PROJETS DE RETRAITE
sur Nancy est contremandé (1). Le président du Conseil est prévenu du nouveau projet; le ministre de la Guerre en est informé ensuite direcment : « L'empereur a décidé que l'armée active se concentrerait sur Châlons où Sa Majesté pourrait avoir 150 000 hommes et au delà, si nous parvenons à y rallier les corps de Mac-Mahon et de Failly. Douay restera à Belfort. L'empereur va diriger sur-le-champ tous les impedimenta sur Châlons. Envoyez de votre côté des vivres et des munitions. L'aile gauche, sous le maréchal Bazaine, sera concentrée sous Metz d'ici quarantehuit heures, dans sept jours à Châlons (2). » En même temps, un décret impérial déclare en état de siège une partie des places d'Alsace et de Lorraine. Le général Goffinières de Nordeck est nommé commandant supérieur de Metz (3). Le ministre de la Guerre appelle à Paris tous les qua-
(1) Noie du maréchal Le Bœuf, 7 août; l'empereur au niunchal Canrobert, D. T., Metz, 7 août, 7 h. 30 et 8 h. 15 matin. — On remarquera que l'empereur était décidé à maintenir tout le 6e corps au camp de Châlons dès les premières heures de la matinée du 7 août.
(2) Le major général au ministre de la Guerre, 1). T., Metz, 7 août, 4 h. soir. — L'empereur expédiait à Douay, à 5 h. 30 du matin, le télégramme suivant : * Si vous le pouvez, envoyez une division à Strasbourg pour défendre la place. Gardez les autres à Belfort. » Napoléon III ignorait-il que la division Conseil-Dumcsnil avait été englobée dans la défaite de Frœschwiller, que la division Diimont était encore à Lyon et que, par suite, Douay n'avait qu'une division à Belfort?
(3) Journal de défense de la place de Metz.
trièmes bataillons disponibles, les régiments de Corse, de Bayonne, de Perpignan et de Pau, les régiments de cavalerie de Garcassonne et de Tarbes, 10 000 soldats et 1 000 canonniers de l'armée de mer (1) .
Le projet de retraite sur le camp de Ghâlons semble définitivement admis, quand, dans la matinée du 7, le Conseil des Ministres fait connaître à l'empereur qu'il trouve impolitique d'évacuer la Lorraine sans livrer bataille, et qu'il redoute l'effet déplorable que cette nouvelle produirait sur le pays. Dans 1 après-midi, M. Emile Ollivier s'efforce d'atténuer cette opinion en spécifiant que « le point de vue stratégique » doit «'l'emporter sur le point de vue politique » , et que le souverain est « le seul juge » . Il demande en même temps le remplacement au Ministère de la Guerre du général Dejean par le général Trochu. « L'effet d'opinion sera infaillible « , affirme-t-il (2). De son côté, l'impératrice se déclare « très satisfaite des résolutions prises au (<>n>oil des Ministres (3) » . L'empereur, déjà profondément affecté par les premiers revers, est d'une volonté trop faible pour résister à ces influences. Aussi abandonne-t-il son projet presque
1) l.i minuta d< la Guerre .i I emparent*, P. T., 7 août.
(2i M Kmili Ollivin • > lr!ii|irrcur, D. T., 7 noût, «ans imli- « kUOO «I li> ni.
(3^ l.'iiii|M i.iiui ■ i I . m | .« 1,111 . I> T., 6 Mât, 2 li 25 soir
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