CHAPITRE V
Renseignements parvenus au grand quartier général français. — — Projets d'opérations examinés. — L'empereur revient au parti de battre en retraite sur Cliâlons. — L'armée française le 12 août. — La brigade Margueritte à l'ont-à-Mousson. — Concentration des Ire et IIe armées. — Activité de la cavalerie allemande. — Décision prise par Fréiléric-Cbarles. — La
119e division à Deluie.
Pendant la transmission même du commandement, s'agitent au grand quartier impérial divers projets relatifs aux opérations. Sur l'ennemi on a, malgré l'inaction de notre cavalerie, des renseignements dont certains sont dignes de foi. Ils sont dus à l'espionnage ou à la bonne volonté de correspondants occasionnels. D'après le bulletin du 1 1 août, les forces allemandes seraient groupées en trois masses. A droite, le général Vogel von Falkenstein, venu des côtes du nord de l'Allemagne, aurait commencé, le jour même, avec une avant-garde de 15 000 hommes, son mouvement de Cologne sur Trêves. Il serait à la tête de trois corps d'armée, et marcherait, le long de la frontière luxembourgeoise, sur
Thionville et Longwy. Ces informations sont absolument fantaisistes, mais elles n'en exerceront pas moins une influence indéniable sur les décisions du commandement français. Au centre, on signale les VIP et VIIIe corps prussiens sous les ordres de Steinmetz, et l'armée du prince Frédéric-Charles « très probablement composée de six corps, dont la Garde » ; celte armée semble « vouloir éviter Metz en se dirigeant sur Château-Salins, puis sur Pont-à-Mousson et Nancy» . L'effectif de cette masse centrale s'élèverait à plus de 200 000 hommes. A gauche, s'avance, à travers les Vosges, l'armée du prince royal dont on évalue la force à 150 000 hommes. La marche en avant générale commencerait le 12 août (l). Le 12, le capitaine d'état-major Vosscur mande de Nancy que des coureurs ont paru la veille à Morhange, à Chàleau-Salins, à Vie, et même à Dieulouard et à Frouard. Le même jour, Nancy est occupé par la cavalerie ennemie. D'après le capitaine Vosseur, il est vraisemblable que l'année du prince royal a opéré sa jonction avec l'armée du centre « en arrière du réseau de cavalerie qui nous a été opposé » ; l'ensemble dé ces masses s'étendrait « sur un cercle de Thionville à Ncmteny » , les ailes appuyées à la Mo-
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