INFORMATIONS REÇUES A METZ
selle (l). Sur le front de l'armée, les renseignements sont à peu près négatifs : « aucun corps un peu considérable n'a été signalé (2) » . L'absence de nouvelles positives dans ce secteur est telle que le major général et Bazainc s'accordent le 1 1 à demander à la cavalerie de rompre avec son inertie et d'exécuter quelques reconnaissances (3) .
Un fait à peu près certain se dégage de toutes les informations : la supériorité numérique des armées allemandes. Aux 450 000 hommes que leur attribue le bulletin du 1 1 août, nous ne pouvons opposer immédiatement que 170 000 combattants environ (4). Par l'adjonction des 5'' et 7e corps, on peut en réunir 2 I 2 000 dans quelques ours. Une bataille livrée par l'armée française Contre des forces doubles des siennes, exaltées par leurs premiers succès et pourvues d'une artilerie supérieure, se présentait donc à priori dans les conditions peu favorables. Pour obtenir légaité numérique, il eût fallu verser dans les cadres excellents de l'armée une partie des hommes accumulés dans les dépôts et organiser d'autres îorps d'armée, soit par dédoublement de ceux
(1) Renseignements envoyés parle capitaine Vosseur, 12 août.
(2) Bulletin de renseignements du îi' corps, 12 août.
(:{) Le major général au général du tiarail, 11 août; au [éaéral de Forton, 11 août; le maréchal Bazainc au général dossard, 11 août.
(4) Situation d'effectif du 11 août.
qui comptaient quatre divisions, soit par des crée tions nouvelles. Mais comment procéder à ce opérations délicates en présence de l'ennemi qi pouvait prendre l'offensive dans un délai ass( court? Il serait nécessaire à cet effet de rétn grader vers la Loire moyenne en abandonnai une étendue considérable de notre territoire et c exposant la capitale sinon à une attaque bru quée, du moins à des insultes. Une telle solutic est inacceptable : au point de vue politique, contre-coup eût été vraisemblablement désai Creux; au point de vue militaire, l'effet moral ei été déplorable, et il fallait de plus compter av< les nombreux combats d'arrière-garde auxque on serait exposé.
Afin d'atténuer la disproportion numériqu le grand quartier général français reprend le pr jet de livrer bataille à l'est de Metz en s'appuya sur les ouvrages de la place. Mais ne serait-c pas alors réduit, en cas d'échec, à se réfugii dans le camp retranché, et l'armée ne resterai elle pas « comme attachée aux lianes de la fort resse (1)» ? Le général Trochu avait appelé la tention sur ce danger : « Je crois qu'il faut qi l'armée de secours de Paris soit l'armée qui e réunie «levant Metz, écrivait-il le 10 août. Si voi tenez trop longtemps ferme devant Metz, il (
(1) i;. nri.il l.hnncN, loc.-cit., 2M.