LES CONSÉQUENCES DE FORBACH
Le désarroi au grand quartier général français. — Velléités d'offensive. — Projet de concentration au camp de t'Iiàlons, puis sous Metz. — L'armée d'Alsace définitivement dirigée sur Chalons. — Possibilité d'une retraite latérale. — Les idées des généraux Frossard et von Willisen. — Conséquences d'une manœuvre de ce genre. — Mouvements des corps français le 7 août. — La cavalerie prussienne. — Incertitude de Moltke sur la situation. — Ses projets subordonnés à l'exploration de la cavalerie.
Au grand quartier général de l'armée du Rhin, on fut atterré par les nouvelles des défaites de Frœschwiller et de Forbach. A la première stupeur, succède un universel désarroi. Les opinions les plus diverses sont émises; les avis se croisent en tous sens; une résolution n'est pas plus tôt prise qu'elle est abandonnée, et ces incer-
tudes viennent ajouter à la confusion générale ( 1 ) L'émotion est encore plus grande quand on a[ prend le retentissement douloureux que le revers ont produit dans le pays et l'irritatio qu'ils ont provoquée à Paris, dans l'oppositior Déjà ce parti accuse l'empereur d'avoir sei voulu la guerre et de l'avoir rendue inévitable en même temps, l'opinion publique se monti très sévère à l'égard du maréchal Le Bœuf e du général Frossard (2). Aussi l'impératrice, e informant l'empereur de la situation, croit-ell devoir lui conseiller de s'entendre avec le mare chai Bazaine pour les opérations à venir (3) .
Dans la matinée du 7, le général Lebrun fa même auprès du souverain une démarche dans 1 but de l'engager à remettre le commandemer entre les mains d'un des maréchaux. Mais ses ins tances sont vaines. « Plus j'ai réfléchi, lui répon
(1) Colonel d'Asdlac, loc. cit., (50; lieutenant-colonel F. (attaché à l'état-major général de l'armée du Rhin), loc. cit., 5t 52; capitaine DSMutGMilX, Citcrre île 1870, 138.
(2) L'impératrice à l'empereur, 7 aoùl, 2 h. 30 (Les de nias telei/rummes de l'Empire, 8).
(3) Ihid.\ IKuimon, Mates pour servir à l'histoire de lu i/uer
de 1870, 180. — Dans un télégramme du 7 août, M. Emj
Ollivicr dit : « A l'unanimité, le Conseil des Ministres et le Coi -' il prise Broient qu'il ■erail bon que le prince impérial rcvinl Pari». « L'impératrice ajoute en marge : ".le n'ai pu cru devo m'y opposer. » Mais, aussitôt après, elle télégraphie à l'ail d'un chiffre prirë : •• Pour «les raisons que je ne puis pas expl qui i il. m- ci Ile dépêche, je désire que Louis reste a l'année, que l'empoteur promette son retour à Paris sans le faire effe | Jet nias tcla/r<niii>ic< de l'Empire, 8-9).