‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 84 sur 165 · LE 12 AOUT · texte numérisé non relu

LE 12 AOUT

cheraient pas la plus épouvantable confusion. Voyez ce qu'il y a à faire et, si nous ne sommes pas attaqués demain, prenez une résolution (1). » Ainsi, malgré son désir inavoué de conserver en fait le commandement suprême, l'empereur n'ose pas ordonner la retraite dont il comprend pourtant la nécessité urgente.

Les troupes françaises restent à peu près immobiles le 12 août. La présence de l'ennemi ayant été constatée à Ars-Laquenexy, Frossard, afin de parera une attaque éventuelle, établit la division Vergé sur les hauteurs entre La Basse-Bévoye et la Seille, à droite de la division Bataille; la brigade Lapasset se porte de Grigy au château de Mercy afin de couvrir l'aile gauche (S). Au 3° corps, placé sous les ordres du général Decaen (3), la division Aymard occupe le terrain entre la ferme Bellecroi.x et Vantoux (4). Les divisions de cavalerie ne sortent guère de leur torpeur, malgré les instructions du major général

(1) L'empereur au maréchal Bazaine, lettre autographe, Mets, 12 août. — Le général Lebrun déclare au contraire que le projet de retraite sur Chfllom aurait été définitivement arrêté le 12 août (loc. cit., 2i)8; Procès Bazaine, 208).

(2) Journal de marche du 3' corps.

(3) Remplacé à la V division par le général Avmard. ('«■) Journal de marche du 3e corps.

en date du 11 août (1). Les résultats de leurs reconnaissances sont insignifiants à l'exception d'un brillant fait d'armes du 1" chasseurs d'Afrique. Dans la nuit du 1 1 au 12, des cavaliers prussiens ont coupé le télégraphe à Dieulouard. Le 12, le major général donne l'ordre à la brigade Margueritte, de la division du Barail, de se porter aussitôt que possible sur ce point, sans d'ailleurs spécifier le but de l'opération (2). Parti de Metz à 1 h. 45 l'après-midi, Margueritte, suivant la rive gauche de la Moselle, prend les devants à vive allure avec le 1er chasseurs d'Afrique. En route, il apprend qu'un parti de cavalerie ennemie, fort d'une quarantaine d'hommes, est entré à Pont-à-Mousson vers midi. Arrivé en vue de cette ville à 4 heures, Margueritte jette une fraction vers la gare où des dragons prussiens sont occupés à détruire la voie et, avec deux escadrons, il traverse la ville au galop, se dirigeant vers une auberge où des hussards ennemis se sont enfermés. Quelques chasseurs d'Afrique, mettant pied à terre, engagent un combat assez vif avec eux et les tuent ou les font prisonniers. Le succès n'a pas été moindre à la station d'où une poignée de dragons à peine a pu s'échapper en franchissant la Moselle à la nage. La voie ferrée et les communications télé—

( 1 | Voir sitprti, p, 187.

(2) I.' m. ijr ;;• m i.il au général (lu llaruil, Metz, 12 août.

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