PLAN FONDAMENTAL ALLEMAND
cherchant à contenir l'armée française sur la Sarre, jusqu'à ce que les progrès de la III8 armée ... permettent d'agir efficacement». Moltke se propose alors de livrer une bataille décisive « sur la frontière française même » , les Ire et IIe armées s'engageant de front, tandis que la IIIe, après avoir écrasé les forces adverses d'Alsace, attaquerait en flanc en débouchant par la haute Sarre (1). C'était, comme on l'a dit très justement, un nouveau Sadowa que Moltke avait l'intention de réaliser dès le début de la campagne (2) . L'offensive des Ire et IIe armées, débutant par le passage de la Sarre, est fixée au 9 août (3) ; Moltke admet donc implicitement que l'armée française demeurera immobile jusqu'à cette date, et que rien ne viendra s'opposer à la réunion des forces sur le champ de bataille même.
Le prince Frédéric-Charles, commandant la 11e armée, est parfaitement au courant des intentions du grand quartier général. Ses instructions du 4 août au soir, pour le franchissement du Haardt et le déploiement sur le versant occidental de la région montagneuse, sont conformes au « plan fondamental (4) » . Steinmetz,
(1} Historique du grand Etat-major prussien, II, 6-4- ; Cotres pondance militaire du maréchal de Moltke, n° 20.
(i) Général Bonsal, la Manœuvre de Saint-Privat, I, 339.
(3) Correspondance militaire du maréchal de Moltke, n* 107.
(4) Historique du grand État-major prussien, II, 94.
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commandant la Ire armée, n'est au contraire informé des projets de \foltke que d'une manière moins complète et plus tardive (1). Une telle omission est particulièrement dangereuse à l'égard d'un subordonné tel que Steinmetz, grisé par les succès que lui a procurés son offensive énergique en 1866, rêvant de porter les premiers coups aux Français, plein de vigueur physique et d'impétuosité malgré ses soixantetreize ans, souffrant au surplus d'obéir à Moltke, moins ancien que lui (2).
A la nouvelle du combat de Sarrebruck, et dans le but d'enrayer l'offensive française en favorisant ainsi le débouché de la IIe armée à l'ouest du Haardt, Steinmetz a résolu de franchir la Sarre le 4 à Sarrelouis, de se porter vers Boulay et Saint-Avold, et d'attaquer le flanc gauche des Français (3). Déjà, le 3 août, le Vil* corps s'est avancé jusqu'à Merzig, le VIII" à Hilschbachet Lebach, plus loin que ne le prescrivaient les ordres du grand quartier général
L'opération eût abouti très vraisemblablement à un désastre pour la I" année allemande isolée (4), aussi Moltke s'empresse-t-il de l'interdire et, afin d'enrayer définitivement l'offèn-
(I) lh\ii>i ii/nr iln grand Êtat-tnajor prussien, II, 15V, 155. I h ut. n.ml-i-iil.ni. I MviMi'.l , lue Ctl . L*J
Steiotueti i Moltke, HelleDhaoaen, 6 août (Corrtsp. mitit,
ilu maraehai ./.• Mottke, I, p '252).
i '» i Çorratpondanc* militaire ilu maréchal </<• M<>lt/,e, n° 105.