MOLTKE MAL RENSEIGNE
avis, la résistance des Français en Alsace et à Forbach rend très vraisemblable la présence de forces importantes sur la Sarre; mais, avant d'envoyer les directives pour la reprise du mouvement, Moltke veut avoir reçu « des indications certaines sur l'attitude de l'ennemi (1). »» Jusque-là, on doit se borner, à la Irc armée, à l'occupation des hauteurs de Spicheren, tandis que les corps de première ligne de la IIe armée marqueront un temps d'arrêt : le IIIe corps, au sud de Sarrebruck, le IV et la brigade de cavalerie liredow, à Wolmûnsler. En arrière, la Garde esta Assweiler, le 7 août, le Xe corps à Saint-Ingbert, le IXe à Bexbach, le XIIe à Hombourg(2).
Quatre journées s'écouleront à rétablir l'ordre, à prendre le dispositif convenable, à attendre des renseignements. Ainsi, malgré une double victoire et la certitude de la supériorité numérique, Moltke subordonne à tort ses décisions à celles du commandement français : le vainqueur semble subir la loi du vaincu. La doctrine dune offensive stratégique placée étroitement sous la dépendance de l'exploration de la cavalerie, et se traînant, suivant l'expression d'un éminent critique, « à la remorque des informations (3) » ,
(1) Correspondance militaire du maréchal de Moltke, n" 120. - Cf. Historique du qrand Etat-major prussien, IV, 403.
(2) Historique du qrand Etat-major prussien, IV, 399, note 2.
(3) G. G., loc. cit., 177.
ne laisse pas que d'être très contestable. Elle conduit un chef à faire reposer ses conceptions sur des données qui peuvent n'être plus exactes au moment où elles lui parviennent, et à se régler exclusivement sur les mouvements de l'adversaire, au lieu de viser à lui imposer ses volontés. Suivant une judicieuse observation, « l'offensive s'exécute autrement que par l'exploration stratégique, elle relève d'un plan préconçu, fondé sur les possibilités et le caractère de l'adversaire; elle exige un dispositif souple et susceptible de faire face dans toutes les directions. Son type nous paraîtra toujours le bataillon carré de la Grande Armée; ses vues, celles qui portèrent d'un vol continu l'aigle impériale à Schleiz, à Géra, à Naumbourg, pour la rabattre sur [éna (l) ».
(i) <;. G., l0C. rit., 177.