‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 72 sur 165 · MARCHE DES ALLEMANDS · texte numérisé non relu

MARCHE DES ALLEMANDS

colonnes, mais ces renseignements ne parviennent que tard au cours de la soirée (1).

La IIe armée marche dans la direction générale du sud-ouest : les quatre corps de tête atteignent la ligne Faulquemont-Harskirchen (2) ; les deux corps de seconde ligne se portent à Forbach et à Sarregucmines. Une trouée de quinze kilomètres se produit sur le front entre Garling et Faulquemont, et l'on ne dispose, pour remplir ce vide, que du régiment des grenadiers du Corps conservé à Saint-Avold pour la garde du grand quartier général (3). Les partis de la 5e division de cavalerie sillonnent la région comprise entre Pange, Pont-à-Mousson, LNomeny, Château-Salins; certains d'entre eux poussent jusqu'à nos avant-postes; un officier atteint Vie; un autre détruit le télégraphe près de la gare de Dieulouard (4). Le 15e uhlans fournit également des nouvelles importantes : un de ses escadrons constate l'évacuation des positions de la rive gauche de la Nied ; d'après les habitants et les prisonniers, les troupes françaises appartenant au

(1) Général von Pklkt-Nauhonnk, loc. cit., 112; Vos Scnu.i., loc. cit., 94.

(2) III*, Faulqucinont ; Xe, Helliuicr ; Garde, Insming ; IV, Uarskirchen.

(3) Historique du qrand Elat-major prussien, IV, 418.

(4) C'est sur les ordres formels du commandant du X' corps que celte division déploie cette activité (Général vox Pelkt-Xarbosnk, loc. cit., 120).

corps Bazaine, à la Garde et comprenant tout au moins des fractions du corps Ladmirault, sont repliées jusque sous le canon de Metz (1 « Elles doivent être fatiguées par les nombreuses marches et contre-marches dont elles se.pla gnent ouvertement (2). »

La cavalerie allemande montre donc une a dace et une activité croissantes. Les reconnaissances signalées sur un grand nombre de points inquiètent le commandement français et lui font croire à la présence de colonnes importâmes les suivant de près. Enfin, ces faibles détachements recueillent des informations précieuses.

Mais, en raison de la transmission tardive des nouvelles, Mollke est, dans la matinée du 1 1 , fort mal renseigné sur la situation de l'adversaire. A son avis, une partie de nos forces est certainement campée sur la Nied, ce qui n'est plus exact; il incline à croire que le gros de l'armée française se trouve « derrière la Moselle (3) » .

Frédéric-Charles, plus perspicace, juge que « l'ennemi semble s'être réuni en grandes masses derrière la Nied française, en deçà de Metz, et que cette concentration conduira à une ba-

(1) Cardinal Von WlDDBBR, \'riimi<luii</ und l'ïtliritiu] tler

KavalUri; II, 158, 159.

(2) Rapport «lu oapitaiaa BrU <ln t ■'>' ahltni (Général von I'ki.kt- Namorbi , toc l't , I 17).

Comipondmnct militaire du maréchal </.• Moltkt, n ' l">s. L89.

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