LES MARCHES DU 8 AOUT
Pont-à-Chaussy ; le reste de la colonne sur la rive gauche de la Nied allemande, entre Bionville et Guinglange (l). La cavalerie stationne d'ailleurs derrière l'infanterie et, comme toujours, la sûreté n'est assurée que par quelques compagnies de grand'garde placées à cinq cents mètres à peine des camps (2) .
La marche, très approximativement réglée par une note autographe du maréchal lia/aine, s'est effectuée dans des conditions déplorables. Les divisions Grenier, Castagny et Decaen font, sans nécessité, une retraite par échelons qui n'a d'autre effet que de les tenir sous les armes toute la journée. Il ne faut pas moins de treize heurei à Castagny pour parcourir 24 kilomètres; onze heures et demie sont nécessaires à la cavalerie de Clérembault pour une étape de 18 kilomètres (3). La division Decaen ■ debout à 3 heures du matin... n'arrive à Bionville qu'à la tombée de la nuit par une pluie battante » ; certains de ses régiments ne peuvent s'établir au bivouac avant 3 heures du matin (4). Ainsi l'in-
(1) Journaux de marche de la Garde, des divisions Metman, Castajjnv, Decaen, Clérembault, (lit nier.
(2) Ibid.
(3) Journal de marche de la division Casta(;nv. — Clérembault écrit à Bazaine le 8 août à minuit : «... Je solliciterai de Votre Excellence, quand ce ne sera pas utile, de me laisser arriver de manière à quitter le bivouac et v arriver de jour. »
(4) Journal de marche de la division Decaen.
capacité du haut commandement français ; imposé à ces trois divisions des fatigues considé râbles pour un résultat insignifiant. Les troupe sont exténuées, et il parait indispensable de leu accorder un séjour le lendemain. Pourtant 1 maréchal écrit dans la soirée au major général avec quelque satisfaction, semble-t-il : « Tou s'est passé avec ordre, très militairement, san un coup de fusil. L'ennemi s'est borné à fair occuper Saint-Avold par le i.")' de uhlans (1). »
La note autographe du maréchal Bazaine es (railleurs caractéristique de sa faible compé tence tactique. Il n'y est question ni du but d l'opération, ni de l'ennemi, ni d'une liaison quel conque entre les deux colonnes, ni d'une dis tance d'arrière-garde. Par contre, elle entre dan des détails absolument inutiles, rappelle san nécessité les prescriptions les plus élémentaire du règlement et prévoit, dans des termes qu dénotent une ignorance profonde des condition de la guerre en Europe, le cas bien improbabl d'une attaque sur les deux flancs (2). Quant à 1
(1) I.. mar.clial Ha/.ain.- ;in major {;<nt'ral, Kaiilqm-moni
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(2) •■ Dani l.i marche, ou devra bien se faire éclairer, le 11. m
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