ARGUMENTS DE FROSSARD
fondés : le général Frossard avait le droit et le devoir de réclamer à son chef les instructions qui lui faisaient défaut; une division d'arrièregarde eût couvert la retraite et l'évacuation des magasins de Forbach. En supposant d'ailleurs qu'on ne réussit pas à replier à temps les approvisionnements réunis si imprudemment à proximité de la frontière, il était préférable de les abandonner à 1 adversaire que de s'exposer à un échec dont les conséquences seraient par surcroît de les faire tomber entre ses mains (I). Ces motifs ne sauraient donc justifier la décision prise de livrer combat sur la position défectueuse de Stiring-Spicheren. Par contre, le général Frossard pouvait espérer à bon droit être secouru. Gomment prévoir que, des quatre divisions du 3e corps dont il connaissait les emplacements à une courte étape du champ de bataille, aucune ne viendrait le soutenir? Peut-être n'a-t-il accepté et prolongé la lutte qu'avec la conviction, d'ailleurs très justifiée, d'être renforcé dans la journée par le 3e corps tout entier.
Déconcerté un instant par le combat de Sarrebruck où il a cru voir une première manifesta-
(1) Ces approvisionnements purent être évacués, en grande partie, au cours même de la bataille de Forbach (300 wagons
tion de l'offensive française (1), le grand quartier général allemand s'est ressaisi en constatant, le lendemain 3 août, que nous ne franchissons pas la Sarre. Les renseignements parvenus le 4 confirment notre immobilité et font même entrevoir, inexactement, notre retraite sur certains points (-2). Moltke a d'ailleurs reçu l'assurance formelle que la IIIe armée pénétrera en Alsace ce jour-là (3). Il se décide alors à autoriser la marche de la IIe armée à travers les défilés du Haardt, afin d'atteindre le front Neunkirchen- Hombourg-Deux-Ponts : quatre corps, les 111% IVe, X'et la Garde devront s'y établir en première ligne; les IXe et XII* plus en arrière entre Waldmohr et Miihlbach. Les 5e et 6° divisions de cavalerie précéderont ces colonnes (i).
Le déploiement à l'ouest du Haardt achevé dans la soirée du 7 août, ce que Mollke a appelé plus tard son « plan fondamental » , consiste à a se maintenir dans une position expectante, en
mu :5">0} (Instruction relative au procès Kazainc, Déposition de l'inti nil.int militaire Mages).
(1) Cf /" l'rrtr de l Alsace, 120.
(2) Historique du irwnd Êtmt major prustien, II, 159.
Ç.\) ('m i-fx/miifliuii-r mUiUrifl '/" iiuueehnl île Moltke, n° 103.
(4) Hiitorùntë du trund litut-niujiu- pru$9Utnt II, 165. —
plaid* «lui.. I. - 1 1 ii m. ros (les corps d'armé* allemands
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régimi n'* tlll BIIAds, en cliilïivs .u.ili. s italiques; les nu-
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