‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 70 sur 165 · FATIGUES DES TROUPES · texte numérisé non relu

FATIGUES DES TROUPES

détachements rentrent sans autres renseignements que ceux fournis par les habitants (1). II n'y a d'ailleurs aucune tentative d'exploration dans le secteur, pourtant intéressant, compris entre les routes de Metz à Bouzonville et de Metz à Delme; presque partout même, on trouve « les vedettes à hauteur des sentinelles (2) » .

Bien que les distances parcourues le 1 1 août par les différentes colonnes aient été très faibles, la mauvaise organisation des marches, la privation de sommeil, la pluie persistante et les lenteurs de l'installation ont beaucoup augmenté les fatigues des troupes (3) . « Après une marche des plus pénibles, écrit le général Montaudon, au milieu de terres détrempées, et un retard causé par les bagages et les convois, qui s'entassent au croisement des routes, nous arrivons enfin à Grigy à 10 heures du matin. Là encore, il y a un tel encombrement et un mélange si confus d'unités différentes que l'emplacement où devait s'établir ma division est déjà occupé par d'autres troupes.

(1) Journaux de marche de ces divisions.

(2) Lieutenant-colonel Fay, loc. cit., 58.

(3) Le 7" bataillon de chasseurs a pris les armes à 3 heures du matin et n'est parti qu'à 8 heures et demie (Kapport du général de Potier). Le 2" régiment de chasseurs à cheval est en selle à 2 heures et demie du matin et reste en place jusqu'à 11 heures et demie (Historique du 2" régiment de chasseurs). De même pour le 4e dragons (Historique du 4e dragons). — Cf. le général Montaudon au maréchal Baxaine, 11 août; lieutenant-colonel Patjry, la Guerre telle qu'elle est, 62.

Je dois me former un peu au hasard, en colonne serrée, sans possibilité d'installer le bivouac, et ce n'est que dans la soirée seulement que je peux me conformer aux ordres donnés (1). » L'irrégularité des distributions détermine la maraude et l'indiscipline; partout s'exercent des dévastations inutiles; le pillage reste impuni à quelques pas du quartier général (2) . Les soldats ne peuvent comprendre cette retraite incessante, sans qu'ait été tenté au moins le sort des armes; la tristesse se manifeste sur tous les visages. Afin de diminuer la fatigue de ces longues journées où la marche est précédée de tant d'heures de stationnement dans l'attente du départ et interrompue par tant d'arrêts, les hommes se débarrassent d'une partie de leur chargement : objets d'équipement, ustensiles de campement, demicouvertures, cartouches mente (3). La déplorable pratique du bivouac sous la pluie les atteint dans leur santé autant qu'elle affecte leur moral (4). Les troupes souffrent enfin des incertitudes et des contradictions constantes du haut comman-

(1) Gonéral MOVTASDQ*, foc. Cit., 87.

(2) /.<• </'■'"'"/ ln/xissel, Alynif, Mttz, II, 111.) (leltiv du général).

(3) Man '-rli.il Basai», Kpùod»ê, 42; général *on I'um-Nvh-

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1V1 Vnir lumrif |> Lvl. — l.rttirs du major ri>u Ki ctscliiiuui, (tiailiiclinii l.alnillr), I 12; llncfs des (Jenei tilt dvr Infanterie ion \'lU</t<-HI«t

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