MESURES PUISES FAR LES CHAMBRES
fait également adopter par les Chambres deux mesures d'ordre financier. Le chiffre de l'emprunt de guerre de 500 millions, fixé par une loi du 21 juillet 1870, est élevé à un milliard; le cours forcé des billets de banque est établi, et l'émission de 000 millions de papier nouveau autorisée (1). Enfin, un décret du 12 août rétablit la garde nationale dans tous les départements; par décret du même jour, les gardes nationaux mobiles des divisions militaires numérotées de S à 22 doivent se réunir immédiatement au chef-lieu de leur département (2). Malheureusement, un projet de loi permettant le versement de la mobile dans l'armée active, est repoussé par la Chambre.
Les débuts, parfois orageux, qui ont précédé et suivi au Corps législatif la chute du ministère 011i\ ier ne manquent pas d'avoir leur répercussion à l'armée. Les défaites de Frœschwiller et de Forbaeh et l'indécision qui s'est manifestée dans les mouvements ultérieurs ont d'ailleurs porté un coup fatal au prestige déjà chancelant
dant la durée <!>• la guerre fut votée au Corps législatif M au Sénat le 10 août et promulguée le 11 (Journal officiel du 11 août, n° 210).
(1) Loi du 12 août 1870 (Journal officiel du 13 août, n" 2'2t).
(2) Antérieurement, le décret «lu 16 juillet 1870 avait prescrit de réunir immédiatement au cliuf-licu «le chaque départi -ment les gardei nationaux mobiles des divisions militaires numérotées de 1 à 7.
de l'empereur (1). Dans le pays, le souverain, par ses hésitations, produit une impression pénible. On sait que l'état de sa santé ne lui permet pas de supporter les fatigues d'une campagne et que sa présence à l'armée paralyse parfois l'initiative du commandement. Dans l'entourage de l'impératrice, on le considère «comme un embarras (2) »> . x\u Corps législatif, l'opposisition demande avec insistance son retour à Paris (3), que ses amis les plus dévoués lui conseillent également (4). Devant de telles manifestations, l'empereur est contraint de reconnaître qu'il ne peut plus conserver une autorité qui lui est arrachée, «malgré les efforts bien naturels qu'il a faits pour la retenir. . . (5) » Il comprend qu'il ne pourrait résister au courant de l'opinion publique ; « un succès important aurait pu seul fermer la bouche aux opposants; mais ce succès, il n'était guère permis de l'espérer (6) » . Ses familiers n'y comptent plus, sans doute, et pour le cas de nouveaux revers, cherchent à dégager la responsabilité et à conserver intact le prestige du souverain (7) .
(1) V. su/nu, p, 1-VV.
(2) Pammon, J\i>trs pour serrir ù l'/iistoirc de la (iuerrr île
{'•i) Voir au Journal officiel, les nttlUHH des '.' il 1 1 toât,
( V| Voir tupràf |) I M
(5) Colonel h'Am.i.m , foc 'il , 68
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