‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 49 sur 165 · ABSTENTION DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

ABSTENTION DE L'EMPEREUR

avait tenu le major général et l'empereur au courant des nouvelles qu'il avait reçues du général Frossard (1) et des ordres donnés aux diverses unités du 3P corps. Les dispositions relatives aux divisions Castagny et Metman, et relatées à l'empereur dans un télégramme de 12 h. 45, ne soulèvent, de la part du souverain, qu'une observation de détail formulée sur un ton incompatible d'ailleurs avec son rôle de généralissime (2) . On constate aussi avec surprise l'absence totale d'instructions du major général au maréchal Bazaim' quand celui-ci eut rendu compte de l'importance de la lutte qui se livrait à Forbach. Pourquoi ne pas lui avoir envoyé aussitôt par télégramme l'ordre formel de se porter, avec toutes ses forces, au secours du 2e corps? 11 était manifestement insuffisant de lui télégraphier, d'ailleurs tardivement : » Je reçois de mauvaises nouvelles du général Frossard; quelles mesures prenezvous? (3) » On peut s'étonner enfin de voir que ni l'empereur, ni le major général ne jugèrent à propos de se rendre à Forbach où un train pou-

(1) Ces nouvelles furent parfois transmises tardivement. Ainsi le maréchal Bazaine n'expédie à l'empereur qu'à 3 h. 19 du soir ce télégramme rédigé à 2 h. 15 et de première importance : « Le général Frossard me dit : « Je suis fortement engagé... c'est une bataille. »

(2) u II me semble que la division qui devait être à Marienthal peut avancer sur Merlebach. »

(3) Le major général au maréchal Bazaine, D. T., Metz, 6 août, 6 h. 40 soir.

vait les transporter en une heure. Tout cel constitue une véritable abdication du commande ment suprême.

Mais la responsabilité du maréchal Bazaii n'en demeure pas moins entière. Qu'il ait agi pai jalousie à l'égard du général Frossard, auquel s< situation de gouverneur du prince impérial aval valu beaucoup d'ennemis (1) ; qu'il ait voulu ne pas compromettre les troupes placées sous soi commandement et les conserver intactes (2) ; ou, qu'en dépit de toutes les apparences, il n'ait eu aucune arrière-pensée et que sa conduite ait été le résultat de l'incapacité dont il donna plus tard tant de preuves, Bazaine a, par son abstention, laissé échapper un grand succès. On ne peut que souscrire au jugement du général de Rivières, rapporteur du Conseil de guerre de Triauou : ■ En résumé, en ne donnant pas en temps utile des ordres aux troupes placées sous son comman-

(1) Voir général I.kiiri \, /oc. <//., 27."). — On appelait dédaii;n. h-. Muni Frossard « le professeur». Le maréchal lia/aine aurait «lit le 6 août : « Il y ■ trois ans que le général Frossard étudie la position de Forhach et qu'il la trouve superbe pour y livrer bataille. F.li ! bien, il l'a inaiiitrnaiit. cette bataille! ■

Prceia Bmaaitu, Rapport* p. 13) Le maréchal ■ déclaré1 m pal se Morenii di i parole» prononcées à ce sujet.

(2) Paiaanl remarquer, le (> an noir, an général commandant le

du '■'> DOrpi la situation, i en llècbe si dangereuse • , du

I Proeaard, la maréchal aurait ajouté « qu'il ne s'était pas

soucié de pOftW ieedi\iM<>ns ,'i la mite «le celles du général

tetioa relative .in proeèi Basaine, Imposition du commaa*

dant Mcnsicr). — Le maréchal a nié ce propos.

Page 1