VELLÉITÉS D'OFFENSIVE HT
l'empereur dans la soirée, plus j'ai compris qu'il était au-dessus de mes forces de m'éloigner de l'armée. J'ai quitté Paris avec elle, il est impossible que j'y rentre sans elle (1) . »
Si, dans l'entourage de l'empereur, la consternation et le désordre des idées sont extrêmes, le moral des troupes qui n'ont pas combattu demeure excellent (2) . Dès que le résultat de la bataille de Forbach est connu, le commandement français veut d'abord concentrer vers Saint- Avold les 3e et 4e corps, ainsi que la Garde, et se jeter sur le flanc de l'ennemi s'il continue sa marche. Des instructions dans ce sens sont rédigées durant la nuit du 6 au 7 août. L'empereur est sur le point de partir de Metz pour se rendre à Saint-Avold, lorsqu'arrive, à 4 heures du m.itin, un avis indiquant que la gare de Bening est au pouvoir de l'ennemi. Bien que d'une minime importance, cette nouvelle, jointe au manque de renseignements sur la direction de retraite suivie par Frossard, décide lempereurà l'abandon de son projet. Il prend le parti de concentrer à Metz les corps de Lorraine et charge le major général de se rendre seul à Saint-Avold, afin de donner de nouvelles instructions au maréchal Bazaine (3).
(1) Général Lebrun, loc. cit., 282.
(2) Le major général à l'empereur, D. T., Saint-Avold, 7 août, 7 h. 30 matin.
(3) Enquête sur les Actes du Gouvernement de la Défense nationale, I, 60. — Une conférence a lieu à Saint-Avold à laquelle
Dans le courant de la matinée, une nouvelle évolution se produit. L'empereur juge que plus le point de concentration générale serait éloigné — tout en couvrant Paris, et fixé à Châlons par exemple — plus il aurait le temps d'organiser et de recevoir des renforts. Prise en soi, l'idée est juste, mais les avantages du projet ne sont nullement compensés par le grave inconvénient de livrer à l'adversaire, sans coup férir, une énorme étendue de territoire. En dépit de la double défaite du 6 août, la situation n'est pas à ce point désespérée qu'on doive songer sans retard à protéger la capitale, surtout en s'interposant entre elle et l'envahisseur. De plus, un mouvement de recul aussi prononcé, exécuté d'une seule traite, aurait pour conséquences de déprimer le moral de l'armée, d'exalter celui de l'adversaire, d'inquiéter et d'irriter le pays. Il ne manquait pas, entre la frontière et le camp de Chàlons, de HgnQI de défense propices : la Nied française, la Moselle, les côtes de Meuse, en particulier, où 1 armée du Rhin pourrait faire tête a l'adversaire et retarder au moins sa marche.
Quoi qu'il en soit, la résolution de l'empereur semble un moment devoir être mise à exécution. Des ordres sont expédiés à cet effet aux 1", 2' et 6* corps, le mouvement du 6" corps de Ghàloni
ni l.. Bœuf) H. i/ m.. . Bourbaki ei le génrr.il Pavé, aide uV
< mihj) di I (Journal dp iii.mlu> du V corp«).