I.KS DEUX DÉFAITES DU 6 AOUT
dément, en restant éloigné du champ de bataille, et, par conséquent, dans l'impossibilité de diriger le combat, en n'indiquant pas de point de ralliement à son armée, le maréchal Bazaine a pleinement assumé la responsabilité de la perte de la bataille de Spicheren, du désordre qui marqua les journées suivantes, du découragement profond qui en résulta pour nos troupes, et de l'exaltation extraordinaire que ces événements inspirèrent à l'ennemi (1). »
Dans cette funeste journée du (> août, nous avions subi deux défaites, non pas en raison d'habiles manœuvres de l'adversaire, qui avait engagé la lutte contrairement à la volonté du général en chef, non pas à cause de notre infériorité numérique, mais par la faiblesse de notre commandement qui avait oublié deux principes fondamentaux de la guerre. A Frœschwiller, nous avions accepté la bataille avant d'avoir concentré toutes nos forces; à Forbach, nous n'avions pas su marcher au canon. La simple application de ces principes, malheureusement méconnus, eut rendu la lutte indécise en Alsace et nous eût valu une victoire certaine en Lorraine.
(1) Procès Bazaine, Rapport, 13.