtt le ïï* de ligne de le division Vergé. — Cf. Journal <le marche de la division Vergé.
(2) Général m \V\in\iii. Inc. cit., 183; Historique manuscrit ■ In :>' bataillon de chasseurs.
DERNIERS COMIÎATS A STIRING 85
pour faire face en avant. Ce mouvement, d'ailleurs, est à peine inquiété (l) .
En raison de l'obscurité et de la confusion, l'ordre de la retraite ne peut être transmis à de nombreux officiers et soldats qui occupent des maisons éloignées. Ils sont, pour la plupart, cernés et faits prisonniers. Quelques-uns résistent en désespérés et, jusqu'à 11 heures du soir, des combats partiels et très meurtriers ont lieu dans la partie nord de Stiring, au milieu des feux de l'incendie qui consume les bâtiments de l'usine.
Dans cette retraite générale, quelques voitures à bagages sont abandonnées, ainsi que l'équipage de ponts du 3e corps, envoyé de Metz sans attelages, et qu'il faut, pour ce motif, laisser à Forbach. Un certain nombre d'unités, n'ayant pu retournera leurs bivouacs, perdent leurs effets de campement; mais pas un canon, pas un trophée ne reste aux mains de l'ennemi. Le 2e corps, quoique cruellement éprouvé, n'est nullement désorganisé (2) .
En arrivant à Oeting, le général Frossard, désireux peut-être de s'éloigner du maréchal
ll| Journal de marche de la division Vtrtti — L'évacuuiuu des Forges fut volontaire, contrairement à l'assertion de l'IIistori<]ue du grand Etal-major prussien (III, 354), d'après lequel ces bâtiments auraient été pris d'assaut vers 8 h. 15.
2) Le général Froward au m.ijor général, Gros-Tenquin, 8 août.
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Bazaine, renonce à se replier sur la position de Gadenbronn et prescrit la retraite sur Sarreguemines. Là, il apprend le lendemain la défaite de Frœschwiller. Il se dirige aussitôt sur Puttelange, après avoir rallié la brigade Lapasset qui forme arrière-garde. Il n'y a d'ailleurs aucune poursuite : les Prussiens sont harassés de fatigue et ont perdu leurs liens tactiques.
« Les troupes du 2* corps, dans cette sanglante journée, s'étaient remarquablement conduites, a dit avec raison le général Frossard. Si la 3' division avait eu à supporter la plus grande part du poids de la lutte, en contenant, par sou énergique résistance, les troupes considérables qui l'assaillirent, toutes avaient combattu avec une grande valeur pendant douze heures, sans repos, sans avoir pu prendre de nourriture. L'ennemi s'était trouvé impuissant à les déloger de leurs positions; celles-ci, à 10 heures du soir, étaient encore sensiblement les mêmes que celles occupées le matin (1). »
Le -2' corps avait le <> août un effectif de 80 041 rationnaires et 5 099 chevaux, avec 00 bouches à feu. Les Prussiens avaient en ligne, à la lin «le la journée, 30 100 fusils, 4 500 sabres, 108 pièces. Les perles s'élevaient à 249 officiel . 3888 hommes tic troupe pour le 2'' corps;
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