‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 59 sur 165 · CONCENTRATION SUR METZ · texte numérisé non relu

CONCENTRATION SUR METZ

Cet avis, partagé par un grand nombre d'officiers, prévaut dans le conseil du souverain (1). Au lieu de considérer Metz comme une double tête de pouls sur la Moselle, favorisant les mouvements offensifs de l'armée du Rhin sur les deux rives et lui facilitant au besoin la retraite, on en fait une base d'opérations, au risque d'y rester attacbé trop longtemps et d'y être bloqué par l'ennemi (2) . Il est donc décidé, dans la journée du 8, que les 2% 3% <4" corps et la Garde formeront à Metz « les éléments d'une forte armée destinée, soit à arrêter celle du prince Charles, soit à se jeter sur le liane ou les derrières de celle qui paraissait devoir pénétrer par Saverne (3) » . Le 2e corps se portera sur la grande place lorraine par la ligne la plus directe, en se conformant aux instructions du maréchal LJazaine, et sans gêner le mouvement des autres corps d'armée. Le major général espère que toutes les forces seront rassemblées sous Metz le 9 août (4) . L'empereur fait diriger sur ce point douze batteries de la réserve générale, encore stationnées à

(1) Au sujet de ce rôle de Metz, romme » plaie de uianu-uvres » , voir : lieutenant-colonel Fay, Joui nul d'un officier de i armée du liliin, 54; Procès liazaine, lU|>c»ition du général Cofrinières, 423; Lettre du major général au général Frossard, Metz, 8 août.

(2) Voir à ce sujet A. G., la l'erte des Etais et des camps retranchés, I'iiihiiijii remarquable du colonel GnouiRD.

(3) Le major général au général Frossard, Metz, 8 août.

(4) lbid.

Nancy, le matériel d'artillerie réuni à Toul toutes les munitions disponibles (1). 11 prescri de « faire des efforts surhumains » pour envoyer du biscuit pendant trois jours; mais en même temps, pour des raisons politiques sai doute, il rappelle à Paris le corps d'armée du m; réchal Ganrobert (2) .

Les troupes exécutent leur marche du 8, sans que l'adversaire y mette obstacle. Le 2e corps se porte de Puttelange autour de Gros-Tenquin, la brigade Lapasset formant l'arrière-garde (3). Plusieurs régiments ne possèdent plus « ni sacs, ni campement, ai ustensiles » . Les vivres, qui déjà ont fait défaut la veille, ne sont pas assurés pour le lendemain. Les soldats sont extrêmement las. « Je ne pourrai longtemps les garder dans cet état » , écrit Frossard. Le 3e corps et la Garde constituent deux colonnes. Celle du sud, composée des divisions Metman et Montaudon, part de Pultelange et s'établit à Faulquemont et environs. Celle du nord, venant de Saint-Avold, beaucoup trop forte, comprend la Garde suivie dei divisions d infanterie Grenier, Decaen, Castagny, et de la division de cavalerie Clérembault. La Garde bivouaque à Courcelles-Chaussy et

(l) Le gdnc*ral Soleille au général Mitrecé, Metz, 8 août.

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