L'ATTAQUE IMMINENTE
de sûreté rudimentaire n'est pas poussé jusqu'à la Sarre (1) .
L'inconvénient de ne plus commander les ponts était compensé, sans doute, dans l'esprit de Frossard, par d'autres avantages : « Il connaissait parfaitement la position de Spicheren, assure le général Lebrun ; il l'avait visitée et parfaitement étudiée en 1867. 11 était convaincu (pie son corps d'armée y serait inexpugnable, pourvu que l'ennemi ne vint pas l'attaquer avec des forces démesurément supérieures (2) . »
Plusieurs télégrammes parviennent au général Frossard dans la nuit du 5 au <> août. L'un deux le convoque, avec le maréchal Baiaine et If général de Ladmirault, à une conférence qui «loi) a\ (Milieu, le lendemain. ;'• nue heure et demiedel'.i| midi, à la gare de Saint-Avold. « Fn prévision d'une offensive de 1 ennemi et d'une bataille prochaine » , l'empereur se proposait, si l'on en croit le maréchal Le Bœuf, d'y donner des instructions d'ensemble et de « régler la coopération • des trois corps d'année (3). Cette réunion est contremandée dans la matinée du 6 par une dépêche du major général : « Tenez-vous prêt à une attaque
(1) Il n in est question dans aucun document français ou allemand.
(2) Général Lbbrum, Souvenir* militaires, M4.
(3) Le major général au maréchal Bazaine et au général Frossard, 1». T., Metz, 5 août, 7 h. 10 soir; Note marginale autographe du maréchal La Bœuf sur ledit télégramme.
sérieuse qui pourrait avoir lieu aujourd'hui même. Restez à votre poste, et ne venez pas trouver l'empereur (1). »
De son côté, le maréchal Bazaine confirme au général Frossard la nouvelle déjà connue de la marche concentrique de forces ennemies considérables, venant de la région de Trêves, vers Sarrelouis et Sarrebruck. Il recommande, de la part du major général, de redoubler d'attention aux avant-postes (2). Un peu plus tard, Bazaine prévient Frossard que la division Montaudon, qui occupe Sarreguemines, a lieu de croire qu'elle sera attaquée dans la matinée par des forces supérieures. Bazaine ajoute que, dans ce cas, une division du 2e corps devra se porter sur Grosbliederstroff (3). Frossard répond qu'il lui sera difficile de retirer une division de Spicheren, et obtient de Bazaine l'assurance que la division du 3e corps occupant Puttelange serait poussée éventuellement sur Sarreguemines (4).
Les avertissements donnés à Frossard par le major général et par Bazaine étaient utiles sans
i I l La major généra] au yénëral Frossard, D. T., Metz, G août, I li. 10 matin.
2) l.i- ni.ircrli.il llazainc au général Frossard, 1). T., Saint- AmiU. (i août, 2 II. !">() matin.
(3) La même au Blême, 1). T., Saint-Avold, 6 août. '■) li 15 matin.
I '»> I ;;. ncral Frossard au maréchal Ma/aine. 1>. I., h'orliarli.
»i .imui. 7 li ."lit malin; !<■ maréchal Ha/aim- au •;«■ nt-i .i I Imos-
- ml, I» I . <i .„,iii, 10 h. .">.-> matin.