LE DISPOSITIF DE MOLTKE
l'ennemi à tenir en respect sur la rive droite, on ne craint pas de considérer simultanément les deux objectifs, on en fera sortir la formation de deux masses séparées par l'obstacle, sans parler de la distance; on arrivera, comme à Uohrbach (1), à une dispersion extrême. Après avoir pourvu dans une certaine mesure à un danger immédiat, celui de la rive droite, on en fait naître un tout aussi grand sur la rive gauche, sans avoir la possibilité d'y porter remède à temps (2) . »
Contrairement à la doctrine napoléonienne, Moltke manœuvre d'ailleurs contre un adversaire non fixé au préalable; il a laissé jusqu'alors les Français absolument libres de leurs mouvements. Mettant ses colonnes en marche, le 14 au matin, et utilisant tous les débouchés, Ma/aine pouvait aisément se dérober vers Verdun, ou bien, par une offensive énergique dirigée sur Tliiaucourt et l'oni-à-Mousson, troubler eravement, avec l'espoir d'un succès, le passage de la IIe armée sur la rive gauche de la Moselle.
( I ) Le S août.
(2) Colonel F< , loc. rit , 173-174.