‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 46 sur 165 · LA DIVISION DECAEN · texte numérisé non relu

LA DIVISION DECAEN

7 heures et demie du soir, quand, sur un appel pressant de Frossard, Metman se décide à marcher vers Forbach ( 1). La tête de colonne y arrive vers 10 heures et, tandis que les troupes se massent au sud-ouest du bourg, des officiers partent à la recherche du général Frossard. On finit par apprendre que le 2e corps bat en retraite sur Sarreguemines. Metman prend le parti de suivre la même direction, « relativement sûre ■ à son avis. Sa colonne traverse Forbach, sans éveiller l'attention des sentinelles prussiennes éloignées de quelques centaines de mètres seulement, et gagne le plateau. A 4 heures du matin, après avoir rallié toutes ses troupes, Metman se dirige également sur l'uttelange, bien que la situation générale lui dictât de se replier sur liening, au lieu de suivre les traces du 2e corps (2).

Enfin, la division Decaen, qui se trouve à Saint-Avold même, avec le maréchal Bazaine, y est immobilisée dans l'attente d'une attaque qui ne vient pas. Seul, le (50l de ligne est envoyé par le chemin de 1er, vers G heures du soir, au gêné-

(i) Le général Frossard avait envoyé à 4 heurts une dépêche

invitant Metman à partir « de suite » pour Forliach. Cette Dépêche ne parait pas être parvenue à destination (Instruction relative au procès lia/aine, Déposition du yenéral Metman). — Cf. généra] Frossard, /<><•. cit., 38.

(2) Instruction relative au procès Bazaine, Dépositions des généraux Metman et Arnaudeau ; Journal de marche de la division Metman.

rai Frossard, trop tardivement d'ailleurs pour lui être d'un secours quelconque. Ce régiment rejoint ensuite la division Metman (1).

Ainsi trois divisions du 3e corps ont marché une partie de la journée du 6 et de la nuit suivante, sans que leurs efforts aient été de la moindre utilité. « Après la bataille de Spicheren, on a beaucoup discuté dans l'armée du Rhin la question de savoir si les commandants des divisions du 3e corps n'auraient pas dû, en raison des faibles distances qui les séparaient du 2e, vers le milieu de la journée, se porter résolument au secours de ce dernier, sans attendre d'ordres directs du général en chef, dès l'instant où la canonnade très vive partant de Spicheren leur démontra que le 2e corps était vivement engagé. Cette question est-elle sérieusement controversable? Est-ce que, depuis Waterloo, ce n'était point un principe, considéré comme un axiome, que tout général, en présence de l'ennemi, doit marcher ians hésitation au canon, pour soutenir un de ses frères d'armes compromis, à moins que, pour des motifs qu'il peut ignorer, son général en chef lui ait donné un ordre formel dé

demeurer cloue sur place?... (2) »

Telle! étaient lei conséquences fatales d'un

(I) Journal & nMtrcha d* la division Deoaenj maréchal Bj F Armé$ du Rkint -îT (î) < m r, toc, cit., 274.

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