MOUVEMENT PRÉVU POUR LE
que l'on profite des avantages de la supériorité matérielle et morale qui s'attachent au succès. Ce temps d'arrêt prolongé laissait à l'adversaire la possibilité de se ressaisir, de se concentrer et de se fortifier pour une nouvelle bataille, ou de se retirer pour se réorganiser: il lui rendait en un mot sa liberté d'action. » C'est dans cette halte forcée, après les premiers coups, dans les lenteurs et les difficultés du déploiement, que s'accusent tous les défauts du dispositif de marche de la II' armée... Reportons-nous en partie au débouché de Napoléon sur la Saale (octobre 1806), à ce combat de Saalfeld, suivi sans désemparer du mouvement sur Géra, et nous apprécierons où furent réellement l'énergie, l'esprit de suite, l'habileté stratégique (1) . »
Quoi qu'on en ait dit (2), les opérations allemandes, du 10 au 12 août, n'ont nullement le caractère d'une vaste conversion à gauche dont la lrc armée formerait le pivot et dont le but sciait d'envelopper l'aile droite des Français en position sur la Nied, puis de les rejeter vers le nord 3 Il ne s'agit que d'une marche directe faisant
(i)G. G., lot: cit., 160, 161.
(2) Historique du grand Etat-major prussien, IV, VU3; V«>> HtllGoLTZ, /</ Nation armée, 283; Uouknlouk, Lettres sur la 'Stratégie, I, 352, 353.
(3) Le grand quartier junéial n'apprit lu halte des Franiais sur la JNicd que dans l'après midi du 11 (Historique du arand Etatmajor prussien, IV, 417] .
déboucher les têtes de colonnes , amenées ai préalable à la même hauteur, sur la Moselle ei amont de Metz. Moltke pense d'ailleurs « qu'oi n'en viendra plus sérieusement aux mains » l'est de cette rivière (1) ». Mais c'est là une conjecture et non une certitude. Or, le front total du dispositif de marche des trois armées allemandes ne mesure pas moins de soixante-di: kilomètres. La concentration sur une aile exige près de trois jours, et le groupement des forces sur le centre, deux jours. Le commandement suprême doit donc disposer de ces délais si, contre les prévisions, l'ennemi vient offrir la bataille avant le passage de la Seille ou de la Moselle. Sans doute, on a prescrit de lancer la cavalerie ai loin et de la faire soutenir par des avant-gardes. Mais ces moyens sont insuffisants, faute el une masse de cavalerie, organe de renseignement étroitement subordonné au généralissime, et d'une avant-garde générale lui garantissant les trois journées nécessaires à la concentration. Combien les dispositions de Moltke eussent contribué au succès d'une offensive de l'adversaire.
si le commandement français n'avait été manifestement au-dessous de sa tâche !
(I) // .//< yrand État-major pruuifn, IV, V.i.Y