ETAT MORAL DE L'ARMEE
dément; elles devinent sa faiblesse; elles perdent confiance en leurs chefs. La négligence dans le service de sûreté devient extrême (1); on en arrive à charger des paysans de la garde des bois autour du camp (2).
Parmi les généraux eux-mêmes, le découragement commence à se faire sentir : « Que les rôles sont changés! écrit l'un d'eux. Autrefois nous attaquions; aujourd'hui c'est nous qui nous défendons (3). »
Le général Montaudon considère les échecs subis le (J août comme très réparables; mais « le haut commandement s'est pris d'une folle terreur que rien n'a pu maîtriser ; il est comme affolé et va à l'aventure » . Combien il est fâcheux pour le pays, ajoute-t-il, n d'avoir à la tête de l'armée des chefs aussi peu expérimentés et aussi peu capables de faire mouvoir avec intelligence de grosses masses! En général, le soldat bien conduit, bien entrainé, fait et fera bien son devoir; mais, pour le moment, qu'attendre de lui? 11 est fatigué, démoralisé; il lui faut quelques jours de répit et puis ensuite, on pourra en faire ce que l'on voudra. Malheureusement, la confusion et l'incohérence régnent dans les hautes sphères... (4) »
(1) Le généra] Bourbaki au maréchal Hazaine, 12 août.
(2) Bulletin de renseignement! du V corps.
(3) Le général Lapasset, 11, 119 (lettre du 11 août).
(4) Général Montaidon, lue. cit. (lettre du 11 août), 217.
i64 LA RETRAITE SDR METZ
Telles sont pourtant la valeur et la force de résistance de tous que, trois jours plus tard, il suffira de quelque repos et d'un rayon de soleil pour restituer aux troupes énergie et vaillance, et les rendre capables de tous les dévouemen
Le 1 1 août, les trois armées allemandes continuent à se conformer, dans leurs mouvements, aux prescriptions de l'ordre général du 9, les corps de l'aile droite restant immobiles ou ne faisant que des marches assez courtes.
La V armée conserve ses emplacements de la veille, de façon à permettre à la II* de s'aligner sur elle ; les î"' et 31 divisions de cavalerie « restent derrière le front » dans leurs bivouacs que la pluie transforme en marécages (1). Steinmetz continue d'ailleurs à laisser ignorer au grand quartier général sa situation exacte (2). Dans l'après-midi, Moltke lui prescrit de faire déboucher le jour même la cavalerie « en avant de tout le front (3) » . Deux reconnaissances constatent les mouvements de retraite de certaines de nos
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