‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 76 sur 165 · DEMISSION DE LE BOEUF · texte numérisé non relu

DEMISSION DE LE BOEUF

Le maréchal Le Bœuf est devenu impopulaire dès le lendemain des premières défaites (1). Le 8 août, l'impératrice télégraphie à l'empereur : «Il est urgent, pour satisfaire l'opinion publique, qu'à l'ouverture de la Chambre, on annonce le remplacement du maréchal Le Bœuf. » Et comme Napoléon IJI résiste, elle s'adresse au maréchal : «Au nom de votre ancien dévouement, donnez votre démission de major général : je vous en supplie. Je sais combien cette détermination va vous coûter; mais, dans les circonstances actuelles, nous sommes tous obligés aux sacrifices. Croyez qu'il n'en est pas de plus dur que la démarche que je fais auprès de vous [%] . » Cruellement affecté, Le Bœuf résigne ses fonctions le 12 août.

« Il n'y a que Bazaine qui inspire confiance » , déclare l'impératrice (3). Prôné comme commandant en chef par certains députés de l'opposition (A), le maréchal Bazaine a aussi

(1) « L'opinion est montre à Paris contre le maréchal Le Bœuf et le général Frossurd •> (L'impératrice à l'cmper<-ur, D. T., 7 août, 2 h. !}() soir, Les derniers tclei/rammes de l'h'inrire, 8).

(2) L'impératrice à l'empereur, D. T., S août; l'impératrice à 'empereur., D. T., 9 août, 1 li. L> toit les derniers télé* ft-amiucs de l'Empire, S- 12).

(3) I, impératrice à l'empereur, I» T., 9 août, 11 heures soir. — V*. suprà, p. 116.

(V) Séances du Corps législatif tlu 9 au 13 août; l'rueès Huxiine, Dépositions de Kératry, 218 et de Jules Favre, 220. —

les suffrages de la plus grande partie de l'armée (1). Les opinions différaient sur son caractère, sur sa moralité; elles étaient à peu près unanimes sur sa valeur militaire, sur ses aptitudes au commandement (2). Malgré son inconcevable inaction dans la journée du (> août, il semblait, déclare le général Lebrun, « qu'il n'y eût, dans tous les rangs de l'armée, qu'un cri pour proclamer que seul il pouvait la relever des revers qu'elle venait d'essuyer (3) »> . En même temps, par un des engouements irréfléchis dont elle est coutumière dans les périodes de crise, l'opinion publique s'enthousiasmait pour ce soldat de for-

] (après le témoignage «le M. de Kératry, Mme Bazaine serait venue le trouver, de la part du maréchal, vingt jours environ avant le 4 septembre, et lui aurait déclaré « «pie la présence de l'empereur compromettait les opération* militaires, que le maréchal n'en acceptait plus ia responsabilité, et qu'il désirait se retirer ». A la suite de cette, entrevue, MM. de Rératry, .Iules Favre

et Picard se seraient rendus auprès du ministre de la Guerre qui leur aurait aflirmé que Ha/aine allait être investi du commandement suprême et que, dans le cas d'un conflit entre 1 empereur et le maréchal, il prendrait parti pour celui-ci {Enquêté

sur les Arles du ( ionreriirinriit tir lu J)efeuse nationale, I, (i.VT).

Le général de Palikao a nié avoir tenu les propos «pu- lui M. de keratrv (Procès lûizaiiir. Déposition de Kératryj

(I) Capitaine Mmiiih:ai:vix, toc. rit , IKi — ■• Nous sommes

maintenant commandés par Bazaine ea <pii nous .nous toute confiance •• (Lettre inédite du commandant Guyot, 6 août) (S) La 27 octobre isiift, le futur général de Gallifrei écrives]

de lui : ■ ... It.i/.iine, que l'on retrouvera un jour grand lnniiiue

île (/itérer ... « Même appréciation le 2 février lSti" (Germais] BàMTi lr Maréchal Canrobtrtf IJlîJ).

(i;, Général Lmi n, /<><•. cit., 2S'.>.

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