LA JOURNÉE DU 13 AOUT
Renseignements reçus au grand quartier général français. — Correspondance entre Bazaine et l'empereur. — La retraite ajournée. — Projet d'offensive bientôt abandonné. — Le passan de la Moselle définitivement résolu. — Les ponts de Metz. — Idées erronées du général Coffinières. — Marche des Allemands. — Instructions de Moltke pour le 14. — Le plan du grand quartier général allemand. — Ses faiblesses. — Lca Français libres de leurs mouvement*.
Des renseignements recueillis le 13 août, le grand quartier général de l'armée du Rhin conclut que les têtes de colonnes ennemies ne larderont pas à atteindre Nancy et Pont-à-Mousson. Il n'attache qu'une importance secondaire à ce qu'il appelle la « démonstration » du généra] Steinmetz par les routes de Sarrelouis cl de San rebruck. Il apprécie assez exactement la situation d'ensemble de la II" armée, mais se repréj sente la IIIe armée plus avancée vers l'oued qu'elle ne Test en réalité. D'après certaine! informations, le général Vogel von Falkensteia pénétrerait en France, par Thion ville et Longwy]
LA RETRAITE AJOURNEE 199
avec 150 000 hommes, a mais le mouvement n'a été aperçu par personne (1) ».
Le maréchal Bazaine passe en partie la matinée du 13 à visiter les camps et à s'occuper de vains détails comme la rectification de l'alignement des bivouacs et le choix de l'emplacement de certaines batteries (2). Vers midi, il se rend à Metz, à la préfecture et, dans une nouvelle entrevue avec l'empereur, la retraite est cette fois définivement résolue. Au cours de l'après-midi, le souverain écrit en effet à Bazaine : » Les Prussiens sont à Pont-à-Mousson ; 300 sont à Corny. D'un autre côté, on dit que le prince Frédéric- Charles fait un mouvement tournant vers Thionville. 11 n'y a pas un moment à perdre pour l'aire le mouvement arrêté. »
Bazaine répond : « J'ai reçu l'ordre de Votre Majesté de hâter le mouvement de passage sur la Moselle; mais II, le général Goffiniéres, qui est en ce moment avec moi, m'affirme que, malgré toute la diligence possible, les ponts seront à peine prêts demain matin. D'un autre côté, l'intendant déclare ne pouvoir faire les distributions immédiatement. Je n'en donne pas moins des ordres pour que l'on reconnaisse les abords et les débouchés des ponts et pour que l'on se
(1) Bulletin de renseignements du grand quartier général, 12 août.
(1) Le maréchal Buzaiue au général Decaen, Borny, 13 août.
tienne prêt à commencer le mouvement demain matin (1). g Ainsi le maréchal ne semble pas avoir songé à utiliser les trois ponts fixes existant à Metz pour le passage immédiat des impedimenta de l'armée. Sa lettre suffit d ailleurs à changer les idées de l'empereur, qui lui écrit à 8 heures et demie du soir : «... Dans ces circonstances, c'est à vous de voir si le passage en arriére est possible (2). a
Il n'en faut pas davantage, pour décider le maréchal à ajourner la retraite. L'empereur en est avisé à 9 heures : « L'ennemi paraissant se rapprocher de nous et vouloir surveiller nos mouvements de telle façon que le passage à effectuer sur la rive gauche pourrait entraîner un combat défavorable pour nous, il est préférable, soit de l'attendre dans nos lignes, soit d'aller à lui par un mouvement général d'offensive. Je vais tacher d'avoir des renseignements sur les positions qu'il occupe et sur l'étendue de son front. J'ordounttrai alors les mouvements que l'on devra exécuter, et j'en rendrai compte immédiatement à Votre Majesté (S). " Les troupes reçoivent l'ordre de se tenir prêtes le lendemain matin, à \ heures et
demie (-4).
(I) Enquit*. . Déposition «lu maréchal Bassine, IV, ISV.
Il /-. I. n> (A) Enquêté l '■ position du maréchal Bamine, IV, 18V. ( '• I.' maréchal Bassine aux commandants «Ir corps d'armés, 1 '5 mo ■ indication d'hann