BATAILLE PRÉVUE SDR LA SIED
taille (1) » . Il s'y prépare en projetant une conversion à droite de la IIe armée autour du IIIe corps, servant de pivot à Faulquemont et dont le front serait prolongé au nord par la lre armée. Mais ces mouvements ne peuvent être terminés que le 14 août; encore faudra-t-il demander aux troupes « un effort considérable (2) » . Le grand quartier général allemand est donc sous le coup d'une véritable surprise stratégique : découverte brusque de masses ennemies auxquelles il est impossible de tenir tête dans de bonnes conditions avant trois jours (3).
Sous l'impression des nouvelles envoyées par Frédéric-Charles, la pensée de Moltke évolue. Dans la soirée du II, le commandement allemand ne juge « pas invraisemblable qu'une fraction notable des forces ennemies soit stationnée... sur la rive gauche de la Jsied française » et il trouve nécessaire « de resserrer le dispositif des Ve et II" armées (4) » . Suivant ses calculs, six
(1) Frédéric-Charles à Moltke, Puttelange, il août, 9 h. 15 malin (Corresp. milit. du maréchal de Moitié, 1, 274).
(2) Vos DBB GOLTI, lue. cit., 86,
(3) Général PoOB, J>c la conduite de lu auerre, la Manœuvre pour la bataille, 143.
(4) Correspondance militaire du maréchal de Moitié, n" 141, télégramme de 7 heures soir. — L' Historique du arand litat-major prussien reproduit inexactement le texte de ce télégramme (IV, 418). — Dans un tics états-majors, on se demanda s'il ne fallait pas appeler à soi une partie de la IIIe armée (Vos dkr GOLTZ, la dation armée, 283).
corps d'armée seraient réunis dans l'après-mi( du 12, et dix dans la journée du 13 (1). L'appréciation est très optimiste, comme le fait observer Frédéric-Charles (2) . En réalité, l'effet tif des forces allemandes disponibles le 12 poui une bataille sur le Nied eût été à peine supérieui à celui de l'armée du Rhin, abstraction faite du 6e corps. Est-ce là de bonne stratégie? Le 13 octobre 1806, dans l'après-midi, Napoléon apprend la présence de l'armée prussienne à l'ouest d'Iéna. Le lendemain, 150 000 hommes, sur les 160 000 que compte la Grande Armée, seront au feu à Iéna ou à Àuerstœdt.
(1) Correspondante militaire du maréchal de Moltke, n° 143.
(2) Ibid., Annotations de Frédéric-Charles.